Une ligne du temps pour comprendre la progression de l’obésité au Québec

Des changements de société ont rendu le Québec moins propice à l'activité physique et à la saine alimentation.

En cette Journée mondiale du diabète, le Comité scientifique sur la prévention de l’obésité de l’INSPQ met en ligne un nouvel outil pour mieux comprendre la progression de l’obésité au Québec. Grâce à une ligne du temps, il est possible de remonter le fil des événements et d’assister aux changements qui ont mené à cette épidémie, très liée au diabète de type 2.

Depuis les années 1970, l’étalement urbain, le recours accru à l’automobile, la restauration rapide ainsi que les emplois et les loisirs sédentaires, ont notamment rendu nos environnements moins propices à l’activité physique et à la saine alimentation. Ici comme ailleurs, les conséquences de ces changements pour la santé ont pris la forme, entre autres, d’une croissance de l’obésité et par le fait même des cas de diabète de type 2.

Quelques explications et constats

  • Entre 1978 et 2013, la proportion des ménages québécois qui ont deux voitures est passée de 16 % à 36 %.
  • De nos jours, 20 % des emplois demandent un niveau d’activité physique modéré, alors qu’en 1961 c’était presque la moitié des emplois.
  • La restauration rapide est devenue omniprésente. En 2014, le Québec comptait 8 000 établissements de ce type.
  • On retrouve des portions de plus en plus grandes dans les restaurants.
  • Si on examine les sites Internet les plus fréquentés par les enfants canadiens, on remarque que non seulement les publicités alimentaires sont très nombreuses (54 millions sur 1 an), mais aussi que 90 % de ces publicités concerne des aliments de haute teneur en sucres, sodium ou gras saturés.
  • L’avènement d’Internet et des réseaux sociaux et leur croissante popularité nous incitent à des loisirs sédentaires.
  • Les coûts associés à l’obésité au Québec s’élevaient à près de 3 milliards de dollars par année en 2011.

Des conséquences néfastes pour la santé

« En 1978, on évaluait à 14 % la proportion d’adultes aux prises avec un problème d’obésité, alors que chez les jeunes de 6 à 17 ans, seulement 2 % étaient obèses, souligne Chantal Blouin, chercheuse à l’INSPQ. Trente ans plus tard, ce taux atteint 23 % chez les adultes et presque 10 % chez les enfants. » À partir des années 1980, des médecins ont commencé à voir des cas de diabète de type 2 chez les enfants. Plus de 100 enfants canadiens reçoivent un tel diagnostic chaque année. Finalement, de nos jours, 600 000 Québécoises et Québécois vivent avec le diabète.

À l’échelle internationale, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sonne l’alarme pour une première fois en 1997. Elle souligne déjà que pour prévenir l’obésité, il faut agir sur l’ensemble des secteurs de la société. En 2016, 13 % des adultes dans le monde sont obèses, c’est trois fois plus qu’en 1975. Si la tendance se poursuit, d’ici 2022, le nombre de jeunes obèses dans le monde sera supérieur à celui des enfants souffrant d’une insuffisance de poids. L’épidémie est mondiale, observe l’OMS, aucun pays n’a encore réussi à l’endiguer.

Malgré tout, dans les régions du Québec, des milliers de personnes et d’organisations sont déjà engagées pour créer des milieux de vie dans lesquels il est plus facile de bien manger et d’être actif. « Ce travail doit se poursuivre et s’intensifier », conclut la ligne du temps.

Le Comité scientifique sur la prévention de l’obésité a été mis sur pied par l’INSPQ en 2013. Il conseille les acteurs du réseau de santé publique dans l’identification et le soutien de mesures visant à rendre nos environnements plus favorables à la saine alimentation et au mode de vie physiquement actif. Il s’agit d’un groupe multidisciplinaire qui regroupe des chercheurs universitaires et des cliniciens.

Pour consulter la ligne de temps et ses nombreuses références : https://www.inspq.qc.ca/la-montee-de-l-obesite-au-quebec

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