Hospitalisations et complications attribuables à l'influenza : rapport de l'étude 2013-2014

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a mandaté l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) afin d'estimer la morbidité hospitalière attribuable à l'influenza selon les meilleures méthodes disponibles, avec l'objectif de mesurer l'impact annuel de l'influenza au Québec.

Il a été jugé nécessaire d'effectuer des études prospectives avec confirmation virologique afin d'estimer sur le terrain le fardeau attribuable à l'influenza. Ce rapport fait le bilan de la troisième année de l'étude, soit 2013-2014 et compare les résultats avec ceux obtenus au cours des deux saisons précédentes.

Les tests de laboratoire ont été réalisés au Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) au cours des trois saisons étudiées. En 2011-2012 et 2012-2013, les spécimens obtenus par prélèvement nasal lors du dépistage systématique de l'influenza chez les patients hospitalisés dans les quatre hôpitaux participants ont été analysés pour rechercher simultanément un ensemble de virus respiratoires. En 2013-2014, seule la recherche du virus influenza a été réalisée. Des informations démographiques et cliniques ont été recueillies chez les patients consentants.

Messages clés

Les trois saisons étudiées ont démontré la possibilité d'estimer le fardeau des hospitalisations et des complications attribuables à l'influenza au Québec ainsi que la faisabilité d'un mécanisme de vigie en temps opportun.

Des différences importantes de la morbidité hospitalière attribuables à l'influenza dans les différents groupes d'âge ont été observées lors des trois saisons analysées, confirmant la variabilité des saisons influenza et la difficulté de prédire le fardeau annuel de l'influenza et de ses complications. Ces différences sont en grande partie expliquées par les variations dans les types et les sous-types circulant de l'influenza.

Malgré les différences observées, le virus de l'influenza n'était pas associé à une maladie plus sévère en ce qui concerne la durée de séjour, la présence de pneumonie, l'admission aux soins intensifs ou le décès en comparaison avec les patients hospitalisés avec d'autres virus respiratoires ou sans influenza pendant les trois saisons étudiées.

Un nombre important de virus respiratoires autres que l'influenza peuvent circuler même pendant le pic de la saison influenza et peuvent être associés avec un nombre important d'hospitalisations, en particulier chez les enfants et chez les personnes âgées.

L'utilisation d'une méthode standardisée dans les hôpitaux participants permet les comparaisons d'une saison à l'autre et la mise en évidence des changements dans la morbidité et la mortalité attribuables à l'influenza. Elle présente aussi plusieurs avantages par rapport aux autres méthodes de surveillance existantes.

Recommandations :

  • Une surveillance annuelle périodique est nécessaire afin d'avoir un portrait du fardeau annuel des hospitalisations et complications attribuables à l'influenza au Québec et de mettre en évidence les changements dans les sous-groupes les plus touchés de la population d'une année à l'autre;
  • Il conviendrait d'examiner la possibilité d'instaurer un réseau sentinelle de surveillance continue de la morbidité hospitalière attribuable à l'influenza et aux autres virus respiratoires pour permettre le recueil de données précises en temps opportun (p. ex. : en cours de saison grippale);
  • Un réseau de surveillance, tel que proposé, pourrait aussi être la base sur laquelle les décideurs pourraient s'appuyer en cas d'émergence de nouveaux virus respiratoires.

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ISBN (électronique): 

978-2-550-72129-1

ISSN (électronique): 

2368-7789

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