Connaître et mobiliser pour mieux intervenir : évaluation de la démarche de caractérisation des communautés locales de la région de la Chaudière-Appalaches

Le présent rapport présente les résultats de l'évaluation du processus d'implantation du dispositif de caractérisation des communautés dans la région de la Chaudière-Appalaches. Après un bref survol du contexte d'expérimentation du projet de caractérisation des communautés locales (chapitre 1), le chapitre 2 présente les objectifs de l'évaluation et l'approche méthodologique privilégiée. Viennent ensuite la description et une première analyse des cinq étapes du dispositif (chapitre 3) et des résultats relatifs aux principes d'action du développement des communautés (chapitre 4). Le chapitre 5 met en lumière les principaux constats et recommandations entourant l'ensemble de la démarche.

L'expérimentation de la démarche de caractérisation des communautés locales en Chaudière-Appalaches est une initiative de la Direction de la santé publique et de l'évaluation (DSPÉ). Ce projet venait répondre à une demande des centres de santé et de services sociaux (CSSS) d'obtenir des données de santé locale, à la plus petite échelle possible, particulièrement sur les déterminants sociaux de santé et certains aspects de la défavorisation matérielle et sociale. Cette démarche s'est inspirée du dispositif participatif de caractérisation du potentiel des communautés locales développée par Réal Boisvert et son équipe en Mauricie-Centre-du-Québec.

Plutôt centrée sur la production de portraits de communautés locales au départ, au fil du temps, la finalité de la démarche est devenue plus globale, soit de « soutenir le développement des communautés en permettant de connaître et de comprendre [les] communautés de manière plus fine, de développer une vision commune et de passer à l'action de manière plus ciblée ».

Cette démarche s'est déroulée en cinq temps : l'identification des communautés, la réalisation des portraits des communautés locales, la diffusion des portraits, l'atelier sur le potentiel dans les communautés et la mise en mouvement des communautés. Pour réaliser ces activités, les responsables du projet ont surtout compté sur une grande mobilisation du réseau de la santé et des services sociaux, notamment sur les organisateurs communautaires qui ont animé la démarche. Eux-mêmes ont d'ailleurs été étroitement soutenus par le Comité interne de la DSPÉ qui a conçu la démarche, développé les outils nécessaires et, surtout, a été d'une grande disponibilité pour accompagner les organisateurs communautaires dans différentes activités.

Outre les acteurs de la santé et des services sociaux, le projet a également mis à contribution des gestionnaires et intervenants d'autres secteurs, et ce, à toutes les étapes de la démarche. Ce n'est cependant qu'au moment de réaliser les ateliers de réflexion sur le potentiel dans les communautés que l'on a vu poindre une concertation plus intersectorielle, notamment en milieu rural entre les organisateurs communautaires de CSSS et les agents de développement liés aux Pactes ruraux. En milieu urbain, la démarche a surtout fait appel à une table de concertation intersectorielle dès le départ.

Il faut aussi souligner que la période de collecte des données s'étant terminée en juin 2011, peu de projets ou d'actions de développement ont été recensés comme retombées de la démarche de caractérisation. C'est ainsi qu'il a été difficile de documenter la participation citoyenne, sauf dans leur présence lors des ateliers d'appréciation du potentiel. Par ailleurs, en milieu urbain, les citoyens ont été plus difficilement rejoints puisque la démarche s'est déroulée, du moins dans la période d'évaluation, uniquement avec une table de concertation.

En fait, il apparaît qu'un des points forts du projet est la grande mobilisation des CSSS autour des portraits, dimension que l'évaluation n'avait pas prévu documenter puisqu'elle se centrait surtout sur les retombées dans les communautés. Il y aurait donc là une avenue de recherche intéressante : documenter les retombées de la démarche de caractérisation sur la pratique des CSSS, notamment dans leur soutien au développement des communautés. Une autre piste de recherche serait de documenter, dans les communautés elles-mêmes, les retombées à plus long terme de ce projet.

Quant à la question de départ à savoir si la démarche de caractérisation des communautés locales a contribué au développement des communautés, on peut dire qu'elle a sans aucun doute contribué à une grande mobilisation d'acteurs concernés par le développement des communautés, mais que les retombées concrètes dans les communautés locales n'ont pas été à la hauteur des attentes. Les pistes de recherche suggérées ici permettraient sans aucun doute d'alimenter davantage cette vaste question d'évaluation, et ce, à partir de perspectives nouvelles.

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ISBN (électronique): 

978-2-550-68345-2

ISBN (imprimé): 

978-2-550-68344-5

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