SRAS-CoV-2 : Gestion des travailleurs de la santé en milieu de soins dentaires

Une bonne couverture vaccinale tant chez les travailleurs de la santé (TdeS) en milieu dentaire que chez les usagers diminue le risque de transmission dans les cliniques dentaires privées ainsi que dans les milieux d’enseignement associés à cette discipline. L’augmentation progressive de la couverture vaccinale de même que la présence de variants préoccupants du SRAS‑CoV‑2 en circulation au Québec influencent nos recommandations :

  • Le TdeS en milieu dentaire doit continuer de respecter toutes les mesures de prévention et contrôle des infections (PCI), ainsi que les directives cliniques en santé buccodentaire et consignes sanitaires, peu importe son statut vaccinal (distanciation physique, port de l’équipement de protection individuelle (ÉPI), hygiène des mains).
  • Le statut immunitaire du TdeS en milieu dentaire permet de moduler les indications de retrait du travail en fonction des critères d’exposition à un cas de COVID-19.
  • Les recommandations pourraient être ajustées si les données épidémiologiques de la vigie génomique des variants démontrent la circulation de variants préoccupants pour lesquels il y a des preuves scientifiques d’échappement immunitaire significatif.

Préambule

Ce document vise à préciser les facteurs à prendre en considération ainsi que les mesures à appliquer lors d’une exposition d’un TdeS en milieu dentaire à un cas confirmé de COVID-19 survenue en clinique dentaire privée et publique ainsi que dans les milieux d’enseignement associés à cette discipline. Il doit être utilisé comme un guide pour aider à la prise de décision sur les mesures à recommander (surveillance des symptômes, dépistage de l’infection, retrait et retour au travail) pour la prise en charge des TdeS en milieu dentaire.

Il est à noter que la gestion des TdeS exposés à la COVID-19 en communauté ainsi que celle des usagers exposés à la COVID-19 en milieu dentaire doit être faite en utilisant le document suivant : COVID-19 : Mesures pour la gestion des cas et des contacts dans la communauté : recommandations intérimaires. Les présentes recommandations intérimaires ont été rédigées pour soutenir les Directions de santé publique (DSPu) dans la réalisation des enquêtes de cas de COVID-19 et des interventions dans les cliniques dentaires privées et publiques (excluant celles situées dans les milieux de soins) ainsi que dans les milieux d’enseignement associés à cette discipline.

Le but de ce document n’est pas d’émettre des recommandations sur le port de l’ÉPI lors des soins buccodentaires, mais plutôt de présenter une démarche de gestion de risque sur la conduite à recommander pour la prise en charge des TdeS en milieu dentaire. Référer à COVID-19 – Procédures buccodentaires phase 4 : prestation des services buccodentaires en contexte de pandémie pour les recommandations en lien avec le port de l’ÉPI.

La gestion post-exposition de ces TdeS doit prendre en considération plusieurs facteurs :

  • Chacun des éléments de l’ÉPI qui était porté au moment de l’événement et s’ils étaient portés adéquatement1,2 en tout temps.
  • Les mesures de mitigation techniques et d’ingénierie en place dans le milieu (ex. : mesures barrières, ventilation).
  • La progression de la couverture vaccinale de la population générale ainsi que le statut immunitaire (acquis à la suite de l’infection ou de la vaccination) du TdeS.
  • Le triage des usagers préalable à la prestation des soins en milieu dentaire, réduisant les risques d’exposition des TdeS à des usagers symptomatiques.
  • La situation épidémiologique actuelle au Québec dont la circulation de variants préoccupants.
  • Les données disponibles semblant démontrer une faible prévalence de la COVID-19 en milieu dentaire, s’expliquant en partie par l’utilisation appropriée des mesures de prévention et de contrôle des infections (ex. mitigation et ÉPI) recommandées par les instances des différents pays où ont été réalisées les études consultées (Estrich et al., 2021; Estrich et al., 2020; Gallus et al., 2021; Jungo et al., 2021).

Parmi les mesures de mitigation mises en place en cabinet dentaire, la succion rapide est considérée comme une des principales mesures permettant la réduction de l’émission des aérosols dans l’environnement. Selon les données de quelques revues de la littérature scientifique consultées, l’efficacité de cette mesure tend vers une réduction significative des aérosols à la source (Santé publique de l’Ontario, 2020b ; Harrel et al., 2004 ; Kumbargere et al., 2020 ; Samaranayake et al., 2021 ; Virdi et al., 2021). Bien que le niveau de preuves scientifiques de ces données ne soit pas élevé, cette mesure a tout de même été considérée dans la démarche de gestion de risque en lien avec l’évaluation de l’exposition des TdeS en milieu dentaire.

Les recommandations sont modulées en fonction du niveau de protection conférée par l’immunité. Ainsi les TdeS sont considérés comme protégés, partiellement protégés ou non protégés (voir section définitions). Cette classification est en cohérence avec celle utilisée dans la communauté et dans les milieux de soins. Les données actuellement disponibles sur l’efficacité vaccinale et la protection offerte par une infection antérieure à la COVID-19 sont suffisantes pour permettre de moduler sécuritairement la prise en charge des TdeS en milieu dentaire. Cependant, ces recommandations seront modifiées au besoin selon l’évolution des données scientifiques.

Dans ce document, les niveaux d'exposition ne sont pas qualifiés à risque élevé, modéré ou faible contrairement à la prise en charge en communauté. Comme pour les recommandations dans les milieux de soins, les mesures pour la gestion des TdeS exposés sont indiquées directement en fonction de chaque type de situation en prenant en compte les facteurs (qui peuvent augmenter ou diminuer le risque) présents lors de l’exposition.

Dans certaines circonstances, il est possible qu’un TdeS en milieu dentaire qui est exposé à un cas ne soit pas retiré du travail considérant, entre autres, l'ensemble des mesures de mitigation des risques mises en place dans son milieu spécifique.


1 Référer à SRAS-CoV-2 : Choix et port du masque médical en milieux de soins pour les indications du port adéquat du masque.

2 La protection oculaire à usage unique peut être un écran facial ou des lunettes protectrices. Choisir la protection oculaire appropriée pour assurer que l’APR ou le masque médical n’interfère pas avec le positionnement adéquat de la protection oculaire et que la protection oculaire n’affecte pas l’ajustement et l’étanchéité de l’APR. Les lunettes de prescription ne sont pas considérées comme une protection adéquate. Les dispositifs latéraux qui s’installent sur les côtés des lunettes de prescription ne sont pas considérés comme une protection oculaire.

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