Plan d’analyse de la surveillance intégrée de la maladie de Lyme

Depuis 2013, la Direction des risques biologiques et de la santé au travail de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) est mandatée par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) pour proposer des programmes de surveillance intégrée de la maladie de Lyme au Québec. Ce plan d’analyse documente les fondements de cette surveillance ainsi que les différentes publications associées.

La surveillance intégrée de la maladie de Lyme repose sur l’intégration de la surveillance des cas humains et de la surveillance acarologique passive et active.

Surveiller les cas humains

Au Québec, la surveillance des cas humains de maladie de Lyme a débuté en 2003 lorsque cette infection a été ajoutée à la liste des maladies à déclaration obligatoire du MSSS. Ce type de surveillance a comme principaux objectifs de décrire la maladie et de suivre son évolution géographique et temporelle sur le territoire québécois. Pour ce faire, les cas humains de maladie de Lyme qui répondent à la définition nosologique et qui sont signalés par les médecins ou les laboratoires sont saisis dans le registre de maladies à déclaration obligatoire du MSSS par les directions de santé publique. Le MSSS extrait ensuite annuellement les données de surveillance de la maladie de Lyme et les transmet à l’INSPQ pour analyse et publication.

Surveiller les tiques responsables de la maladie

La surveillance acarologique est réalisée de façon passive et active. Les objectifs globaux de la surveillance acarologique sont de documenter la présence, l’abondance et la répartition géographique des tiques Ixodes scapularis sur le territoire du Québec et de connaître leur statut d’infection à Borrelia burgdorferi.

La surveillance acarologique passive est administrée par le Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) depuis 1990. Dans le cadre de ce programme, le LSPQ reçoit et identifie les tiques soumises volontairement par les cliniques vétérinaires et les laboratoires de microbiologie médicale des centres hospitaliers. Il envoie par la suite les tiques Ixodes scapularis qu’il a identifié au Laboratoire national de microbiologie de l’Agence de la santé publique du Canada. Ce dernier évalue la présence de différents agents pathogènes, dont celle de Borrelia burgdorferi, chez les tiques reçues. La compilation annuelle des données de la surveillance acarologique passive est effectuée par le LSPQ, qui partage ensuite ces données avec l’INSPQ pour analyse et publication.

La surveillance acarologique active englobe l’ensemble des activités de collecte des tiques dans l’environnement. Il existe de nombreuses méthodes pour les collecter, mais seule la méthode de flanelle est décrite dans ce plan d’analyse, car elle est la plus fréquemment utilisée au Québec depuis 2007. Les activités de collecte se déroulent généralement entre les mois de mai et de septembre. Lors de ces activités, les tiques sont collectées à l’aide d’un drap de flanelle tiré au ras du sol. Les tiques ainsi collectées sont identifiées en termes d’espèce par le LSPQ et la présence de Borrelia burgdorferi est vérifiée par le Laboratoire national de microbiologie de l’Agence de la santé publique du Canada. La sélection des sites de collecte nécessite l’implication de plusieurs partenaires, notamment les autorités de santé publique issues de différents niveaux et la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal. Les objectifs de surveillance et les devis de collecte guident les choix de sites. Les résultats de la surveillance acarologique active sont ensuite compilés annuellement par le LSPQ et sont ensuite communiqués à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal et à l’INSPQ.

L’intégration pour mieux surveiller

Les données des trois sources de surveillance mentionnées ci-dessus sont tout d’abord analysées séparément. Ensuite, elles sont intégrées à l’aide d’une série de critères. Ultimement, cela permet : 1) de classer toutes les municipalités du Québec selon un niveau de risque d’acquisition de la maladie de Lyme (inconnu, possible, faible, modéré et élevé) et 2) d’identifier les municipalités endémiques à des fins d’application de la définition nosologique.

Les résultats de la surveillance intégrée de la maladie de Lyme font l’objet de publications annuelles qui sont déposées sur le site web de l’INSPQ. L’une des principales publications est un rapport annuel de surveillance de la maladie de Lyme, qui présente les données des trois sources de surveillance sous la forme d’indicateurs et qui rapporte les principales limites de ces données. Une section distincte de ce rapport présente les données de surveillance humaine et acarologique d’autres maladies qui peuvent être transmises par la tique Ixodes scapularis.

Une autre publication annuelle consiste en une carte provinciale de risque qui représente les municipalités du Québec selon une échelle de niveaux de risque (inconnu, possible, faible, modéré et élevé). Cette carte est accompagnée d’une courte publication qui décrit la méthodologie et les faits saillants. Elle vise à fournir les connaissances aux intervenants et aux décideurs pour orienter les interventions préventives, à soutenir les cliniciens dans le diagnostic et le traitement de la maladie de Lyme et à faciliter l’identification des municipalités où la maladie est endémique à des fins d’application de la définition nosologique. La mise à jour annuelle de cette carte de risque permet aussi de suivre l’évolution du risque d’acquisition de la maladie de Lyme au Québec.

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ISBN (électronique): 

978-2-550-78426-5

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