Les infections nosocomiales sont des complications bien reconnues survenant suite à la prestation de soins de santé dans un milieu hospitalier ou suite à des interventions médicales de tout genre. Elles sont le résultat d'une interaction complexe entre l'hôte, ses conditions médicales de base, les organismes pathogènes de sa flore microbienne et de son environnement et les modes de transmission de ceux-ci. Ce n'est qu'au début des années 1980 que l'on a pu identifier de façon plus précise la portion de ces infections nosocomiales que l’on pouvait prévenir, environ le tiers, ainsi que les principes nécessaires et essentiels pouvant amener cette réduction (Haley, 1985). Depuis lors, l'application de ces principes a entrainé une explosion des connaissances à l'égard des mesures de prévention précises pouvant réduire l'incidence des infections nosocomiales spécifiques. Cependant, ces mesures requièrent généralement un investissement important dans les outils de prévention nécessaires. Historiquement, les infections urinaires, les infections de site chirurgical, les infections respiratoires et les bactériémies ont été identifiées comme étant les infections nosocomiales les plus fréquentes. En dehors d'un contexte d'éclosions et de pédiatrie, les infections gastro-intestinales nosocomiales ont été moins souvent rapportées. La Diarrhée Associée au Clostridium Difficile (DACD) faisant suite à une antibiothérapie a sans doute toujours été présente, mais ce n'est qu'au cours des dernières années que la DACD est devenue une infection nosocomiale plus fréquente. Ce problème émergent se situe dans le contexte d’une augmentation de la résistance bactérienne dont le milieu hospitalier est un des foyers principaux.

Au cours de l'année 2003, plusieurs centres hospitaliers de la province ont observé une augmentation de l’incidence de la morbidité et de la mortalité des infections à Clostridium difficile. Compte tenu de la situation, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a demandé au Comité sur les infections nosocomiales du Québec (CINQ) de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), en collaboration avec l’Association des médecins microbiologistes infectiologues du Québec (AMMIQ), d’élaborer des lignes directrices pour la prévention et le contrôle des infections à Clostridium difficile.

Les recommandations de ce document ont été élaborées à partir des informations disponibles dans la littérature au moment de la rédaction. L'éradication complète des cas de DACD nosocomiale n'est certainement pas envisageable mais le contrôle et la limitation de la transmission à l'intérieur d'un établissement sont des objectifs tout à fait réalisables. Les résultats de la surveillance doivent être analysés périodiquement afin de pouvoir saisir les aggrégats ou éclosions de cas, tout en tenant compte des taux endémiques de base de DACD de l'institution. Les objectifs de prévention doivent être définis dans une perspective à moyen terme et les mesures de prévention ciblées selon les données de surveillance locales. La prévention de la DACD nosocomiale nécessite une approche multidisciplinaire impliquant toutes les autorités concernées, incluant les experts locaux et tous les directeurs administratifs. Chaque établissement doit s'assurer qu'il prend l'ensemble des mesures nécessaires afin de réduire les risques d'exposition de sa clientèle. Chacun des axes de prévention détaillés dans ce document sont importants pour contribuer à réduire l’incidence de la DACD nosocomiale. L'usage approprié des antibiotiques, l'application universelle des pratiques de base et des précautions additionnelles pour la DACD, la désinfection régulière de l'environnement et la surveillance sont les pierres angulaires d'un programme de prévention efficace pour la prévention de la DACD. Le défi réside dans l’application systématique, de façon concomitante, de toutes ces mesures, car l’absence d’une seule d’entre elles peut annuler le bénéfice des autres mesures entreprises.

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2-550-44034-X

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