Avis sur la pertinence d’ajouter la vaccination contre le zona au Programme québécois d’immunisation

Le zona est un problème de santé important qui peut toucher toute la population. Environ une personne sur 3 en sera atteinte au cours de sa vie. La névralgie post-herpétique (NPH) en est la complication la plus fréquente. La douleur peut durer plusieurs mois, voire des années et réduit la qualité de vie, en particulier chez les personnes âgées.

L’âge avancé et l’immunosuppression sont les facteurs de risque les plus importants pour le zona et la NPH. Les taux d’incidence de consultation pour zona augmentent davantage autour de l’âge de 50 ans et sont particulièrement élevés après l’âge de 70 ans. La NPH survient chez environ 20 % des adultes atteints de zona et augmente avec l’âge.

On estime qu’il y a au Québec à chaque année environ 27 000 cas de zona, 600 hospitalisations et 10 décès causés par la maladie. La majorité (≈ 80 %) des décès surviennent chez des personnes âgées de 80 ans et plus.   

Deux vaccins sont disponibles au Canada : le vaccin vivant atténué contre le zona Zostavax homologué en 2008 et le vaccin sous-unitaire Shingrix homologué en octobre 2017. Les deux vaccins sont sécuritaires et efficaces pour réduire l’incidence du zona et de la NPH.

L’efficacité du vaccin vivant atténué à prévenir le zona est d’environ 50 %. Elle diminue avec l’âge à la vaccination et le temps écoulé depuis la vaccination.

L’efficacité du vaccin sous-unitaire à prévenir le zona est d’environ 90 %, et ce, dans tous les groupes d’âge et elle demeure relativement stable pour au moins 4 ans. La persistance de titres élevés d’anticorps mesurée 9 ans après la vaccination suggère une protection à long terme.  

Le vaccin sous-unitaire peut être utilisé chez les personnes immunodéprimées contrairement au vaccin vivant atténué. La réactogénicité du vaccin sous-unitaire apparaît élevée, mais la majorité des manifestations cliniques inhabituelles observées après la vaccination sont de courte durée et ne nécessitent aucune intervention médicale.

La vaccination des personnes âgées de 65 à 75 ans permet d’obtenir les ratios les plus avantageux au plan économique. Le coût moyen du zona pour le système de santé québécois est estimé à environ 25 millions de dollars annuellement.

Lors de sa rencontre de décembre 2017, après avoir pris connaissance de l’ensemble des données disponibles concernant notamment le fardeau de la maladie, la disponibilité de vaccins efficaces et sécuritaires et l’acceptabilité anticipée de la vaccination, les membres du Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) ont recommandé de façon unanime la mise sur pied d’un programme de vaccination contre le zona selon l’ordre de priorité suivant :

  • personnes âgées de 50 ans et plus ET immunodéprimées selon la définition du Protocole d’immunisation du Québec. Ces personnes ont un risque élevé de développer le zona et la NPH. À la différence du vaccin vivant, le nouveau vaccin inactivé, Shingrix, n’est pas contre-indiqué chez les personnes immunodéprimées;
  • personnes âgées de 65 ans et plus;
  • s’il n’est pas possible de viser l’ensemble des personnes âgées de 65 ans et plus, le CIQ recommande d’offrir la vaccination aux personnes âgées de 70 ans et plus. Dans ce groupe d’âge, le risque du zona et celui de la NPH sont particulièrement élevés. La vaccination dans ce groupe d’âge permettra une réduction plus rapide du fardeau de la maladie;
  • personnes âgées de 50 à 64 ans. Le fardeau du zona commence à augmenter à ces âges, sans être encore maximal. Des données d’efficacité vaccinale sont disponibles chez les 50 ans et plus. Par contre, la durée de l’efficacité vaccinale pourrait être un enjeu pour ce groupe d’âge.

Le CIQ recommande l’utilisation préférentielle du vaccin sous-unitaire contre le zona (Shingrix) compte tenu de la plus grande efficacité de ce vaccin et la possibilité de l’administrer aux personnes immunodéprimées.

Chez les personnes immunodéprimées, le vaccin vivant atténué pourra être considéré uniquement si le vaccin sous-unitaire n’est pas disponible ou s’il est contre-indiqué.

L’état des connaissances actuelles ne permet pas de formuler de recommandations pour les personnes âgées de moins de 50 ans.

Avis sur la pertinence d’ajouter la vaccination contre le zona au Programme québécois d’immunisation

Comité: 

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Type de publication: 

ISBN (électronique): 

978-2-550-81180-0

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