COVID-19 : Mesures pour les travailleurs de la santé lors de la prestation de soins à domicile

Cette fiche présente les mesures à appliquer lors de soins à domicile (SAD). Ces mesures s’inscrivent dans la continuité des mesures. Elles sont basées sur les connaissances actuelles de la COVID-19 et actualisées en fonction des documents produits par de nombreuses organisations, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) et d’autres organismes. Certaines recommandations découlent d’un consensus des experts du Comité sur les infections nosocomiales du Québec (CINQ).

Ces mesures seront ajustées selon l'évolution de la situation épidémiologique et les nouvelles connaissances sur la transmissibilité de ce virus. Une telle démarche s'inscrit dans un processus de gestion de risque visant à optimiser l'utilisation des ressources disponibles, tout en assurant la sécurité de la population dans le contexte où le confinement de la maladie est l’objectif poursuivi par les instances nationales (ASPC) et internationales (OMS).

L’identification rapide d’un usager pouvant être infecté et l’application de mesures de prévention et de contrôle des infections appropriées sont prioritaires pour prévenir une transmission possible du microorganisme.

Mesures de prévention et contrôle des infections

Informations sur le virus SARS-CoV-2

Voir la fiche sur les caractéristiques du virus pour plus d’informations

Surveillance

Pour suivre l’évolution de la situation au niveau national et international :

Mode de transmission

  • Les données scientifiques et épidémiologiques actuelles indiquent que le mode de transmission du SARS-CoV-2 semble se faire de façon prédominante via les gouttelettes lors d’un contact étroit prolongé ou par contact direct avec les gouttelettes des sécrétions respiratoires lors de toux ou d’éternuements de la personne malade.
  • De plus en plus de données épidémiologiques, maintenant disponibles sur les cas répertoriés à travers le monde, démontrent que la grande majorité des cas ont été liés à une transmission de personne à personne lors d’un contact étroit sans protection avec une personne présentant des symptômes respiratoires (WHO 2020).
  • La transmission semble se faire via le contact direct avec les muqueuses des voies respiratoires supérieures et des conjonctives. La proportion de transmission par contact indirect via les surfaces n’est pas bien connue.
  • Toutefois, la transmission par voie aérienne opportuniste (fines gouttelettes de sécrétions respiratoires infectées aérosolisées particulièrement lors des interventions médicales générant des aérosols) n’est pas encore bien définie et selon les données scientifiques actuelles, les experts ne peuvent se prononcer sur l’exclusion d’une transmission par cette voie. La contribution possible d’une transmission par voie aérienne dans certaines conditions doit donc être prise en compte notamment afin de limiter la transmission en présence de cas admis dans les milieux de soins.
  • Puisque des particules virales se retrouvent dans les selles, une transmission fécale-orale est aussi possible (Johns Hopkins, 2020).

Définition de cas aux fins de surveillance

Se référer à la définition publiée par l’ASPC disponible au https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/maladies/2019-nouveau-coronavirus/professionnels-sante/definition-nationale-cas.html
Et à la définition publiée par le MSSS disponible au https://www.msss.gouv.qc.ca/professionnels/maladies-infectieuses/coronavirus-2019-ncov/
Ces définitions de cas aux fins de surveillance ne visent pas à remplacer le jugement du clinicien ou du praticien de la santé publique dans la prise en charge des patients (ASPC, 2020).

Si votre région est identifiée comme ayant une transmission communautaire soutenue, le personnel ayant un contact à moins de 2 mètres avec un usager, doit porter un masque de procédure en tout temps.

Si votre région n’est pas identifiée comme ayant une transmission communautaire soutenue, le masque de procédure sera requis selon les indications générales déterminées dans ce document.

Se référer au document Port du masque de procédure en milieux de soins lors d’une transmission communautaire soutenue disponible au https://www.inspq.qc.ca/covid-19/prevention-et-controle-des-infections

Mesures à appliquer à titre préventif

Promotion auprès de l’usager à domicile

  • Promouvoir l’hygiène des mains (HDM).
  • Promouvoir l’hygiène et l’étiquette respiratoires chez les usagers présentant de la fièvre ou de la toux.
  • Promouvoir les mesures communautaires et la distanciation sociale.

Avant la visite

Contacter l’usager avant la visite pour vérifier :

  • Si l’usager correspond à la définition d’un cas aux fins de surveillance ou s’il est une personne sous investigation, un cas probable ou confirmé.
  • Si présence d’une personne au domicile qui correspond à la définition d’un cas aux fins de surveillance ou s’il est une personne sous investigation, un cas probable ou confirmé.

Usager

L’usager doit aviser le travailleur de la santé :

  • S’il est une personne sous investigation, un cas probable ou confirmé de la COVID-19.
  • S’il y a la présence d’une personne à son domicile qui est une personne sous investigation, un cas probable ou confirmé de la COVID-19.

