Air extérieur

Risque de mortalité non-accidentelle et cardiovasculaire au Canada associé à l’exposition à long terme aux particules fines

Les particules sont omniprésentes dans l’air. Elles sont constituées d’un mélange de matières solides et de gouttelettes liquides de composition et de taille variables. L’exposition à court et à long terme aux particules en suspension dans l’air cause des effets néfastes sur la santé. De nombreuses études épidémiologiques ont mis en évidence un lien entre les niveaux atmosphériques de particules et la survenue ou l’aggravation de pathologies cardio-respiratoires1. L’exposition aux particules fines de diamètre inférieur à 2,5 micromètres (PM2,5) a entre autres été associée à la mortalité cardiovasculaire et mêmes à des causes de mortalité plus spécifiques telles que la cardiopathie ischémique1. À ce jour, peu d’études ont investigué les effets de l’exposition à long terme aux PM2,5 sur la mortalité pour certaines causes spécifiques, à partir d’une cohorte. Ceci s’explique, entre autres, par les défis méthodologiques que posent ce type d’étude (complexité à rassembler une large…

Espaces verts urbains et santé

Comme son titre l’indique, il existe un lien entre la nature et la santé, même en ville. Cette revue de la littérature examine les effets bénéfiques des espaces verts urbains pour la santé. Et ils sont nombreux.

La présence d'espaces verts semble être associée à plusieurs effets significativement positifs sur l'environnement et sur la santé physique et mentale de la population. Les arbres réduisent les polluants, comme la poussière, l'ozone et les métaux lourds.Les espaces verts réduisent aussi le bruit, la température locale et l'effet d'îlots de chaleur urbains.

Plusieurs études suggèrent que les espaces verts urbains sont associés à une meilleure santé autorapportée et diagnostiquée, un meilleur niveau d'activité physique, un moindre taux de mortalité, moins de symptômes psychologiques, moins d'anxiété, de dépression et de stress et un niveau de cohérence sociale plus important.

Bien que des études futures soient nécessaires dans le but d'affiner l'…

Manifestations allergiques associées à l’herbe à poux chez les enfants de l’île de Montréal

Le pollen de l’herbe à poux (Ambrosia sp) est responsable d’allergies chez une proportion importante de la population du Québec, en particulier celle vivant dans la région de Montréal. La rhinite, la conjonctivite et l’aggravation de l’asthme en sont les principales manifestations allergiques. La Direction de santé publique de Montréal a publié en 2008 une étude intitulée Prévalence des manifestations allergiques associées à l’herbe à poux chez les enfants de l’île de Montréal qui avait pour objectifs: de déterminer la distribution territoriale de l’herbe à poux et des manifestations allergiques qui y sont associées chez les enfants de 6 mois à 12 ans habitant l’île de Montréal; de déterminer la relation entre le degré d’infestation locale et la prévalence de ces maladies, aux niveaux individuel et populationnel; d’évaluer le rôle de la prédisposition génétique aux allergies (atopie) sur cette relation. Dans le cadre de ce projet, une cartographie de l’infestation par l’herbe à…

Évaluation de l’impact sanitaire environnemental de sources ponctuelles d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) à Sydney en Nouvelle-Écosse

De 1901 à 1988, les émissions d’aérosols et de gaz et les rejets solides et liquides de la cokerie et de l’aciérie de Sydney ont sévèrement pollué l’air, l’eau (ruisseaux et havre portuaire), les sédiments du havre, et les sols de la ville et des alentours de cette petite ville côtière (environ 30 000 habitants en 1960) de la Nouvelle-Écosse, une province canadienne dans l’Atlantique. Jusqu’en 1988, année où l’aciérie adopta les fours à arc et où la cokerie ferma ses portes, les travailleurs étaient fortement exposés aux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) (autour de 10 000 ng/m3 de BaP d’après une revue d’autres cokeries)( Armstrong et al. 2004).

Les résidents de Sydney étaient aussi surexposés aux HAPs et autres polluants. En 1985, une étude de mortalité réalisée par Santé et Bien-être social Canada a mis en évidence des excès manifestes de mortalité par cancers, de maladies cardiovasculaires et respiratoires dans la population de 35 à 69 ans de Sydney et du comté du Cap-Breton (Mao et al. 1985).

Les substances chimiques des gazons synthétiques extérieurs: un risque pour la santé des utilisateurs?

