Changements climatiques au Québec méridional : perceptions de la population générale et suggestions d'adaptations futures

Dans le cadre des obligations canadiennes en vertu du Protocole de Kyoto, le ministère Ressources naturelles Canada a coordonné l'Évaluation nationale des conséquences du changement climatique. Afin de contribuer à son volet santé, l'Évaluation nationale du changement climatique et de la santé, et à la mise en place des premiers jalons d'une adaptation aux conditions climatiques à venir, comme le prévoit le Plan d'action québécois sur les changements climatiques, la Direction des risques biologiques, environnementaux et occupationnels de l'Institut national de santé publique du Québec a proposé d'approfondir les connaissances entourant les vulnérabilités aux changements climatiques de la population du Québec méridional et d'évaluer sa capacité et celle de certaines institutions à atténuer les risques pour la santé associés à ces vulnérabilités1.

C'est dans ce contexte que s'inscrit le présent rapport sur les perceptions relatives aux changements climatiques. Concrètement, ce document synthétise certains résultats découlant d'une étude réalisée par téléphone, au printemps et à l'automne 2005, parmi la population générale habitant le Québec méridional et propose quelques suggestions d'adaptations futures dont certaines font déjà l'objet de recommandations à l'échelle nationale et internationale.

Survenue d'événements climatiques extrêmes et présence de smog

Les vagues de froid (très probable : 35,1 %; moyennement : 45,1 %; peu : 15,3 %; non : 3,9 %) et les canicules (très : 27,4 %; moyennement : 47,9 %; peu : 18,5 %; non : 6,1 %) ont été perçues comme étant les événements climatiques extrêmes les plus probables dans chacune des régions étudiées, sauf pour les participants vivant au Nord du Québec méridional lesquels considéraient leur région davantage sujette aux feux de forêt qu'aux vagues de chaleur. Quant aux autres événements climatiques extrêmes, relevons qu'environ six répondants sur dix percevaient leur région très ou moyennement sujette aux orages; cinq sur dix, au verglas; quatre sur dix, à la sécheresse; deux sur dix, aux inondations ou aux feux de forêt; et moins d'un sur dix, aux tornades ou aux éboulements, glissements de terrain et avalanches. Enfin, 20 % des répondants jugeaient leur région de résidence très sujette au smog l'été (moyennement : 27,5 %; peu : 27,4 %; non : 25,3 %) et 7,6 % au smog l'hiver (moyennement : 20,8 %, peu : 28,1 %; non : 40,0 %), voire surtout les Montréalais et Lavallois.

Les perceptions relatives à la survenue d'événements climatiques extrêmes illustrent bien que certains d'entre eux, telles les périodes de refroidissement intense, concernent tout le monde d'une quelconque façon alors que d'autres, comme les feux de forêt, dépendent davantage des caractéristiques géophysiques et géomorphologiques régionales. Globalement, ces perceptions semblent aussi correspondre à la réalité. Il est par contre curieux que les inondations – concernant plus de 80 % des municipalités riveraines l'été et considérées par des gestionnaires municipaux et de la santé publique comme l'une des trois principales vulnérabilités environnementales déjà existantes au Québec méridional – n'aient pas été mentionnées plus souvent par les répondants. De même, il est étonnant de constater que si peu de participants vivant au Sud de Montréal et tout spécialement en Montérégie n'aient pas perçu leur région très propice au smog alors que les émissions atmosphériques générées par les deux principales sources de polluants, le transport et l'industrie, y sont plus élevées qu'à Montréal. Une meilleure compréhension des processus influençant la perception de la survenue des événements climatiques extrêmes et de la présence de smog serait donc souhaitable pour supporter les gestionnaires au moment opportun.

Stratégies d'atténuation des gaz à effet de serre ou d'adaptation aux changements climatiques

La majorité des répondants étaient «nbsp;tout à fait d'accordnbsp;» avec plusieurs des trente-deux stratégies d'atténuation des gaz à effet de serre (GES) ou d'adaptation aux changements climatiques, dans le but de réduire les effets nuisibles de ces changements sur la santé et le bien-être de la population. En moyenne, les répondants tranchaient franchement en faveur de 19 stratégies. De l'ordre de 4,2 % adhéraient tout à fait à moins de cinq stratégies; 7,6 %, de 5 à 9 stratégies; 13,0 %, de 10 à 14 stratégies; 21,4 %, de 15 à 19 stratégies; 29,1 %, de 20 à 24 stratégies; et 24,6 %, de 25 à 32 stratégies.

