Utilisation des immunoglobulines non spécifiques intraveineuses et sous-cutanées au Québec 2016-2017

Cette deuxième publication sur l’utilisation des immunoglobulines (Ig) au Québec fait état de l’utilisation des Ig non spécifiques entre le 1er avril 2016 et le 31 mars 2017 selon ce qui a été saisi dans la base de données Trace Line en date du 2 novembre 2017.

Les banques de sang situées dans les établissements de santé reçoivent les produits sanguins provenant directement d’Héma‑Québec, les entreposent, puis les distribuent selon les besoins. À la suite de la prescription d’un clinicien, la demande d’immunoglobulines est acheminée à la banque de sang de l’installation concernée par le biais d’un formulaire papier ou d’une requête informatique. On y précise entre autres la quantité d’Ig requise et l’indication d’utilisation. L’information est par la suite saisie dans le progiciel Trace Line par un technologiste médical. Ce système permet de documenter toutes les transactions reliées aux activités des banques de sang et assure la traçabilité des produits.

En 2016-2017, 30 établissements de santé, totalisant 87 installations, ont administré un total de 2 072 039 grammes d’Ig via les banques de sang. Les principaux constats découlant de l’analyse des données 2016-2017 sont les suivants :

Profil des usagers receveurs

  • 5 817 usagers ont reçu des Ig au cours de l’année. Les adultes (18 ans et plus) représentaient un peu plus de 87 % des usagers qui ont reçu des Ig, les enfants (âgés de 29 jours à 17 ans) représentaient 11,1 %, tandis que les nouveau‑nés (0 à 28 jours) représentaient 1,5 %. La moyenne d’âge des receveurs était de 53 ans.
  • Parmi ces usagers, 88,2 % ont reçu exclusivement des immunoglobulines intraveineuses (IgIV), 9,8 % ont reçu exclusivement des immunoglobulines sous-cutanées (IgSC) et 1,9 % ont reçu des Ig sous les deux formes (IgIV et IgSC).
  • La plus grande proportion des usagers (11,8 %) ayant reçu des IgIV étaient âgés de 60 à 64 ans.
  • La plus grande proportion des receveurs d’IgSC (9,2 %) étaient des enfants âgés de 5 à 9 ans.

Quantités administrées

  • Des 2 072 039 grammes d’Ig qui ont été administrés cette année au Québec, 1 899 170 grammes l’ont été sous forme IgIV (91,7 %) et 172 869 grammes l’ont été sous forme IgSC (8,3 %). Privigen® est le produit sanguin qui a été le plus administré; il représente environ 70 % des quantités d’IgIV administrées (1 426 850 grammes) et des receveurs (4 322 usagers). Il est suivi de Gamunex®, Gammagard Liquid® et Hizentra®.
  • Le groupe des 60 à 64 ans est celui ayant reçu les plus grandes quantités d’IgIV administrées au cours de l’année.
  • Les usagers de 55 à 59 ans sont ceux qui ont reçu les plus grandes quantités d’IgSC au cours de l’année.

Indications d’administration

  • Un peu plus du tiers des usagers (37,5 %) ont été traités avec des Ig pour une indication immunologique. Des usagers ont également reçu des Ig pour une indication neurologique (22,6 %), hématologique (20,8 %) ou pour d’autres indications (16,8 %). L’information était manquante pour 3,1 % des usagers.
    • Parmi les indications hématologiques, le purpura thrombocytopénique immunitaire est celle pour laquelle le plus grand nombre d’usagers ont reçu des Ig.
    • Parmi les indications immunologiques, le déficit immunitaire primaire est celle pour laquelle le plus grand nombre d’usagers ont reçu des Ig. Elle est suivie par le déficit immunitaire secondaire.
    • Parmi les indications neurologiques, la polyneuropathie inflammatoire démyélinisante chronique est celle pour laquelle le plus grand nombre d’usagers ont reçu des Ig. Elle est suivie de la myasthénie grave et du syndrome de Guillain-Barré.
  • Plus de 40 % (43,2 %) des Ig utilisées ont été administrées pour une indication neurologique et près du tiers (31,9 %) l’ont été pour une indication immunologique. Les indications hématologiques ont représenté 13,8 % des quantités totales d’Ig administrées.
    • Parmi les indications hématologiques, le purpura thrombocytopénique immunitaire se classe au premier rang en ce qui a trait aux quantités d’Ig administrées.
    • Parmi les indications immunologiques, c’est principalement pour traiter un déficit immunitaire primaire ou un déficit immunitaire secondaire que les Ig ont été administrées.
    • Parmi les indications neurologiques, la polyneuropathie inflammatoire démyélinisante chronique et la myasthénie grave occupent les deux premiers rangs en terme de quantité d’Ig administrées.

Au cours de l’année 2016-2017, 2 072 039 grammes d’Ig ont été administrés, ce qui représente une moyenne de 356,2 grammes d’Ig par usager (taux de 249,0 grammes d’Ig par 1 000 habitants). Le taux de Québécois ayant reçu des Ig est de 69,9 receveurs par 100 000 habitants. Globalement, le déficit immunitaire primaire constitue la condition médicale pour laquelle les lg ont été administrées au plus grand nombre de receveurs (14,4 % des receveurs d’Ig), alors que la polyneuropathie inflammatoire démyélinisante chronique constitue la condition médicale pour laquelle la plus grande quantité d’Ig ont été administrées (16,3 % des Ig administrées, soit 612,1 grammes par usager).

Comparaison des résultats

Ce deuxième portrait de l’utilisation des Ig au Québec permet de constater une légère augmentation du nombre d’usagers ayant reçu des Ig, des quantités d’Ig administrées, ainsi que des quantités d’Ig administrées par usager (en 2015-2016 : 344,9 grammes par usager vs en 2016-2017 : 356,2 grammes d’Ig par usager).

En ce qui concerne les indications pour lesquelles les Ig ont été administrées, les résultats obtenus au Québec sont similaires pour les deux années et sont comparables avec certaines données canadiennes ou celles d’autres pays. L’indication dominante demeure le déficit immunitaire primaire en ce qui concerne le nombre total de receveurs d’Ig, tandis que les plus importantes quantités d’Ig ont été administrées pour des indications neurologiques, la principale étant la polyneuropathie inflammatoire démyélinisante chronique.

Limites des données

L’analyse du portrait sur l’utilisation des Ig a mis en évidence un taux élevé d’information imprécise. En effet, les données concernant les indications pour lesquelles les Ig ont été administrées sont incomplètes pour 27,8 % des usagers et 16,4 % des quantités d’Ig administrées. Une sensibilisation doit être envisagée auprès des responsables des banques de sang afin d’améliorer la saisie des indications pour lesquelles les Ig ont été administrées au Québec. Ceci permettra d’avoir un portrait plus juste de l’utilisation des immunoglobulines non spécifiques au Québec.

Utilisation des immunoglobulines non spécifiques intraveineuses et sous-cutanées au Québec 2016-2017

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ISBN (électronique): 

978-2-550-80853-4

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