La cyberviolence dans les relations amoureuses des jeunes : synthèse de connaissances sur l’efficacité des programmes de prévention

La violence dans les relations amoureuses des jeunes est un phénomène préoccupant qui entraine de multiples conséquences sur la santé et le bien-être des personnes qui en sont victimes. Se manifestant aussi en ligne, cette violence est un phénomène de plus en plus documenté qui nécessite des interventions dès le début de l’adolescence afin d’éviter l’escalade et la cristallisation de comportements violents en contexte de relation amoureuse.

C’est dans cette perspective que la Direction générale de la santé publique du ministère de la Santé et des Services sociaux a confié le mandat à l’Institut national de santé publique du Québec de recenser les meilleures pratiques de prévention de la cyberviolence dans les relations amoureuses des jeunes. Cette revue narrative vise à décrire les effets des programmes de prévention recensés. Elle permettra de mieux orienter le développement et l’implantation de mesures préventives afin d’agir en amont de ce phénomène.

Sept études évaluant l’efficacité de six différents programmes de prévention ont été retenues. Aucun des programmes recensés n’a pour objectif de prévenir uniquement la cyberviolence dans les relations amoureuses des jeunes. Leurs objectifs principaux sont de prévenir, soit :

  • la victimisation et/ou la perpétration de la violence hors ligne et de la cyberviolence dans les relations amoureuses ou dans les relations entre pairs, ou;
  • la victimisation associée aux risques auxquels les jeunes peuvent être exposés en ligne.

Leurs modalités, comme le nombre de sessions et leur durée, varient. Leurs activités, également diversifiées, ciblent principalement l’acquisition de connaissances et/ou le développement d’habiletés chez les jeunes.

Seulement deux études évaluant deux programmes différents ont mesuré un effet sur la cyberviolence perpétrée dans les relations amoureuses des jeunes. Les études évaluant les effets des programmes Brief ITP (Incremental Theory of Personality) et Real Talk concluent à une diminution de la cyberviolence perpétrée par les jeunes à la suite de leur participation aux programmes. Aucun des programmes examinés n’a d’effet sur la cyberviolence subie.

Quatre pistes d’action sont proposées afin d’améliorer les pratiques et les programmes de prévention :

  1. Considérer le continuum entre la violence hors ligne et la cyberviolence dans les relations amoureuses en intervenant sur des facteurs de risque et de protection communs à ces deux types de violence;
  2. Développer des initiatives qui incluent des composantes visant à rejoindre plusieurs milieux de vie fréquentés par les jeunes;
  3. Offrir aux intervenantes et aux intervenants une formation adéquate qui cible les enjeux associés à la cyberviolence dans les relations amoureuses des jeunes et engager activement les jeunes dans le déploiement des interventions;
  4. Intégrer des activités visant l’acquisition de connaissances et le développement d’habiletés aux programmes de prévention.
Auteur(-trice)s
Dominique Gagné
conseillère scientifique, Institut national de santé publique du Québec
Type de publication
ISBN (électronique)
978-2-550-92716-7
Notice Santécom
Date de publication