Connaissance, utilisation et perception des interventions en arrêt tabagique chez les fumeurs québécois

Ce rapport présente les résultats d'un sondage mené au mois de mai 2006 auprès de 2 736 fumeurs et anciens fumeurs récents (ayant cessé au cours des deux dernières années) au Québec âgés de 18 ans et plus. Cette étude avait pour objectifs principaux d'évaluer la connaissance, l'utilisation et l'utilité perçue de trois services d'aide à l'arrêt tabagique (ligne j'Arrête, site Internet j'Arrête, Centre d'abandon du tabagisme) et du programme de couverture des aides pharmacologiques du gouvernement du Québec pour les timbres de nicotine, les gommes de nicotine et le bupropion1. Le sondage servait également à documenter les pratiques de professionnels de la santé, telles que rapportées par les personnes qui les avaient consultés.

Les résultats montrent que la ligne j'Arrête est connue par près de 80 % des fumeurs et anciens fumeurs récents et que 3 % des personnes qui connaissent ce service l'ont utilisé au cours des deux années précédant le sondage. Chez les utilisateurs de la ligne j'Arrête, les opinions sont partagées également entre ceux qui considèrent que la ligne a été peu ou pas du tout utile à l'arrêt tabagique et ceux qui considèrent qu'elle a été très utile. Le site Internet est un peu moins connu que la ligne téléphonique (62 %) mais il a été utilisé par le quart des personnes qui le connaisse. La moitié des utilisateurs considère que le site a été moyennement utile à l'arrêt tabagique. Les centres d'abandon du tabagisme (CAT) sont connus par la moitié des fumeurs et anciens fumeurs récents et utilisés par un peu plus de 4 % d'entre eux. La majorité des utilisateurs considère que les CAT ont été très utiles à leur arrêt tabagique. La télévision, les dépliants, affiches ou kiosques, le journal, la radio et l'entourage sont les moyens qui contribuent à faire connaître ces trois services et ce, dans le même ordre pour chacun des services.

Presque tous les québécois fumeurs et anciens fumeurs récents connaissent les timbres et les gommes de nicotine alors que 60 % connaissent le bupropion. Près d'un tiers d'entre eux ont utilisé des timbres de nicotine au cours des deux années précédant le sondage alors qu'un peu plus de 10 % des personnes qui connaissent les gommes les ont utilisées et 5 % des personnes qui connaissent le bupropion l'ont utilisé. Deux utilisateurs de timbres sur trois les considèrent très utiles à l'arrêt tabagique alors que c'est le cas d'un utilisateur de gommes sur deux. Parmi les utilisateurs de bupropion, une majorité (80 %) considère cette aide très utile à l'arrêt tabagique. Les timbres et les gommes sont connus surtout grâce à la télévision, aux présentoirs en pharmacie, aux dépliants, affiches ou kiosques ainsi qu'à travers les membres de l'entourage et les professionnels de la santé. Les gens qui connaissent le bupropion rapportent en avoir entendu parler surtout par leur entourage, ensuite par les professionnels de la santé, la télévision et finalement par les dépliants, affiches ou kiosques.

Le programme de couverture des aides pharmacologiques est bien connu et couramment utilisé pour les timbres et le bupropion, mais moins de gens savent que ce programme couvre aussi les gommes de nicotine. Pour ces trois types d'aide, la majorité des utilisateurs qui avaient eu une ordonnance médicale rapporte avoir été remboursée (80 %). Soixante pour cent (60 %) des personnes remboursées étaient couvertes par une assurancemédicament privée alors que 40 % participaient au Régime d'assurance médicaments du Québec (régime public). La majorité des utilisateurs du programme de couverture des aides considère que celui-ci est un incitatif à l'essai des aides pharmacologiques en soutien à la cessation tabagique.

En ce qui a trait aux pratiques des professionnels de la santé, près de 80 % des fumeurs et anciens fumeurs récents croient que c'est le rôle du médecin et de l'inhalothérapeute de donner des conseils à leurs patients pour arrêter de fumer alors qu'environ 60 % croient que c'est aussi le rôle du pharmacien et de l'infirmière. La plupart des personnes interrogées avaient consulté un professionnel de la santé au cours des 12 mois précédant le sondage. Selon les personnes qui avaient consulté ces professionnels au cours de l'année, 80 % des médecins, 50 % des dentistes et 15 % des pharmaciens s'étaient informés de leur statut tabagique. Les médecins avaient les meilleures pratiques de counseling en abandon du tabac en s'informant plus souvent que les pharmaciens et les dentistes de l'intention du patient d'arrêter de fumer, en discutant plus souvent du tabagisme avec leurs patients, et en conseillant plus souvent d'arrêter de fumer. Selon les personnes interrogées qui se préparaient à arrêter de fumer au moment de leur consultation avec un médecin, les pratiques de celui-ci consistaient davantage à discuter de médicaments pour arrêter de fumer et à en prescrire qu'à parler des services d'aide comme la ligne j'Arrête et les CAT.

En conclusion, cette étude a démontré que malgré la connaissance bien répandue chez les fumeurs de l'existence de services gratuits d'aide à l'arrêt tabagique et de la couverture des aides pharmacologique de soutien à l'arrêt tabagique par le gouvernement du Québec, les services d'aide et les aides pharmacologiques sont utilisés par une minorité de fumeurs qui tentent de cesser de fumer. Ceci étant dit, les timbres de nicotine semblent être une ressource intéressante dans une perspective de santé publique en raison (1) du taux d'utilisation plus élevé pour cette aide en comparaison avec les autres aides pharmacologiques et les services, (2) du taux de satisfaction élevé des utilisateurs, (3) de l'accessibilité de cette aide grâce au programme de couverture des aides pharmacologiques et (4) de la propension des médecins à recommander cette aide à leurs patients qui se préparent à arrêter de fumer.


1Le bupropion est commercialisé au Canada comme aide antitabagique sous le nom de Zyban®.

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ISBN (électronique): 

978-2-550-49589-5

ISBN (imprimé): 

978-2-550-49588-8

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