Extraction des données québécoises de biosurveillance des substances chimiques de l’environnement issues de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé

La biosurveillance permet de surveiller la présence de substances chimiques dans l’organisme. Elle repose sur la mesure de biomarqueurs, soit des contaminants environnementaux ou leurs métabolites, dans les matrices biologiques humaines comme le sang et l’urine. L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) s’est vu confier par le MSSS (ministère de la Santé et des Services sociaux) le mandat d’obtenir et d’analyser les données québécoises tirées de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) afin de dresser un portrait de l’imprégnation de la population québécoise aux contaminants chimiques. Les mesures détaillées dans le présent document pourraient être suggérées comme valeurs de comparaison de référence quant à l’imprégnation de la population québécoise aux contaminants chimiques. Ainsi, les résultats pourront éventuellement servir à l’orientation et à la priorisation de politiques et d’actions de santé publique visant à réduire l’exposition des Québécois aux contaminants chimiques d’intérêt.

  • En extrayant de l’ECMS les données de biosurveillance propres aux sujets québécois qui ont participé à cette enquête, il a été possible de déterminer des statistiques pour 48 contaminants chimiques (biomarqueurs) présents dans la population de la province.
  • Le portrait ressortant de 50 comparaisons (30 dans l’urine, 12 dans le sang et 8 dans le plasma) suggère des concentrations significativement plus élevées dans la population générale du Québec en comparaison de celle de l’ensemble du Canada pour le plomb dans le sang et l’urine, pour le cadmium dans le sang seulement ainsi que pour l’antimoine dans l’urine seulement. Cette différence significative se maintient si l’analyse se limite aux enfants âgés de 6 à 11 ans ainsi qu’aux aînés, deux sous-groupes spécifiques pour lesquels une sensibilité accrue aux contaminants environnementaux est généralement admise dans la littérature scientifique.
  • Inversement, des concentrations populationnelles significativement plus basses sont observées pour le cobalt et le fluorure dans l’urine ainsi que pour le manganèse dans le sang, au Québec en comparaison du reste du Canada.
  • Une différence dans l’âge moyen des habitations ainsi que dans l’étendue de la fluoration dans les réseaux de distribution d’eau potable sont des hypothèses pouvant contribuer à expliquer les variations respectivement notées pour le plomb et les fluorures. Une consommation accrue de noix et un tabagisme plus répandu pourraient expliquer l’exposition plus élevée au cadmium. En ce qui a trait aux autres différences observées, des hypothèses explicatives évidentes ne peuvent être suggérées en première analyse.
  • Les différences constatées dans le cas des substances éliminées rapidement de l’organisme, comme les phtalates, doivent être interprétées avec prudence étant donné la nature ponctuelle et non continue dans le temps des échantillons prélevés auprès des participants de l’ECMS.

En terminant, il est possible que des expositions significatives à des produits n’ayant pas été analysés dans la présente étude, en raison notamment de leur faible fréquence de détection à l’échelle de l’ECMS, se produisent au sein de la population québécoise. Cependant, les analyses qui ont effectivement été faites portent sur les substances qui comptent parmi celles étant les plus souvent analysées dans les diverses études de biosurveillance du genre à travers le monde. Ainsi, le portrait caractéristique du Québec qui émane de ce travail constitue une première.

Extraction des données québécoises  de biosurveillance des substances chimiques de l’environnement issues de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé

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978-2-550-81261-6

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