Surveillance de l’utilisation des urgences au Québec par les patients ayant des troubles mentaux

Ce rapport de surveillance trace un premier portrait de l’utilisation des services d’urgence des personnes atteintes de troubles mentaux au Québec à partir du Système intégré de surveillance des maladies chroniques du Québec (SISMACQ). L’urgence est le premier lieu où les personnes se retrouvent lorsqu’elles sont en état de crise ou évaluent les autres ressources comme inadéquates, et le dernier lieu lorsque les autres ressources ont été épuisées ou sont inaccessibles. L’urgence est aussi un lieu important de coordination des services de santé, permettant ainsi la mesure d’indicateurs clés comme l’accessibilité, la continuité et l’adéquation des soins à répondre aux besoins des patients.

Principaux constats

  • En 2014-2015, 12 % de la population québécoise a reçu un diagnostic de troubles mentaux, incluant les troubles liés aux substances psychoactives, ce qui représente plus de 865 000 personnes.
    • Parmi ces personnes, 39 % ont visité l’urgence et, de ce nombre, 34 % ont été hospitalisées pour toutes sortes de raisons de santé.
    • Près de deux fois plus de personnes ayant des troubles mentaux ont visité les urgences ou ont été hospitalisées comparativement à celles sans troubles mentaux.
  • Le nombre de visites à l’urgence était plus élevé chez les personnes de plus de 65 ans, comparativement aux autres groupes d’âge, et ce, autant pour les personnes avec ou sans troubles mentaux.
  • Les maladies physiques ont constitué la principale raison des visites à l’urgence et de l’hospitalisation de ces personnes ayant des troubles mentaux. L’utilisation de l’urgence par ces dernières y était reliée dans 77 % des cas, soulignant l’importance des maladies physiques concomitantes aux troubles mentaux chez ces personnes.
  • Parmi les personnes avec des troubles mentaux ayant visité les urgences en 2014-2015 :
    • plus de 16 % d’entre elles étaient de « grands utilisateurs », avec entre 4 et 11 visites par année,
    • et 1 % de « très grands utilisateurs », avec 12 visites et plus par année.
    • Les « grands et très grands utilisateurs » ont constitué près de la moitié du volume des visites aux urgences et des hospitalisations en 2014-2015.
    • 22 % des personnes ayant des troubles mentaux étaient aussi des utilisateurs récurrents des urgences sur 3 ou 5 années consécutives.
  • Près de 4 personnes sur 10 aux prises avec des troubles mentaux (37 %) ont consulté les services médicaux ambulatoires à une semaine de leur visite à l’urgence. Chez les personnes sans troubles mentaux, cette proportion était de 25 %. L’urgence semble ainsi être la voie privilégiée à la résolution de problèmes de santé « perçus comme urgents à traiter » pour une majorité de personnes.
  • À moins d’un mois de leur sortie de l’urgence ou de leur hospitalisation, 71 % de patients atteints de troubles mentaux ont reçu un contact médical ambulatoire en 2014-2015 (pour toutes raisons). Ces résultats sont encourageants dans le cadre des réformes en cours. Ce taux était de 56 % chez les personnes sans troubles mentaux.
  • Les résultats de cette étude démontrent aussi des écarts importants dans l’adéquation des soins des personnes atteintes de troubles mentaux, comparativement à celles sans troubles mentaux, que ce soit dans le nombre d’hospitalisations de plus de 30 jours, la récurrence des visites à l’urgence en moins de 30 jours et l’utilisation de l’urgence pendant 3 ou 5 années consécutives.

Note(s): 

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Surveillance de l’utilisation des urgences au Québec par les patients ayant des troubles mentaux

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Type de publication: 

ISBN (électronique): 

978-2-550-84748-9

ISBN (imprimé): 

1922-1762

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