Autre personne mentionnée ci-haut

  • Ne doit pas rester dans la même pièce que le travailleur de la santé.
  • Si impossible, la personne doit maintenir une distance de deux mètres de distance avec le travailleur de la santé ou porter un masque de procédure ou si non disponible, se couvrir la bouche et le nez avec un linge propre ou un papier mouchoir.

Travailleurs de la santé

  • Rappeler aux travailleurs de la santé de ne pas se présenter au travail en présence de fièvre ou de symptômes respiratoires aigus. En présence d’autres symptômes pouvant être associés à la COVID-19, une évaluation clinique est requise pour déterminer si le travailleur peut se présenter ou non au travail. Contacter la personne désignée par l’établissement (bureau de santé, supérieur immédiat, etc.).
  • Les travailleurs de la santé asymptomatiques de retour d’un voyage hors Canada ne peuvent se présenter au travail dans les 14 jours suivant le retour.

Doit avoir en sa possession :

  • Une solution hydroalcoolique (SHA).
  • Les équipements de protection individuelle (ÉPI) requis selon les interventions à effectuer.
  • Lingettes désinfectantes si requis.

Si requis afin d’identifier rapidement un cas, l’infirmière pourrait :

  • Procéder à un prélèvement pour la recherche du SARS-CoV-2 chez les usagers présentant un syndrome grippal ou des signes et symptômes correspondant à la définition de cas.

Distanciation sociale

  • Maintenir deux mètres, si possible, selon les soins requis avec l’usager.
  • Maintenir deux mètres avec les autres membres de la maison.

Lieu des soins

Améliorer la circulation de l'air dans la chambre ou dans la pièce où auront lieu les soins en ouvrant une fenêtre ou porte extérieure lorsque possible.

Mesures à appliquer en présence d’une personne sous investigation, d'un cas confirmé ou d'une personne qui présente des facteurs de risque, des symptômes d'infections respiratoires ou d'autres symptômes associés à la COVID-19

Usager

Porter un masque de procédure lors des soins. Si non disponible, se couvrir le nez et la bouche avec un linge propre ou un papier mouchoir.

Précautions additionnelles

Application des précautions additionnelles contre la transmission par gouttelettes/contact dès l’entrée dans la chambre ou dans la pièce où aura lieu les soins :

  • Masque de procédure.
  • Protection oculaire (écran facial ou lunettes protectrices ou masque avec visière intégrée). Les lunettes de prescription ne sont pas considérées comme une protection adéquate.
  • Blouse à manches longues non stérile à usage unique et jetable. L’usage d’une blouse lavable (à utilisation unique) peut être envisagé si les blouses jetables ne sont pas disponibles temporairement. Prévoir une blouse imperméable si risque de contact avec des liquides biologiques, ex. : vomissement.
  • Gants non stériles à usage unique, bien ajustés et devant recouvrir les poignets.
  • S’abstenir de se toucher les yeux, le nez ou la bouche avec des mains potentiellement contaminées.

S’assurer de la disponibilité des équipements de protection individuelle (ÉPI) en tout temps.
Apporter seulement le matériel et l’équipement requis à la visite chez l’usager.
Limiter le matériel de soins laissé chez l’usager.

Retrait de l’équipement de protection individuelle

Rehaussement des précautions additionnelles

Les travailleurs de la santé doivent porter un respirateur N95 lors de la réalisation d’interventions médicales générant des aérosols (IMGA). Les travailleurs de la santé devant effectuer ces interventions doivent avoir eu un test d’ajustement pour le respirateur N95 ainsi qu’une formation sur son utilisation adéquate.

 

Pour consulter la liste des IMGA retenues suite aux recommandations de l’Unité d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (UÉTMIS), se référer au document produit par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) sur le site Web de l’INSPQ au https://www.inspq.qc.ca/covid-19. Pour les IMGA classées à risque reconnu ou à risque possible, les précautions additionnelles de type aérien/contact avec protection oculaire doivent être appliquées. Pour les autres catégories, une évaluation du risque d’aérosolisation, cas par cas, devra être effectuée.

 

Considérant la possibilité d’une augmentation de la transmission lors de la réalisation de ces interventions :

  • Porter l’équipement de protection individuelle requis est : N-95, blouse, gants, protection oculaire)
  • Procéder à ces interventions dans une pièce individuelle, porte fermée
  • Limiter ces interventions à celles qui sont absolument essentielles. Réévaluer les indications de soins au besoin ou voir si une alternative de soins est possible.
  • Suite à une IMGA, respecter le temps d'attente requis selon les caractéristiques de ventilation de la chambre (nombre de changements d’air à l’heure pour un taux d’élimination de 99,9 %) avant d’entrer dans la pièce sans l’équipement de protection individuelle requis pour cette intervention. Si le nombre de changements d’air est inconnu, appliquer la catégorie de 2 changements d’air par heure donc environ 4 heures d’attente.
  • Il est possible aussi d’ouvrir une fenêtre et de fermer la porte de la pièce pour permettre une aération adéquate de cette dernière.

