En 2002, le gouvernement québécois adoptait la « Politique d’utilisation accrue et sécuritaire de l’amiante chrysotile au Québec » qui confiait des mandats à différents ministères et organisations de juridiction québécoise. Le ministère de la Santé et des Services sociaux a reçu, entres autres, le mandat d’exercer la surveillance des expositions à l’amiante au Québec et la surveillance des maladies qui en découlent, tant chez les travailleurs que dans la population générale. Ce mandat a, par la suite, été confié à l’Institut national de santé publique du Québec.

Le présent document constitue un cadre de référence qui servira d’assise à la formulation et à l’élaboration d’un système de surveillance permettant de répondre aux exigences du mandat reçu. Il comprend d’abord un état sommaire des connaissances sur l’exposition à l’amiante au Québec et sur les maladies qui y sont reliées.

L’exposition des travailleurs québécois survient principalement dans les mines d’amiante, dans le secteur de la construction et de la rénovation et dans quelques usines de transformation de ce matériau. En ce qui concerne l’exposition de la population générale, les informations disponibles sur la concentration d’amiante dans l’air ont permis de décrire la situation des régions de l’amiante et de quelques villes québécoises. Il reste à préciser l’exposition à l’amiante dans d’autres contextes de vie, par exemple la fréquentation d’édifices publics (écoles, hôpitaux, salles de spectacle, etc.) ou privés où se trouvent des matériaux contenant de l’amiante.

Les principales maladies reliées à l’exposition à l’amiante sont les mésothéliomes de la plèvre et du péritoine, le cancer du poumon et l’amiantose. Entre 1984 et 2003, les taux de mésothéliome de la plèvre ont augmenté dans la population générale du Québec et ces cancers sont environ quatre fois plus nombreux que les mésothéliomes indemnisés chez les travailleurs. Les amiantoses inscrites dans le fichier des hospitalisations du Québec (Med-Echo) sont, elles aussi, quatre fois plus fréquentes que les indemnisations des travailleurs pour cette maladie.

Une section du document porte sur la définition de la surveillance et positionne nos travaux dans le contexte québécois des plans de surveillance qui découlent de la Loi de santé publique du Québec, laquelle confie au ministre de la Santé et des Services sociaux un mandat de surveillance continue de l’état de santé de la population. Quant au cœur du document, il comprend les finalités, les objectifs, une description sommaire du système de surveillance et du traitement des données, de leur diffusion et de l’évaluation du projet. Ces éléments sont suivis de considérations éthiques et de précisions sur les enjeux législatifs, technologiques, économiques et sur ceux qui sont liés à l’alimentation en données.    

La surveillance de l’exposition à l’amiante représente un véritable défi, étant donné le peu d’informations disponibles sur le sujet et la difficulté d’y avoir accès quand elles existent, particulièrement dans le secteur de la construction. D’un autre côté, les données sur la santé sont disponibles, notamment dans les fichiers sanitaires et dans les dossiers d’indemnisation des travailleurs. Cependant, l’un des problèmes réside dans la mise en commun des données de différentes sources pour constituer un portrait global des maladies reliées à l’amiante au Québec.

Les prochaines étapes visant à proposer un modèle d’organisation et à implanter le système de surveillance proprement dit sont en cours élaboration.

Auteur(s): 

Sujet(s): 

Type de publication: 

ISBN (électronique): 

978-2-550-56100-2

ISBN (imprimé): 

978-2-550-56099-9

Notice Santécom: