Les troubles liés aux substances psychoactives – Prévalence des cas identifiés à partir des banques de données administratives, 2001-2016

Ce rapport présente la prévalence annuelle et cumulée des troubles liés aux substances psychoactives (TLS). Il démontre la capacité du Système intégré de surveillance des maladies chroniques du Québec (SISMACQ) à étudier les TLS à partir des fichiers médico-administratifs. Les prévalences ont été obtenues à partir des données administratives du 1er avril 2001 au 31 mars 2016 pour toute personne admissible à la couverture de la Régie de l’assurance maladie du Québec et âgée de 12 ans et plus. Pour être considéré comme ayant un TLS, l’individu devra avoir eu au moins une visite médicale ou une hospitalisation avec un diagnostic principal ou secondaire de TLS.

  • Sur une période de 15 ans, 40 individus pour 1 000 ont reçu un diagnostic pour un trouble lié à l’alcool et 39 sur 1 000 pour un trouble lié à une drogue. Environ 13 pour 1 000 ont reçu à la fois un diagnostic lié à l’alcool et un diagnostic lié à une drogue. Ainsi, 66 individus pour 1 000 ont reçu au moins un diagnostic de TLS.
  • La prévalence annuelle des TLS est restée stable durant la période étudiée (9 sur 1 000 individus en 2015-2016), avec un taux annuel de 12 sur 1 000 chez les hommes et de 7 sur 1 000 chez les femmes.
  • La prévalence annuelle des troubles de l’utilisation d’alcool est restée stable de 2001-2002 à 2015-2016 chez les femmes de 18 ans et plus, alors qu’elle a diminué chez les hommes de 25 ans et plus pour la même période.
  • La prévalence annuelle de la dépendance à l’alcool a légèrement diminué de 4 à 3 pour 1 000 au cours des 15 dernières années, alors que celle de l’abus d’alcool est demeurée stable (autour de 1 pour 1 000).
  • La prévalence annuelle des troubles de l’utilisation d’une drogue a oscillé entre 3 et 4 pour 1 000 de 2001-2002 à 2015-2016. Ce sont surtout les individus de 18-49 ans qui présentent les prévalences les plus élevées parmi toutes les tranches d’âge. Le taux annuel semble être à la baisse pour les 18-49 ans depuis les dernières années; en revanche, une augmentation de la prévalence annuelle des troubles de l’utilisation d’une drogue est observée chez les adolescents.
  • La prévalence du sevrage d’alcool a augmenté jusqu’en 2010-2011 et elle était la plus élevée parmi les 65 ans et plus : de 2 sur 1 000 femmes en 2001-2002 à 3 sur 1 000 en 2010-2011 et de 2 sur 1 000 hommes (2001-2002) à 4 sur 1 000 (2010-2011). La prévalence est stable depuis.
  • La prévalence annuelle des maladies physiques induites par l’alcool est demeurée stable et elle était la plus élevée chez les hommes (2 pour 1 000 hommes de 50-64 ans et 3 pour 1 000 hommes de 65 ans et plus).
  • Les troubles psychotiques induits par une drogue ont connu une légère augmentation dans la prévalence annuelle (de 0,4 à 0,7 sur 1 000 individus sur 15 ans), surtout chez les hommes et chez les personnes de 18-24 ans et de 25-49 ans; en revanche, le taux annuel est demeuré stable chez les adolescents pour ce sous-indicateur (autour de 0,3 pour 1 000 adolescents).
  • La prévalence annuelle des intoxications à l’alcool est passée de 0,3 à 0,6 pour 1 000 sur une période de 15 ans. L’augmentation est surtout notable parmi les 18-24 ans, où elle est passée de 0,3 à 1,0 pour 1 000 chez les hommes et de 0,2 à 0,8 pour 1 000 chez les femmes de 2001-2002 à 2015-2016.
  • Parmi toutes les intoxications à l’alcool de 2001-2002 à 2015-2016, environ la moitié auront ou ont déjà eu un autre trouble lié à l’alcool.
  • La prévalence des intoxications à une drogue a oscillé entre 0,5 et 0,7 au cours de la même période.

L'information issue de ce rapport permet de dresser un portrait inédit des TLS au Québec sur la base des nouveaux indicateurs de surveillance développés dans le cadre du SISMACQ. Elle pourra éventuellement mener à des analyses plus approfondies, notamment la charge que représentent les TLS sur le système de la santé, les comorbidités physiques et psychiatriques associées, ainsi que l’excès de mortalité découlant d’une consommation chronique et problématique de substances psychoactives.