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De nouvelles avenues pour lutter contre l’agrile du frêne

L’agrile du frêne est un insecte particulièrement ravageur qui a élu domicile, au cours des dernières années, à Montréal notamment. L’agrile du frêne a été détecté pour la première fois en Amérique du Nord en 2002, mais probablement qu’il serait arrivé sur le continent au moins une dizaine d’années plus tôt. Ce coléoptère originaire de l’Asie s’est révélé hautement destructeur. Depuis son arrivée, il a détruit des millions de frênes et continue de se propager dans de nouvelles régions, causant des dommages économiques et écologiques considérables. En Amérique du Nord, l’agrile du frêne a peu d’ennemis naturels importants et les espèces indigènes de frênes ont une résistance limitée contre ses attaques. Les recensements ont démontré que l’agrile du frêne endommage et tue les peuplements de frênes un à quatre ans après l’infestation.

En général, six ans après le début de l’infestation, 99 % des frênes d’une terre forestière ont été tués. Cette mortalité élevée augmente la probabilité d’invasion dans les forêts, en plus de représenter un important défi pour les agglomérations urbaines affectées.

Sur les 255 000 arbres répertoriés dans une cartographie des arbres publics de la Ville de Montréal, on dénombre plus de 50 000 frênes. Considérant tous les bénéfices du verdissement en ville, notamment la lutte aux îlots de chaleur urbains, l’amélioration de la qualité de l’air et la gestion des eaux pluviales, tous les efforts pour préserver les arbres en milieu urbain sont intéressants.

Durant l’été 2015, une équipe de Ressources naturelles Canada a déployé des pièges à base de champignons (Beauvaria bassiana) pour capturer les insectes. Le résultat est encourageant, de nombreux spécimens d’agrile étant récupérés dans les pièges. L’agrile qui entre dans le piège tombe dans une poudre contenant le champignon. L’insecte peut se libérer du piège, mais il mourra dans un délai de quatre jours, tout en ayant contaminé d’autres agriles. Toutefois, pour les chercheurs, ce résultat intéressant laisse entrevoir que l’insecte est encore plus présent que ce qui était initialement évalué.

Par ailleurs, des chercheurs ont développé un projet pilote pour la Ville de Montréal, consistant à lancer une guêpe aux trousses de l’agrile. Les deux espèces de guêpe chinoise, qui ne piquent pas l’humain, ont la particularité de percer l’écorce du frêne et de pondre leurs œufs dans les larves ou dans les œufs de l’agrile. L’introduction de ces prédateurs d’origine asiatique ne présente pas de danger de devenir des espèces invasives, selon les biologistes. Elles proviennent de la même région du nord de la Chine que l’agrile du frêne. À l’été 2015, elles ont été utilisées au Jardin botanique, dans le Parc-nature du Bois-de-Liesse et dans le boisé Summit Wood, à Westmount. Les chercheurs ne s’attendent pas à ce que ces guêpes éliminent l’agrile du frêne, mais qu’elles en réduisent la population. [MB]

Sources :

http://www.rncan.gc.ca/forets/feux-insectes-perturbations/principaux-insectes/13378

http://www.lapresse.ca/actualites/montreal/201507/13/01-4885021-agrile-du-frene-les-pieges-de-champignons-semblent-prometteurs.php

http://www.quebio.ca/fr/arbresmtl

http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=7237,%20142044648&_dad=portal&_schema=PORTAL