Stratégies liées aux commerces et à l'industrie

Les deux tiers des répondants adhéraient fortement à au moins trois des quatre stratégies liées aux commerces et à l'industrie. Quelque 82 % des répondants abondaient «nbsp;tout à faitnbsp;» dans le sens d'une augmentation de la surveillance de la pollution engendrée par les activités commerciales ou industrielles; 78 % souhaitaient fortement que la coupe des arbres en forêt fasse l'objet d'une plus grande vigilance; 67 % adhéraient complètement à une surveillance accrue de la pollution agricole; et 53 %, à l'empêchement de la construction de centrales thermiques au gaz ou au mazout.

La mise en oeuvre du Plan d'action 2006-2012 du gouvernement provincial devrait permettre de répondre positivement aux attentes de la population québécoise, notamment en consolidant les réseaux de surveillance du climat. En santé publique, le suivi systématique d'indicateurs environnementaux (comme les émissions atmosphériques des principaux polluants) et de leurs effets sur la santé des Québécois est également un pas dans la bonne direction. À l'instar de ces mesures de surveillance sanitaire et des obligations d'en faire rapport édictées par la Loi sur la santé publique, il pourrait être utile que le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) améliore sensiblement le monitorage actuel de l'état de l'environnement et de ses facteurs déterminants, afin d'en mieux connaître l'évolution et de supporter une prise de décision éclairée tant sur le plan local et régional que sur le plan provincial. Les produits de surveillance du MDDEP pourraient prendre diverses formes, comme un portrait de l'évolution de l'état de l'environnement au Québec sur une base quinquennale et des bilans de situation thématiques (p. ex. : eau, air, sol) mis à jour annuellement. Enfin, puisqu'une image vaut mille mots, il serait avantageux de cartographier les données de surveillance (p. ex. : données sanitaires, environnementales) et de rendre ces cartes accessibles via Internet.

Stratégies liées à l'aménagement du territoire

Deux répondants sur trois avalisaient au moins quatre des six stratégies liées à l'aménagement du territoire. Environ 75 % des répondants désiraient fortement qu'on plante des arbres dans les terrains de jeux, les cours d'écoles et les centres-villes. De l'ordre de 66 % souhaitaient ardemment qu'on restaure les plages (incluant les berges du fleuve) et qu'on transforme les terrains vagues et publics en parcs ou jardins. Un peu plus de 60 % tranchaient nettement en faveur de la plantation d'arbres sur les grands stationnements extérieurs en milieu urbain et un pourcentage équivalent, pour l'empêchement de constructions résidentielles dans les zones à risque.

La gestion de l'aménagement en plaine inondable a été resserrée en 2005 par des modifications à la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables et par l'obligation d'intégrer les cartes de risque en découlant dans les schémas d'aménagement des municipalités régionales de comté (MRC), en vertu des dispositions de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. La mise en oeuvre de ces mesures, tout comme le développement de la géomatique à l'échelle municipale et l'application de certains résultats de recherche sur les impacts et adaptations liés aux changements climatiques notamment en matière de drainage urbain au Québec, contribueront possiblement à mieux délimiter les vulnérabilités territoriales et à les réduire. Par ailleurs, la plus grande attention portée à la végétalisation en milieu urbain et les diverses mesures entreprises dans ce secteur d'activités au cours des dernières années, comme les inventaires de biens arborés en milieu municipal et certaines réglementations, aideront vraisemblablement à assurer une meilleure gestion des ressources forestières urbaines. Cela contribuera éventuellement à l'adaptation aux îlots thermiques en plus d'atténuer la pollution sonore, un atout pour les répondants habitant un appartement mal isolé contre le bruit. Enfin, la préservation, la restauration ou la transformation des sites naturels (p. ex. : plage) ou aménagés (p. ex. : parc) apparaissent cruciales pour la qualité de vie des concitoyens et tout spécialement pour les résidants en appartement lesquels, selon une étude québécoise, se rafraîchiraient dans des endroits publics lors de chaleur accablante beaucoup plus souvent que les occupants d'une maison.

