Articles de juillet 2019

Lorsque la température grimpe, il est agréable de se rafraîchir dans un plan d’eau en milieu naturel. Au Québec, il existe de nombreuses plages se trouvant aux abords d’une rivière, d’un lac, ou même du fleuve. Selon des estimations sommaires réalisées par le ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC), il y aurait environ 600 plages publiques dans la province.

Sans bouder notre plaisir, il est important de connaître les contaminants présents dans l’eau car bien que les symptômes qui y sont associés soient généralement bénins, certaines personnes peuvent être affectées plus sévèrement par ces contaminants, soit les jeunes enfants, les personnes âgées ainsi que les personnes immunodéprimées. En effet, l’eau, dans ces milieux, ne subit aucun traitement et elle est exposée aux divers aléas naturels tels que les pluies abondantes et la chaleur. Cela influence la présence et les concentrations de contaminants. Par ailleurs, la présence d’animaux, de même que la proximité de sources de contamination telles que les rejets d’eaux usées et les pâturages, peuvent avoir un impact sur la qualité de l’eau. Le sable pourrait également agir comme réservoir de microorganismes d’origine fécale et les baigneurs contribueraient à la resuspension de sédiments contaminés.

Problèmes cutanés? La dermatite du baigneur souvent en cause

Dans les plages et autres milieux naturels, la dermatite cercarienne (ou dermatite du baigneur) est le problème de santé le plus fréquemment rapporté. Elle est causée par des cercaires, soit de petites larves microscopiques. L’infection, bénigne, se manifeste par une sensation de démangeaisons et de brûlure à la sortie de l’eau, aux endroits où les cercaires pénètrent la peau. Par la suite, des éruptions cutanées apparaissent dans les 12 heures suivant l’infection. Certaines personnes peuvent être asymptomatiques alors que d’autres peuvent réagir plus fortement à l’infection. Des études ont permis d’illustrer que cette maladie affecte particulièrement les enfants ainsi que les personnes qui se baignent près du rivage.

Contaminants d’origine fécale : une préoccupation montante

Les contaminants microbiologiques d’origine fécale dans les eaux naturelles représentent une préoccupation importante à considérer. Elles proviennent notamment des oiseaux, d’autres animaux, des baigneurs et du déversement d’eaux usées. Les symptômes d’une infection à ces microorganismes comprennent généralement des diarrhées, des nausées et parfois même de la fièvre. Au Québec, aucune éclosion n’a été associée aux microorganismes d’origine fécale dans les milieux naturels. Ce constat pourrait notamment s’expliquer par le faible nombre d’analyses réalisées pour confirmer l’étiologie des éclosions.

Les effets sur la santé des algues bleues

Quelques cas d’éclosions associées aux cyanobactéries, ou algues bleues, et à leurs toxines ont été répertoriés aux États-Unis, ainsi qu’au Québec. Cependant, certaines études indiquent que les problèmes de santé associés pourraient être plus importants que ce qui est rapporté. Notamment, une étude réalisée au Québec a révélé la présence d’une association significative entre le contact récréatif secondaire dans des lacs affectés par des cyanobactéries et la survenue de symptômes gastro-intestinaux.

Quelques conseils pour se baigner en milieu naturel sans tracas

Vous retrouverez la liste complète des conseils aux baigneurs en milieu naturel ici. En bref, il est important de :

  • S’informer de la qualité de l’eau en visitant le site du programme Environnement-Plage, piloté par le MELCC, qui vise à informer la population de la qualité microbiologique des eaux récréatives.
  • Ne jamais avaler d’eau.
  • En présence de plaies ouvertes, les protéger de manière appropriée ou éviter de se baigner.
  • Après la baignade, se laver les mains avant de manger. Ce comportement devrait également être encouragé après contact avec le sable, considérant le risque possible associé à la présence de microorganismes potentiellement pathogènes.

Mesures de contrôle

En plus de bien informer les usagers de la qualité de l’eau, il est important de mettre en place des mesures afin de réduire à la source les contaminants. L’entretien des lieux, par exemple, peut aider à réduire la présence d’animaux sur le site et ultimement, la présence de microorganismes d’origine fécale. Un autre exemple important de mesure de contrôle est de travailler sur les ouvrages de surverses afin d’éviter des débordements d’eaux usées lors d’épisodes de pluie.


Pour plus de détails

Fiche synthèse sur les plages

La qualité des eaux récréatives au Québec et les risques à la santé

La qualité des eaux récréatives au Québec et les stratégies de prévention des risques à la santé

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L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) jumelle son expertise à celle de Conservation de la nature Canada (CNC) afin de déployer un projet de « formation de formateurs » sur la maladie de Lyme et sur la collecte autonome des tiques dans les parcs de la Montérégie, de l’Estrie, de la Mauricie-Centre-du-Québec et de l’Outaouais. Ce projet initié par l’INSPQ et financé par le Fonds du programme de maladie infectieuse et de changements climatiques de l’Agence de santé publique du Canada, s’inscrit en réponse à la progression de la maladie de Lyme depuis plusieurs années au Québec.

Un effet boule de neige

Au mois de mai, une quinzaine de personnes ont été formées sur les risques et les mesures de prévention en lien avec la maladie de Lyme. Grâce à ce projet, elles peuvent à leur tour sensibiliser les travailleurs, les bénévoles, les visiteurs et les randonneurs qui évoluent dans les environnements les plus exposés. C’est aussi une opportunité en or pour bonifier les données de surveillance entourant cette maladie, en outillant le personnel des parcs à la collecte autonome et sécuritaire des tiques. Les tiques collectées seront ensuite analysées par le Laboratoire de santé publique du Québec et les résultats seront intégrés dans les rapports de surveillance de l’INSPQ, qui soutiennent notamment la prise de décision des autorités de santé publique.

Un défi de longue haleine

L’augmentation des cas de maladie de Lyme s’explique notamment par les changements climatiques puisque l’adoucissement du climat permettrait aux tiques de survivre l’hiver et de se développer plus facilement. Face à ce constat, il est primordial de mettre en place des projets novateurs pour s’adapter à cette nouvelle réalité. Ce projet est un pas dans la bonne direction. Dans cette optique, CNC met à la disposition de l’INSPQ ses terrains et son expertise en matière de connaissance des milieux naturels. Ensemble, les deux organisations planifient des activités de formation, de sensibilisation et de collectes de tiques jusqu’en octobre. Ultimement, ce programme de formation pourrait être déployé dans les parcs à l’échelle du pays.

La maladie de Lyme

Pour plus d’information sur la maladie de Lyme et les mesures préventives à observer : quebec.ca/sante/problemes-de-sante/a-z/maladie-de-lyme

Pour plus d’information sur la surveillance de la maladie de Lyme : www.inspq.qc.ca/zoonoses/maladie-de-lyme

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