Évaluation du risque toxicologique pour la population québécoise à la suite de l’exposition aux résidus de pesticides présents dans les fruits et les légumes

L’achat par les Québécois de fruits et de légumes frais et diversifiés a connu une croissance importante au cours de la dernière décennie. S’ils constituent une source élevée de nutriments, ces aliments présentent aussi un potentiel d’exposition aux pesticides, car, bien que les normes sur la question soient généralement respectées, des résidus de pesticides sont détectés dans la majorité des produits consommés. Or, l’exposition de la population québécoise à ces résidus et le risque pour la santé en découlant demeurent peu connus des instances de santé publique. Pour compenser cette lacune, la présente étude avait comme objectifs d’estimer les doses d’exposition chroniques et aiguës aux résidus de 169 pesticides différents auxquels près de 5 000 Québécois de tout âge pourraient avoir été exposés en consommant des fruits et des légumes, et d’évaluer les risques toxicologiques associés.

  • De manière générale, pour les 135 pesticides qui ont pu être évalués, les risques d’atteintes à la santé autres que le cancer apparaissent faibles. En effet, les doses d’exposition individuelles calculées sont, pour 125 de ces pesticides, inférieures aux valeurs toxicologiques de référence les plus sévères répertoriées dans la littérature, et ce, chez tous les groupes d’âge et pour tous les niveaux d’exposition calculés.
  • De manière prudente, les résidus de pesticides présents sur les fruits et les légumes consommés au Québec durant la période étudiée pourraient engendrer 39 nouveaux cas de cancer annuellement dans la province. En revanche, cette même consommation de fruits et de légumes préviendrait, de manière réaliste, au moins 88 fois plus de cas de cancer.
  • En tout, 25 pesticides ont été déterminés comme étant d’intérêt prioritaire pour la période étudiée en raison du niveau de risque qu’ils représentent, et, à ce titre, ils devraient le cas échéant faire l’objet d’une attention particulière de la part des autorités de santé publique du Québec.
  • Les résultats de cette étude doivent être interprétés avec prudence. En effet, le processus d’évaluation du risque est une approche comportant son lot d’incertitudes, quoique ces incertitudes soient généralement compensées par la considération d’hypothèses conservatrices (prudentes).
  • Les risques évalués dans ce document concernent uniquement les pesticides individuels présents dans les fruits et les légumes et ne tiennent pas compte des expositions simultanées à plusieurs pesticides ni des autres sources possibles d’exposition.

En conclusion, les résultats sont globalement rassurants. Ils confirment toutefois l’importance de la mise en place de pratiques agronomiques ou réglementaires favorisant la réduction de l’exposition alimentaire des Québécois aux pesticides, puisque des incertitudes persistent et que le risque cancérigène estimé n’est pas négligeable. Cela ne doit toutefois pas se traduire par une réduction de la consommation de fruits et de légumes. En effet, en raison des bénéfices nutritionnels bien documentés étant associés aux fruits et aux légumes, il est primordial que la population continue d’en consommer en abondante quantité et varie le plus possible ses choix.

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ISBN (électronique): 

978-2-550-77820-2

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