Bulletin d'information en santé environnementale

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Les zoonoses sous la loupe, été 2014

La maladie de Lyme

Au début du mois d’août 2014, l’Agence de la santé publique du Canada a émis un avis de santé publique concernant la maladie de Lyme, une infection bactérienne transmise par les tiques à pattes noires dont l’habitat naturel est le nord-est de l’Amérique du Nord.

Cette maladie a été identifiée pour la première fois en 1975, au Connecticut. L’évolution clinique varie d’une personne à l’autre, mais peut devenir chronique (chez environ 15 % à 20 % des personnes infectées) entraînant des manifestations cardiaques, neurologiques, musculo-squelettiques et oculaires. La chronicité peut être particulièrement débilitante, d’où l’importance d’éviter l’infection. Les mesures proposées reposent essentiellement sur des modifications comportementales, comme le port de vêtements recouvrant l’ensemble du corps, des chaussures fermées et l’utilisation d’un insectifuge efficace.

Bien que certains oiseaux et le cerf de Virginie contribuent à véhiculer cet acarien ectoparasite, le plus important réservoir de la tique est la souris à pattes blanches. Selon une étude réalisée au Québec par des chercheurs de l’Université McGill, environ 15 % des tiques prélevées étaient porteuses de la bactérie, comparativement à plus de 20 % aux États-Unis où la maladie est endémique dans le sud de la Nouvelle-Angleterre, de l’État de New York ainsi que dans plusieurs états côtiers de l’Atlantique, au nord de la Virginie.

Au Québec, le nombre de cas humains annuels déclarés a connu une importante progression, passant de 2 en 2004 à 141 en 2013. Cette augmentation est notamment due à la progression de cas acquis au Québec qui est passé de 16 % en 2011, à 50 % en 2013. Cette situation s’expliquerait par la progression géographique des tiques porteuses de la bactérie ainsi que par le nombre de souris à pattes blanches infectées (de 1,8 % en 2011 à 2,2 % en 2013 dans ce dernier cas). L’un des postulats à cette progression est le réchauffement climatique qui favorise notamment la complétude du cycle vital de la tique (qui nécessite la survie durant l’hiver) et une plus grande reproduction des souris. L’extrême sud-ouest du Québec, plus précisément la Montérégie, est actuellement la région géographique la plus propice à la transmission de la maladie; en 2013, 84 % des cas acquis au Québec ont été reliés à cette région. De ces observations découle l’importance de la mise en œuvre de programmes de surveillance, l’un portant sur l’expansion géographique des tiques et l’autre concernant les cas humains, associée à une sensibilisation concernant les modifications comportementales pour prévenir l’infection. L’Institut national de santé publique du Québec a, à cet effet, récemment publié un document proposant un programme de surveillance. [PC]

 

Sources :

Autres sources d’information pertinentes :

Le virus du Nil occidental

Le virus du Nil occidental (VNO) a été détecté en Amérique du Nord en 1999 et au Québec dans les années subséquentes. Chez nous, une vingtaine de cas humains ont été annuellement répertoriés pendant les années 2002 et 2003, ce nombre diminuant à environ 5/an subséquemment, jusqu’en 2010. Une importante augmentation a été notée en 2011 (42 cas) ainsi qu’en 2012 (141 cas), dont 85 avec atteintes neurologiques et 5 décès rapportés. En 2013, 32 personnes ont été infectées, dont 24 avec problèmes neurologiques et 1 décès. En date du 2 août 2014, l’Agence de la santé publique du Canada ne rapportait aucun cas humain depuis le début de l’été, ni animal infecté, incluant les oiseaux servant de réservoir au virus; cependant, des populations de moustiques infectés ont été rapportées à Montréal et à Laval.

Dans ce contexte de l’augmentation du nombre de cas en 2011 et 2012, un « Plan d’intervention gouvernemental 2013-2015 » a été préparé, lequel prévoit notamment l’épandage de larvicides dans des secteurs ciblés. À la suite du bilan épidémiologique de 2013 et de recommandations d’experts, les autorités du ministère de la Santé et des Services sociaux ont révisé ce plan d’intervention en y intégrant un volet recherche portant sur l’efficacité des larvicides en lien avec la réduction de l’abondance des vecteurs du VNO, les moustiques, ainsi que leur taux d’infection par le virus. L’évaluation de l’efficacité à l’égard du nombre de cas humain a été écartée en raison d’une puissance statistique trop faible. Cette évaluation sera réalisée avec le soutien de l’Institut national de santé publique du Québec durant l’été 2014. [PC]

 

Sources :