Depuis quelques années, de nouveaux terrains de sport dont la surface est constituée d’un gazon synthétique ont fait leur apparition au Québec. Ces gazons synthétiques offrent de nombreux avantages pour la pratique des sports d’équipe extérieurs comparativement au gazon naturel. Étant plus résistants, ils permettent un plus grand nombre d’heures d’utilisation sur un revêtement de bonne qualité. Ils sont peu touchés par les conditions climatiques alors que les gazons naturels surutilisés présentent de grandes surfaces de terrain dénudées (dures et poussiéreuses durant les périodes sèches ou boueuses lors des périodes humides) qui sont alors moins sécuritaires pour les joueurs. Ces terrains synthétiques constituent donc un atout pour favoriser la pratique régulière d’activités physiques chez les jeunes.

Cependant, des citoyens et des organismes de différents pays ont questionné l’innocuité de certains matériaux utilisés dans la fabrication de ces surfaces. Pour répondre à ce questionnement, plusieurs études scientifiques ont été réalisées par de nombreuses organisations - des universités, des instituts de santé publique, des fédérations sportives, des entreprises qui fabriquent ces gazons synthétiques - afin d’évaluer les impacts potentiels des matériaux sur la santé des joueurs et sur l’environnement.

Prévalence et coûts de santé de l’allergie au pollen de l’herbe à poux

Il est de notoriété publique que l’allergie au pollen de l’herbe à poux (Ambrosia artemisiifolia) représente une problématique de santé affectant un nombre important de Québécois dans presque toutes les régions de la province. Il s’avère donc utile pour l’administration publique de disposer d’estimations globales du coût de cette allergie tant pour les personnes atteintes que pour la société. Une telle information peut notamment servir de levier pour l’action des acteurs du milieu autour d’une problématique impliquant une intervention multisectorielle.

Au Québec, un seul portrait des coûts de santé relativement à l’allergie au pollen de l’herbe à poux avait été réalisé auparavant. Celui-ci avait été produit pour l’année 1992 par la Direction de santé publique de Montréal qui estimait alors ces coûts à environ 50 millions de dollars pour le Québec. Toutefois, en raison de la méthodologie utilisée qui ne considérait que certains aspects seulement, plusieurs frais n’avaient pas été évalués, soit ceux associés à l’utilisation de médicaments en vente libre, au traitement par un médecin omnipraticien, etc. De plus, l’étude avait été conduite avant la mise en marché de médicaments en vente libre plus efficaces, mais aussi plus onéreux.

La morbidité imputable à la rhinite allergique, toutes causes confondues, est bien documentée dans l’Enquête sociale et de santé 19982, de même que la prévalence du rhume des foins (pollinose). Il s’agit des plus récentes données en la matière. Toutefois, on ne peut extraire la prévalence de la rhinite allergique spécifiquement attribuable au pollen de l’herbe à poux. Des études de prévalence ont également été réalisées dans quelques régions du Québec. Cependant, bien qu’ils constituent une bonne indication de l’ampleur de la problématique sur le territoire étudié, les résultats obtenus ne peuvent être appliqués à l’ensemble des régions concernées par la problématique de l’herbe à poux. Il s’avérait donc difficile d’extrapoler, à partir des informations disponibles, les coûts de santé de la rhinite allergique liée spécifiquement au pollen de l’herbe à poux, pas plus d’ailleurs qu’aux pollinoses, toutes origines confondues.

Environnements et santé : le point de vue des Montérégiens

L’importance de l’environnement comme déterminant de l’état de santé n’est plus à démontrer et s'inscrit comme fondement de l’action de santé publique depuis plus de vingt ans déjà. La Direction de santé publique (DSP) de la Montérégie, à l’instar des citoyens et de plusieurs organismes du milieu, partage des préoccupations environnementales et de protection de la santé des communautés. Si la DSP s’implique activement par des actions de prévention et de protection liées aux environnements naturel et bâti, la perception et les comportements qu’ont les Montérégiens face à leurs environnements demeurent des éléments essentiels à explorer. En effet, comprendre comment les Montérégiens perçoivent ces environnements et agissent face à certains de leurs risques peut influencer le choix des stratégies d’actions auprès des citoyens.

Étude des îlots de chaleur montréalais dans une perspective de santé publique

En cette période estivale, une promenade dans les rues de Montréal est tout indiquée pour se rendre compte que certains secteurs ont des températures élevées alors que d’autres présentent des températures plus fraîches. Ce phénomène, appelé îlot de chaleur urbain, est étudié depuis plusieurs décennies sous de multiples points de vue. Plusieurs grandes villes d’Amérique du Nord (ex. Atlanta, Chicago, Houston, Toronto) s’y sont intéressées au moment de l’industrialisation au XIXe siècle puis lors de périodes de chaleur accablante estivales, survenues au début des années 1990. Dans une perspective globale de changements climatiques, une augmentation de la fréquence (nombre accru de journées de chaleur accablante) et de l’amplitude (intensité et longueur) des vagues de chaleur estivale est anticipée1,2, accordant ainsi une importance nouvelle aux îlots de chaleur.

Le phénomène des îlots de chaleur peut affecter la santé des populations. Les périodes de chaleur intense coïncident…

Trafic routier et risque d’hospitalisation pour problèmes respiratoires chez les personnes âgées de Montréal

Les données actuellement disponibles sur l’impact sanitaire des particules fines (particules dont le diamètre est égal ou inférieur à 2,5 µm, ou PM2.5) démontrent que les taux de mortalité et d’hospitalisation pour problèmes respiratoires sont plus élevés lors de pics de pollution de courtes durées (d'un ou de plusieurs jours). D’autres études montrent aussi que sur une longue période, les populations qui vivent dans des villes ou des secteurs où la concentration de PM2.5 est élevée, présentent des taux de mortalité et d’hospitalisation pour problèmes respiratoires plus élevés comparativement à des populations vivant dans des villes moins polluées. Les enfants et les personnes âgées, notamment celles souffrant de maladies respiratoires et cardiovasculaires, seraient plus susceptibles à certains effets associés aux particules fines.

Les PM2.5 peuvent être directement émises dans l’atmosphère ou être formées à partir de gaz, eux-mêmes directement émis dans l’air ambiant. La masse des PM2.5 est dominée par les particules formées à partir de gaz émis dans l’atmosphère (particules secondaires). Les PM2.5 peuvent être transportées sur de longues distances et possèdent une durée de vie de plusieurs jours. Ainsi, les données environnementales révèlent que bien qu’il existe des différences à grande échelle, la distribution des PM2.5 dans l’air est relativement stable à l’échelle régionale. Toutefois, les concentrations de PM2.5 dans l’air varient dans le temps en fonction, entre autres, de leur vitesse de formation et des conditions climatiques. En effet, la provenance des vents, leur vélocité, les inversions thermiques, etc. vont influencer les concentrations de particules à un endroit donné. Il est aussi connu que plus il fait chaud, plus les niveaux de particules sont élevésa.

Les hydrocarbures aromatiques polycycliques : exposition et risques dans la population générale

Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) représentent un groupe de contaminants de l’environ­nement reconnus prioritaires au Canada. Ils contiennent au moins deux noyaux benzéniques fusionnés et ne sont formés que de carbone et d’hydrogène. Les HAP proviennent principalement des processus de pyrolyse et en particulier de la combustion incomplète de la matière organique. Ils sont également des constituants naturels des huiles de coupe et de plusieurs autres produits pétrochimiques. Dans l’environnement, ils se retrouvent sous forme de mélanges complexes.

La population générale est exposée aux HAP principalement par l’ingestion de nourriture (en particulier les viandes ou aliments fumés, frits ou cuits sur charbon de bois) et par l’inhalation de fumée de tabac. Les patients psoriasiques se traitant avec des onguents ou des shampoings à base de goudron de houille sont également exposés à des doses particulièrement importantes de HAP. La contribution de l’air ambiant peut toutefois devenir significative dans les régions industrielles ou dans des secteurs où la circulation automobile est importante. Les sources de HAP dans l’air intérieur, telles que la combustion du bois, du gaz ou du charbon, peuvent également contribuer de façon significative à l’exposition globale aux HAP. Il est à noter que les niveaux d’exposition de la population sont estimés être de 100 à 1 000 fois inférieurs à ceux observés en milieu de travail.

Plus de 1000 HAP sont susceptibles d’être rencontrés dans l’environnement. De ce nombre, 26 HAP représentant plus de 90-95 % de la somme des HAP des mélanges sont utilisés pour établir le profil général de ces contaminants. Douze d’entre eux ont été classés comme cancérogènes probables ou possibles chez l’humain par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Plusieurs mélanges de HAP en milieux de travail ont été également classés comme cancérogènes chez l’humain, leur association avec le cancer du poumon et le cancer de la vessie ayant été démontrée.