Évolution de l'incidence et de la mortalité du cancer colorectal au Québec : une comparaison avec le Canada hors Québec et les pays industrialisés

Cause de 2 400 décès estimés au Québec en 2008, le cancer colorectal s’impose parmi les priorités de la lutte contre le cancer. Le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus mortel au Québec, après celui du poumon, loin devant celui du sein (1 350 décès) et de la prostate (870 décès). Un chiffre en grande partie attribuable à une faible survie relative (60 % à 5 ans) comparativement au cancer du sein (86 %) et de la prostate (92 %).

L’excès de mortalité par cancer colorectal au Québec par rapport au reste du Canada est en voie de se résorber. La mortalité par cancer colorectal diminue plus rapidement au Québec que dans l’ensemble du reste du Canada, et ce, depuis 1992 chez les femmes et 1998 chez les hommes. Chez les femmes, après le pic de mortalité de 26 décès par 100 000 personnes-années atteint en 1986, le taux est passé à 19 décès par 100 000 personnes-années en 2004. Chez les hommes, le pic a été atteint en 1985 avec 37 décès par 100 000 personnes-années. En 2004, il était de 30 décès par 100 000 personnes-années. Comparativement au reste du Canada, la mortalité demeure néanmoins supérieure de 12 % chez les femmes et de 15 % chez les hommes du Québec. La décroissance plus rapide des taux de mortalité au Québec qu’ailleurs au Canada (environ deux fois plus rapide chez les hommes) pourrait, si la tendance perdure, mener à une résorption de l’écart d’ici quelques années.

Comment maintenir ou renforcer les facteurs responsables de la décroissance rapide de la mortalité par cancer colorectal qui s’est surtout manifestée chez les hommes? Plusieurs hypothèses peuvent être suggérées et devraient être explorées afin d’identifier les conditions associées à la décroissance rapide de la mortalité par cancer colorectal, observé de façon encore plus marquée chez les hommes : un devancement du diagnostic qui induit une meilleure survie, un meilleur bilan diagnostique qui optimise l’utilisation des thérapies ou encore le recours à des traitements plus efficaces. Que ce soit un seul ou une combinaison de ces facteurs, leur identification est essentielle pour maintenir, voire renforcer, ce progrès remarquable.

L’évolution de l’incidence du cancer colorectal au Québec est comparable au reste du Canada et à l’Ontario, bien que les taux restent supérieurs chez les hommes. La décroissance de l’incidence du cancer colorectal chez les femmes du Québec est similaire à ce qui est observé dans le reste du Canada et en Ontario. Par contre, l’incidence des Québécois reste 11 % plus élevée qu’au Canada hors Québec et qu’en Ontario. Les valeurs accrues de taux d’incidence ne permettent pas, sans autres informations, de faire d’hypothèses sur la nature du phénomène qui expliquerait ces écarts. Néanmoins, l’incidence plus élevée au Québec chez les hommes induit assurément une prévalence et une demande de services cliniques supérieures comparativement au reste du Canada.

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ISBN (électronique): 

978-2-550-54945-1

ISBN (imprimé): 

978-2-550-54944-4

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