L’écouvillonnage nasopharyngé chez l’adulte n'est pas une procédure faisant partie des interventions considérées comme interventions à risque d’augmenter la transmission du SARS‑CoV-2.
S’assurer de la disponibilité des équipements de protection individuelle en tout temps.

Prise en charge des travailleurs de la santé répondant à la définition d’exposition potentielle

Se référer au document Évaluation du niveau de risque d’exposition des travailleurs de la santé lors de soins à un cas confirmé COVID au https://www.inspq.qc.ca/covid-19

Durée des mesures

Pour les cas confirmés, selon l’évaluation du médecin traitant ou du microbiologiste-infectiologue :

  • L’ensemble de facteurs suivants doit être pris en considération avant de décider de lever les précautions additionnelles :
    • Période d’au moins 14 jours écoulée après le début de la maladie aiguë.
    • Absence de fièvre depuis 48 heures (sans prise d’antipyrétiques).
    • Absence de symptômes aigus depuis 24 heures (excluant une toux résiduelle qui peut persister).

En l’absence d’une hospitalisation antérieure de l’usager pour la COVID-19, aucun test PCR de contrôle n’est requis pour arrêter les précautions additionnelles. Suite à une hospitalisation, la demande d’obtenir un PCR négatif sur au moins deux échantillons respiratoires consécutifs prélevés à 24 heures d’intervalle après la résolution de la maladie aiguë est laissée à la discrétion du médecin traitant.

Prélèvements et laboratoire

Prélever les échantillons recommandés par le LSPQ et les transmettre selon les modalités prescrites :

Manipulations des prélèvements

Pour la manipulation des spécimens, se référer aux procédures déterminées. À titre informatif :

  • Décontaminer l’extérieur des tubes de prélèvements avec le désinfectant habituellement utilisé.
  • Identifier les tubes.
  • Placer les tubes dans un sac pour spécimen biohazard.
  • Placer le formulaire de demande de laboratoire dans la pochette externe. Inscrire COVID-19 suspecté.
  • Placer les tubes dans le contenant déterminé pour l’acheminement au laboratoire.
  • Respecter les indications pour la conservation des spécimens.
  • Transporter le tube selon les bonnes pratiques vers le laboratoire de référence.

Hygiène et salubrité à domicile

Il est important pour l’usager de :

  • Nettoyer et désinfecter quotidiennement les surfaces « high touch ».
  • Désinfecter avec un produit reconnu efficace (virucide pour le coronavirus ou solution chlorée).

Équipements de soins

  • Désinfection entre chaque usager avec un produit approuvé pour un usage hospitalier, reconnu efficace (virucide pour le coronavirus) et homologué (numéro d’identification d’une drogue (DIN)) par Santé Canada (produit habituel ou solution chlorée).
  • Idéalement dédier l’équipement à l’usager et le laisser à domicile.

Lingerie

Aucune mesure particulière pour la lingerie de l’usager.

Vêtement des travailleurs

  • Changer de vêtements lors du retour à son domicile.
  • Laver séparément, si présence de souillures visibles sur les vêtements. Sinon, aucune mesure particulière.

Gestion des déchets

Disposer des déchets selon les catégories habituelles (généraux, biomédicaux, pharmaceutiques, etc.).

Formation

Les travailleurs de la santé devraient avoir reçu une formation sur :

  • L’identification d’un cas suspecté.
  • Les précautions additionnelles et le port de l’équipement de protection individuelle requis.

Références

AUTEUR
Comité sur les infections nosocomiales du Québec (CINQ)

RÉDACTRICE
Suzanne Leroux
Institut national de santé publique du Québec

SOUS LA COORDINATION DE
Suzanne Leroux
Institut national de santé publique du Québec


Les coronavirus sont des virus reconnus pour causer des infections respiratoires généralement bénignes chez les humains et les animaux. Certaines souches peuvent être plus pathogènes, telles celles du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS-CoV) et du coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), ainsi que la souche nouvellement identifiée et nommée SARS-CoV-2.

L’appellation SARS-CoV-2 (pour Severe Acute Respiratoy Syndrome Coronavirus 2) est utilisée pour désigner ce nouveau coronavirus, tandis que le terme COVID-19 (pour Coronavirus Disease 2019) désigne l’infection causée par ce virus.

Ce document doit être consulté de façon complémentaire aux autres documents produits par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) sur le COVID-19. La version la plus à jour de ces documents est accessible sur le site Web de l’INSPQ.

COVID-19 Mesures pour les travailleurs de la santé lors de la prestation de soins à domicile : recommandations intérimaires

Comité: 

Sujet(s): 

Type de publication: