Cyberviolence en contexte amoureux à l'adolescence : quatre pistes d'action

Insultes, propos hargneux, contrôle et intimidation par messages textes ou dans les réseaux sociaux : de telles manifestations de cyberviolences en contexte amoureux constituent un réel enjeu de santé publique affectant de nombreux adolescents et adolescentes. L’Institut national de santé publique du Québec propose des pistes d’action issues d’une revue de publications et d’évaluation de programmes de prévention.

Le conseiller scientifique spécialisé et auteur principal de l’étude La cyberviolence dans les relations amoureuses des jeunes : synthèse de connaissances sur l’efficacité des programmes de prévention, Dave Poitras, constate d’abord que les programmes de prévention ne se consacrent jamais uniquement à la cyberviolence. Ils visent plutôt un ensemble de gestes violents dans les relations amoureuses, commis en ligne ou hors ligne.

« Les programmes examinés qui tentent de prévenir la violence verbale, physique ou sexuelle en contexte amoureux chez les jeunes produisent des effets sur la perpétration de la cyberviolence. Cependant, aucun d’entre eux n’en a sur le risque d’en devenir victime », résume Dave Poitras.

La cyberviolence en contexte amoureux comporte toutefois des caractéristiques qui lui sont propres. Elle doit donc faire l’objet d’un traitement distinct de la violence hors ligne. « La cyberviolence, contrairement à la violence dite traditionnelle, ne connaît pas de limites temporelles, physiques ou géographiques. La personne qui en est victime peut donc plus difficilement l’éviter », explique-t-il.

Les auteurs de l’étude proposent quatre pistes d’action afin d’améliorer les pratiques et les programmes de prévention :

  • Tenir compte du lien entre la violence hors ligne et la cyberviolence dans les relations amoureuses en intervenant sur des facteurs de risque et de protection communs à ces deux types de violence;
  • Développer des initiatives pour rejoindre non seulement les jeunes individuellement, mais aussi dans plusieurs des milieux de vie qu’ils fréquentent;
  • Offrir aux intervenantes et intervenants une formation adéquate sur les enjeux associés à la cyberviolence dans les relations amoureuses des jeunes et engager activement les jeunes dans le déploiement des interventions;
  • Intégrer aux programmes de prévention des activités pour favoriser l’acquisition de connaissances et le développement d’habiletés chez les jeunes.

« Au Québec, selon une étude menée récemment auprès d'élèves du secondaire, 35,8 % des répondants et répondantes disent avoir subi de la cyberviolence dans une relation amoureuse dans les 12 mois précédant l’enquête. De plus, 33 % ont rapporté en avoir perpétré et 27,2 % en avoir vécu de façon mutuelle au sein de leur relation amoureuse. L’indéniable omniprésence des technologies dans la vie des jeunes Québécoises et Québécois justifie qu’on y accorde une attention soutenue », conclut Dave Poitras.

Pour en savoir plus : La cyberviolence dans les relations amoureuses des jeunes : synthèse de connaissances sur l’efficacité des programmes de prévention

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