Les approches pangouvernementales de bien-être : une analyse comparative de quatre initiatives de gouvernements centraux

Les approches de bien-être étudiées, avec leur cadre de référence et les indicateurs de bien-être s’y rattachant, consistent en des instruments de politique pour l’ensemble de l’appareil gouvernemental. Bien que ces approches soient récentes et qu’elles aient fait l’objet de peu d’évaluations, elles apparaissent prometteuses. Elles sont en effet fondées sur une vision du progrès social, humain, économique et environnemental et s’appuient sur des mesures complémentaires à celles de la croissance économique et du PIB. Leur adoption vise à favoriser ce qui importe le plus pour les gens, soit leur bien-être.

Les principaux traits communs des approches de bien-être de ces gouvernements centraux sont les suivants :

  • Elles se veulent pangouvernementales, c’est-à-dire qu’elles concernent l’ensemble du gouvernement et d’autres acteurs (ministères, agences gouvernementales et paragouvernementales, acteurs du secteur privé, groupe de recherche, société civile, etc.).
  • Elles présentent le concept de bien-être comme étant multidimensionnel (ex. : dimensions psychologique, sociale, économique, environnementale) et proche à la fois du concept de qualité de vie et du concept de progrès, et à l’image de l’Initiative du vivre mieux de l’OCDE (2011).
  • Elles s’appuient sur un cadre de référence de bien-être officiellement mis de l’avant par le gouvernement, qui comprend aussi un tableau d’indicateurs de bien-être complémentaires au PIB. Ces indicateurs varient selon les pays et servent de guide pour mesurer le progrès et le succès du pays selon différents domaines de bien-être.

Les principaux objectifs poursuivis par les gouvernements par l’entremise de ces approches de bien-être sont les suivants :

  • Renforcer la performance de l’appareil étatique en liant les processus décisionnels à des exigences de résultats au-delà de mesures économiques standards;
  • Faire preuve de transparence et rendre des comptes à la population relativement aux actions prises pour assurer et promouvoir le bien-être de tous;
  • Assurer un meilleur avenir et un plus grand bien-être pour les générations futures, la nature et la planète tout entière, en misant sur la prévention, la planification à long terme et les actions intersectorielles;
  • Tabler sur la collaboration et le partage des responsabilités entre différents acteurs;
  • Augmenter la prospérité du pays et stimuler l’économie;
  • Agir sur l’environnement, entre autres sur les changements climatiques, dans une perspective de développement durable et de pérennité des ressources;
  • Affirmer et valoriser les identités culturelles et l’identité nationale;
  • Promouvoir la justice et l’équité pour l’ensemble de la population;
  • Agir dans une perspective de solidarité et de coopération internationales.

En plus de s’appuyer sur un cadre de référence de bien-être, les gouvernements ont recours à divers moyens pour atteindre leurs objectifs. Les principaux mécanismes d’implantation, d’évaluation et de reddition de comptes sont :

  • La rédaction de divers rapports, qui sont variablement inclus dans les cycles politiques des gouvernements centraux;
  • L’intégration des indicateurs de bien-être aux processus budgétaires nationaux;
  • La création ou l’utilisation d’instances dont le mandat est de veiller à l’implantation et au suivi de l’approche de bien-être;
  • La mise sur pied d’outils, de guides, de politiques, d’équipes ou de ressources consacrées au renforcement des capacités liées à l’implantation de l’approche;
  • La mobilisation de différents groupes sociaux, la consultation de différents experts et citoyens ainsi que la tenue de commissions indépendantes;
  • Des campagnes de sensibilisation et de communication auprès de la population.
Auteur(-trice)s
Type de publication
ISBN (électronique)
978-2-550-92550-7
Notice Santécom
Date de publication