Stratégies liées aux infrastructures

Sept répondants sur dix cautionnaient totalement au moins trois des cinq stratégies liées aux infrastructures. Plus précisément, 83 % des participants désiraient davantage de recyclage; 76 %, la reconstruction des routes pour qu'elles soient plus résistantes au dégel et à l'érosion, ou encore la réparation et l'amélioration des systèmes d'approvisionnement en eau potable; 43 %, l'augmentation du nombre de piscines municipales et de parcs avec fontaine; et 32 %, la tarification de l'eau potable selon la quantité utilisée.

La politique québécoise de gestion de matières résiduelles 1998-2008 vise un taux de récupération et de valorisation de 65 % et le bilan 2004 montrait un taux déjà à 49 %. Cette gestion plus respectueuse de l'environnement devrait satisfaire les attentes en matière de recyclage. D'autre part, l'amorce d'un cycle d'investissements majeurs en raison de l'âge avancé de plusieurs infrastructures publiques (p. ex. : viaducs, routes, systèmes d'approvisionnement en eau potable) est une belle opportunité pour promulguer des normes et des pratiques prenant en compte les impacts potentiels des changements climatiques. Emboîter le pas dans cette direction n'aurait que des effets bénéfiques pour les cinquante prochaines années, notamment dans le domaine de la santé et de la sécurité routière. En revanche, l'augmentation du nombre de piscines municipales et de parcs avec fontaine et la tarification de l'eau potable selon la quantité utilisée ne font pas consensus. De fait, la première solution semble davantage interpeller les répondants vivant en appartement, les moins fortunés, les non motorisés, bref les personnes les moins susceptibles d'avoir accès à une piscine à domicile ou de pouvoir se rendre dans des endroits de villégiature pour se rafraîchir durant les canicules. Alors que la deuxième – la tarification de l'eau potable – est davantage supportée par les plus fortunés, dont la capacité de payer est plus élevée, et par les répondants provenant des régions très populeuses, soit les plus vraisemblablement exposées à diverses propositions de modes de facturation pour l'eau domestique.

Stratégies liées aux bâtiments

Un répondant sur deux abondait tout à fait dans le sens d'au moins quatre des six stratégies liées aux bâtiments. De l'ordre de 66 % adhéraient fermement à la climatisation des hôpitaux et des centres d'accueil pour personnes âgées ou malades; 63 %, à l'amélioration des exigences sur l'isolation résidentielle; respectivement 52 % et 45 %, à l'idée de subventionner la climatisation des logements pour gens âgés ou malades à faible revenu ou celle des garderies pour enfants; et 37 %, à l'empêchement du chauffage au bois lorsqu'il y a du smog.

Dans cette étude, une majorité des répondants s'entendaient sur la nécessité de climatiser les hôpitaux et les centres d'accueil pour personnes âgées ou malades – deux clientèles à haut risque lors de chaleur accablante. Selon certains, les données québécoises relatives à la climatisation dans les établissements de soins et de services de santé seraient toutefois incomplètes. Combler cette lacune (incluant les conditions d'aération et de ventilation) s'avérerait un atout, notamment pour la protection de la santé et la sécurité civile. L'idée de subventionner la climatisation des logements de personnes âgées ou malades à faible revenu et les garderies pour enfants a été davantage endossée par les participants moins fortunés (dont certains vivaient en appartement), soit vraisemblablement les personnes n'ayant pas recours à la climatisation à domicile. De fait, en 2003, 15,8 % des ménages québécois ayant rapporté un revenu inférieur à 20 000 $ disposaient d'un appareil de climatisation, alors que cette proportion était de 44,3 % chez ceux ayant déclaré des gains de 80 000 $ et plus. De telles observations suggèrent l'implantation d'initiatives (telle la climatisation) dans les milieux de vie regroupant des gens défavorisés économiquement et dont la santé de l'un ou de plusieurs peut être gravement atteinte par la chaleur. Pour conclure, les allophones abondaient plus franchement en faveur de la climatisation. Diverses raisons liées au logement ou d'ordre socio-économique pourraient expliquer cet état de choses. Des études sur les stratégies d'adaptation à la chaleur dans diverses communautés culturelles bonifieraient assurément les connaissances dans le domaine de la santé et des changements climatiques et optimiseraient le soutien auprès de ces communautés.

