Les approches de réduction des méfaits trouvent un certain appui dans la population québécoise

Récemment, en santé publique, on a commencé à considérer la toxicomanie comme un problème qui a des conséquences néfastes pour la santé et le bien-être de la collectivité et non plus seulement pour les individus toxicomanes. Cette nouvelle conception de la toxicomanie entraîne un changement de certaines pratiques répressives ayant apporté peu de bénéfices reconnus pour les remplacer par des activités de promotion de la santé et de prévention. La réduction des méfaits s’inscrit dans ce courant. Elle consiste à mettre en place des mesures pour réduire les conséquences négatives d’une consommation abusive de substances psychotropes sur la collectivité, comme les risques de propagation du sida, plutôt que de viser essentiellement l’élimination de leur usage.

  • Pour 70 % de la population, la drogue est une préoccupation importante (30 %) ou très importante (40 %). Les femmes et les personnes âgées de 45 ans et plus sont les plus préoccupées par ce problème.
  • L’image que la population a du phénomène de la toxicomanie gravite autour de deux dimensions : une forte proportion de gens considère la toxicomanie comme un problème social relié à la criminalité, mais aussi comme un problème de santé où l’individu a besoin d’aide.
  • L’héroïne et la cocaïne sont considérées comme les drogues les plus dangereuses, et en particulier par les jeunes. Le cannabis, quant à lui, est banalisé et considéré comme moins nocif que le tabac. Cette perception se répercute dans l’opinion que se font les gens à propos de certaines formes de légalisation des drogues ; celles touchant les drogues « douces » étant beaucoup plus acceptées que celles touchant les drogues « dures ».
  • Plus de 60 % des Québécois croient que la loi n’empêche pas les gens de consommer de la drogue, mais ils ne souhaitent pas pour autant que ces drogues soient légalisées ou décriminalisées. Parmi ceux qui croient le contraire, les hommes sont plus nombreux.
  • Les mesures de réduction des méfaits trouvant le plus d’appui dans la population sont les programmes d’échange de seringues (74 %) et les sites d’injection supervisée (54 %). La prescription d’héroïne sous supervision médicale (47 %) et la distribution de seringues dans les prisons (34 %) sont moins populaires.
  • Plus la perception est positive à l’égard des toxicomanes, plus les mesures de réduction des méfaits sont acceptées. Cela nous fait croire que pour favoriser l’implantation de ces mesures, il pourrait être envisagé de mettre en place une campagne de sensibilisation visant à humaniser le problème de la toxicomanie et à informer le public des impacts positifs des mesures de réduction des méfaits telles que la réduction des surdoses, des risques de propagation du virus du sida et du nombre de seringues souillées abandonnées dans l’environnement.

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2-550-39424-0

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