Changements climatiques au Québec méridional : conséquences des changements climatiques sur le comportement et la prolifération des cyanobactéries au Québec – Résumé

Cette étude, réalisée dans le cadre du Programme Santé du consortium Ouranos et coordonnée par l'Institut national de santé publique du Québec, s'inscrit dans le volet «nbsp;Qualité de l'eaunbsp;». Elle a été financée par le consortium Ouranos ainsi que par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Les cyanobactéries sont des bactéries qui ont la capacité de faire de la photosynthèse, possédant de la chlorophylle et certains autres pigments comme la phycocyanine. Elles croissent donc en bonne partie à la manière des algues et des végétaux, par adsorption de l'énergie lumineuse et par l'utilisation de substances nutritives inorganiques, comme l'azote et le phosphore. C'est pour cela que, malgré leur appartenance au groupe des bactéries, on les traite plutôt comme étant une composante naturelle du phytoplancton, lequel regroupe les organismes microscopiques aquatiques qui font de la photosynthèse. Apparues il y a plus de deux milliards d'années, les cyanobactéries ont été intimement associées au développement de la vie sur la Terre puisqu'elles ont notamment contribué à enrichir l'atmosphère en oxygène.

Les cyanobactéries synthétisent plusieurs groupes de composés, en particulier des substances malodorantes comme les géosmines et le 2-méthyl-isobornéol, mais aussi des toxines appelées cyanotoxines dont certaines sont importantes au regard de la santé. Les cyanotoxines comprennent essentiellement des neurotoxines (agissant sur le système nerveux), des hépatotoxines, particulièrement les microcystines (dont l'action toxique se manifeste surtout dans le foie) ainsi que des dermatotoxines. Ces dernières sont le plus souvent constituées de lipopolysaccharides qui sont des molécules complexes intégrées à la paroi cellulaire des cyanobactéries. Les effets potentiels des dermatotoxines se traduisent sous forme de dermatites (rougeurs de la peau) ou de gastroentérites, si elles sont ingérées. Toutes les cyanobactéries ne produisent cependant pas de cyanotoxines nocives pour les mammifères; quelques dizaines d'espèces, sur les 2 000 connues, ont cette capacité.

Une croissance trop importante des cyanobactéries, dans certaines conditions, donne naissance à des proliférations aussi appelées fleurs d'eau (« blooms » en anglais). Ce phénomène est associé à une forte densité de cellules, habituellement de l'ordre de 20 000 à 100 000 cyanobactéries par millilitre, mais pouvant aller jusqu'à un ou deux millions de cellules par millilitre; une prolifération est souvent dominée par quelques espèces. Dans certaines conditions, comme en absence de vent, les cyanobactéries peuvent se concentrer à la surface de l'eau ou dans les premiers centimètres, engendrant ainsi un phénomène appelé « écume ». Le problème environnemental découlant de la présence des cyanobactéries résulte donc de la présence récurrente des proliférations.

Outre les substances nutritives, comme l'azote et le phosphore, qui sont essentielles à leur croissance, le développement des cyanobactéries est modulé par divers facteurs physicochimiques comme l'intensité lumineuse, la température ainsi que des facteurs biologiques comme le broutage par le zooplancton. Les changements climatiques pourraient par ailleurs influer sur des facteurs environnementaux, lesquels peuvent modifier la température, mais aussi la pluviométrie, le niveau d'eau des lacs et des rivières et l'évaporation, pour n'en citer que quelques-uns. Il n'existe pas de données québécoises quant au comportement possible des cyanobactéries dans un contexte de changements climatiques appréhendés. Cette fiche-synthèse résume une étude dont le but est de faire le point sur l'état des connaissances actuelles en cette matière.

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ISBN (électronique): 

978-2-550-57257-2

ISBN (imprimé): 

978-2-550-57256-5

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