La mise en place d'un programme plus attrayant de financement visant l'efficacité énergétique – tel qu'il a été annoncé dans le récent plan d'action gouvernemental sur les changements climatiques – devrait permettre d'améliorer l'isolation de certains logements et de faciliter l'adaptation aux vagues de températures extrêmes. Souhaitons toutefois qu'une attention particulière allant au-delà de l'encouragement sera portée, dès le départ, aux personnes résidant dans des logements nécessitant déjà des réparations majeures c'est-àdire 7,8 % des logements privés occupés en 2001 à travers le Québec.

Enfin, la prévalence de l'utilisation du chauffage au bois résidentiel serait actuellement de l'ordre de 20 % et le nombre de logements dans lesquels on y recoure aurait augmenté d'environ 60 % de 1987 à 2000. Ces statistiques sont préoccupantes pour la protection de la qualité de l'air et de la santé publique et elles le deviennent d'autant plus du fait que près des deux tiers des répondants de la présente étude ne percevaient pas la nécessité d'empêcher l'utilisation de ce type de chauffage en présence de smog hivernal. La surveillance plus étroite de l'évolution à la hausse du chauffage au bois résidentiel et de ses impacts sur la santé humaine serait donc indiquée, de même que l'identification des déterminants de l'utilisation de ce type de chauffage dans une perspective de sensibilisation de la population.

Stratégies liées au transport

Environ trois répondants sur cinq adhéraient «nbsp;tout à faitnbsp;» à au moins quatre des huit stratégies liées au transport. De l'ordre de 70 % désiraient fortement qu'on augmente le transport en commun; 60 %, qu'on aide financièrement l'achat d'automobiles «nbsp;vertesnbsp;»; 58 %, qu'on diminue l'utilisation de l'automobile dans les grandes centres urbains, qu'on augmente le nombre d'abribus, ou qu'on oblige l'inspection d'automobiles datant de sept ans ou plus. Enfin, 36 %, voulaient qu'on climatise les autobus; 29 %, qu'on standardise la climatisation des automobiles neuves; et 18 %, qu'on taxe davantage l'achat des véhicules.

Il est rassurant d'observer que la majorité des participants optaient franchement pour la mise en oeuvre de mesures d'économie de carburants relatives entre autres à l'utilisation de transports écoénergétiques, à l'acquisition d'automobiles à faible consommation ou à l'adoption de bonnes pratiques. Cela devrait faciliter la mise en place des actions gouvernementales visant l'évitement ou la réduction de GES liés au transport, lesquels comptaient pour 37,4 % des émissions québécoises en 2003, tout en contribuant à de multiples autres impacts positifs et notamment dans le secteur de la santé. La sensibilisation de la population sur les solutions à la problématique des changements climatiques s'avèrera toutefois une étape cruciale. Il est en effet possible que les utilisateurs quotidiens d'une automobile appuient moins fréquemment les solutions liées au transport que les non utilisateurs ou les utilisateurs très occasionnels. Pour supporter cette démarche de sensibilisation, il serait cependant indiqué d'identifier les principaux déterminants influençant le choix du type de transport utilisé, tout en estimant le niveau de pollution atmosphérique ainsi générée par les répondants et en évaluant leur connaissance du lien entre ce niveau de pollution et le type de transport adopté. Concluons en relevant que peu de répondants souhaitaient la climatisation des automobiles neuves. Une observation heureuse puisque la climatisation des automobiles consomme de l'essence et donc, pollue. Malgré cela, il serait souhaitable de suivre l'évolution des statistiques relatives à la climatisation des véhicules moteurs. En effet, il est possible que plus la saison froide sera courte, plus les gens se déplaceront et plus ils recourront à la climatisation en raison du réchauffement de la température. Enfin, il est étonnant d'observer que seulement le tiers des répondants avalisait la climatisation des autobus. Une étude visant à expliquer cet état de choses serait utile dans une approche de marketing visant l'utilisation accrue des transports en commun.

Stratégies liées aux mesures sociales et à la recherche

De l'ordre de 77 % des répondants désiraient fortement qu'on offre plus de services à domicile pour les personnes malades ou âgées à faible revenu; 62 %, qu'on augmente le nombre de refuges pour les sans-abri; et 56 %, qu'on hausse les budgets de recherche sur la santé et les événements climatiques extrêmes. Par ailleurs, 60 % des participants voulaient fermement qu'on adopte au moins deux de ces trois solutions, particulièrement les femmes, les aînés, les allophones, les non-travailleurs, les personnes défavorisées économiquement, les gens vivant seuls, les non-utilisateurs d'une automobile, les résidants en appartement, les personnes atteintes d'un problème de santé chronique ou qualifiant leur état de santé mauvais; bref, divers sous-groupes de personnes plus susceptibles de rencontrer des conditions sociales et économiques défavorables à l'adaptation aux vagues de chaleur ou autres événements climatiques extrêmes. Or, le choix de se relocaliser n'existe tout simplement pas pour plusieurs de ces personnes. Conséquemment, il serait souhaitable d'intégrer le développement d'interventions terrain concrètes aux plans d'action des diverses instances décisionnelles, notamment dans certains quartiers urbains.

De la collectivité à l'individu

Dans cette étude, les stratégies d'atténuation des GES ou d'adaptation aux changements climatiques interpellant les gouvernements, les municipalités ou encore les institutions apparaissent plus populaires que les stratégies touchant directement les individus. Diverses raisons pourraient expliquer cet état de choses. De fait, certains auteurs suggèrent que la population pourrait se sentir impuissante face à un problème global d'une telle envergure si bien qu'elle s'en remettrait aux gouvernements et aux industries pour qu'ils trouvent les solutions appropriées. D'aucuns ajoutent qu'en agissant ainsi, la population se sentirait moins concernée et moins encline à modifier son comportement. Par ailleurs, il semblerait que la majorité des citoyens supporteraient les initiatives nationales et internationales en autant qu'elles ne demandent pas un changement significatif de leur style de vie ou le sacrifice de leur confort pour le bien collectif et en autant que cela ne leur coûte pas un sou. Enfin, la majorité aurait aussi un fort attachement au statu quo et risquerait davantage pour éviter une perte que pour obtenir un bénéfice.

Actuellement, peu de choses seraient connues sur les processus cognitifs sous-jacents à l'adoption de comportements préventifs dans un contexte environnemental aux multiples facettes (de la sécheresse aux inondations), dimensions (du local à l'international) et vulnérabilités (des individus aux collectivités, en passant par les institutions). De même, on ne sait trop qui veut le statu quo et qui ne veut réellement pas payer. Répondre à ces questions contribuerait assurément à l'avancement des connaissances dans le domaine des changements climatiques. Ceci étant dit, on ne part quand même pas de zéro. De fait, il est actuellement reconnu que pour être effectives, les mesures d'adaptation sur le plan individuel doivent être considérées conjointement à des changements sociétaux et institutionnels; qu'un leadership canadien soutenu est nécessaire et attendu pour assurer que tout le monde joue selon les mêmes règles; que la contribution individuelle (p. ex. : comportements, responsabilité) aux changements climatiques a été insuffisamment présentée dans les médias canadiens de 1990 à 2004; et que les années de maintien de l'intérêt médiatique sont caractérisées par une emphase sur les débats et les incertitudes plutôt que sur les conséquences de ces changements. Puisque les médias renforcent les représentations individuelles et contribuent à leur amplification, il serait donc des plus urgents que le Centre québécois d'actions sur les changements climatiques, les chercheurs, les journalistes, les gestionnaires municipaux et de la santé publique, bref toute personne jouant un rôle-clé dans ce dossier recentre le débat des changements climatiques à la fois sur leurs conséquences (incluant les coûts directs et indirects qui leur sont déjà associés, notamment dans le secteur de la santé) et sur les actions concrètes qu'on peut entreprendre dès maintenant pour atténuer les GES. De tels efforts d'éducation et de communication pourraient potentiellement engendrer rapidement des résultats. À ce propos relevons que plus les répondants de la présente étude croyaient en la contribution des causes anthropiques, plus ils avalisaient un nombre élevé de stratégies d'atténuation des GES ou d'adaptation aux changements climatiques.

Auteur(s): 

Sujet(s): 

Type de publication: 

ISBN (électronique): 

978-2-550-49653-3

ISBN (imprimé): 

978-2-550-49652-6

Notice Santécom: