Validation du processus diagnostique du mésothéliome de la plèvre : Québec, 2001-2002

À la suite de l'adoption par le gouvernement québécois de la «  Politique d'utilisation accrue et sécuritaire de l'amiante chrysotile au Québec  », le ministère de la Santé et des Services sociaux s'est vu confier le mandat d'exercer la surveillance des expositions à l'amiante et celle des maladies qui en découlent. Ce mandat a, par la suite, été confié à l'Institut national de santé publique du Québec.

Lors de la mise sur pied d'un système de surveillance, il faut s'assurer de la validité des données utilisées. Le projet dont il est question ici s'intègre dans cette démarche de validation des données en révisant les diagnostics de mésothéliome de la plèvre inscrits au Fichier des tumeurs du Québec (FiTQ). Une étude antérieure a montré que les cas de mésothéliome pleuraux reconnus comme maladies professionnelles pulmonaires à la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) ne représentaient que 22 % des cas de ce cancer enregistrés dans le FiTQ; ceci a conduit certains médecins à émettre l'hypothèse qu'une partie importante des cas inscrits dans le FiTQ n'étaient pas des mésothéliomes de la plèvre.

L'étude présentée visait à vérifier cette hypothèse, notamment en décrivant le processus diagnostique des cas de cancer de la plèvre (particulièrement le mésothéliome) et en vérifiant l'exactitude des diagnostics notés dans le FiTQ par une revue clinique et histopathologique de dossiers de ces cas. Le lien avec une exposition à l'amiante, ne faisant pas partie des critères diagnostiques du mésothéliome pleural, n'a pas été considéré dans l'exercice de validation.

Pour chaque dossier médical des cas de cancer de la plèvre enregistrés au FiTQ en 2001 et en 2002, un résumé de dossier a été préparé (n = 205). Ensuite, une demande de consentement a été faite auprès des sujets ou de leur famille pour obtenir l'accès aux lames histologiques et aux blocs de tissus, de même qu'au matériel d'imagerie médicale. Les 205 dossiers de cancer de la plèvre comprenaient 187 diagnostics de mésothéliome de la plèvre. Trois spécialistes, un pneumologue, un radiologue et un pathologiste, ont revu les dossiers en deux étapes, afin de leur attribuer un diagnostic de consensus révisé selon 5 catégories : «  mésothéliome certain/probable  », «  mésothéliome possible  », «  mésothéliome improbable  », «  pas un mésothéliome  » et «  impossible à classer  ».

Les trois médecins spécialistes ont conclu, par consensus, que 109 des 187 cas de mésothéliome de la plèvre inscrits au FiTQ (62 %) étaient des mésothéliomes certains ou probables et 34 autres (19 %), des cas possibles de mésothéliome pleural. Par contre, ils ont jugé que 19 cas (11 %) n'étaient pas des mésothéliomes et que 14 autres (8 %) ne l'étaient probablement pas. Lorsqu'on restreint l'analyse de leurs conclusions aux résumés de dossiers que les 3 spécialistes jugeaient de qualité satisfaisante pour poser un diagnostic, la proportion de cas certains ou probables de mésothéliome pleural augmente de manière appréciable. La proportion de «  vrais positifs  » se situe donc probablement plus près de celles qui tiennent compte de la qualité des résumés de dossiers, soit entre 73 % et 77 % si on considère les cas «  certains/probables  » et entre 87 % et 88 % si on y ajoute les cas «  possibles  ». Ces données se comparent très favorablement aux données de validation publiées sur ce sujet et dont les proportions de confirmation certaine ou probable s'échelonnent entre 33 et 69 % des cas.

Ce projet a permis d'estimer qu'il pourrait y avoir entre 15 % et 25 % de «  faux positifs  » parmi les cas inscrits comme mésothéliome de la plèvre au FiTQ. Par contre, il ne permettait pas de vérifier l'importance des «  faux négatifs  », c'est-à-dire des cas inscrits au FiTQ sous un autre diagnostic que celui de mésothéliome pleural, mais qui seraient véritablement des cas de ce cancer.

Il est donc possible de conclure que, dans le cadre d'une surveillance du mésothéliome de la plèvre, l'utilisation des données du FiTQ permet d'obtenir un portrait probablement assez proche de la réalité.

Auteur(s): 

Sujet(s): 

Type de publication: 

ISBN (électronique): 

978-2-550-61130-1

ISBN (imprimé): 

978-2-550-61129-5

Notice Santécom: