Exploration des paramètres utiles à l’élaboration d’un modèle pharmacocinétique-pharmacodynamique à base physiologique préliminaire pour le THC et identification d’outils disponibles

Une meilleure compréhension de la relation entre le contenu des produits du cannabis, les caractéristiques individuelles des usagers et les différents effets engendrés est essentielle pour permettre une meilleure évaluation du risque propre à différents produits, différentes pratiques ou différents types d’usagers. Un modèle pharmacocinétique-pharmacodynamique pourrait être utile en ce sens. Dans le but d’identifier les paramètres clés pour le développement d’un modèle permettant de prédire les concentrations du THC dans l’organisme et l’effet psychoactif associé, ce document répertorie les données pharmacocinétiques et pharmacodynamiques du THC chez l’humain. 

La revue de la littérature a permis de déterminer que le THC est plus rapidement absorbé lorsqu’il est administré par la voie d’inhalation (fumé ou vaporisé), comparativement à la voie orale (buccale, oropharyngée ou sublinguale). Plusieurs facteurs ont été rapportés comme influençant la disponibilité du THC dans l’organisme, dont le type de consommateurs (fréquents c. occasionnels), le sexe, l’âge, les conditions médicales et la génétique. Le type de produits utilisés et la manière de les consommer conditionnent également l’absorption du THC dans le corps. La biodisponibilité du THC semble varier avec la co-administration de CBD, selon les modes d’administration et les concentrations utilisées. 

Le THC se distribue principalement dans les tissus adipeux et les tissus fortement vascularisés (poumons, cœur, foie, reins). Le THC peut-être excrété dans sa forme inchangée, principalement dans les selles et dans l’urine, ou métabolisé par le foie en un composé également psychoactif, l’hydroxytétrahydrocannabinol (11 OH THC). Ce métabolite est retrouvé en proportion plus importante lorsque le THC est consommé oralement. Il pénètre aussi plus rapidement dans le cerveau, comparativement au THC. Les métabolites du THC sont excrétés principalement dans les selles et dans l’urine. 

Bien que l’effet d’euphorie (high) soit rapporté comme moins intense pour une dose orale qu’une dose inhalée, le rapport entre l’intensité de l’effet et la concentration maximale de THC dans le sang est plus élevé pour la voie orale. La proportion plus grande de 11 OH THC formé par cette voie expliquerait cette différence. De plus, il a été observé que les effets psychoactifs peuvent varier selon le type de consommateur, le sexe, l’âge, mais également l’état de santé de la personne.  

Les modèles existants rapportés dans la littérature tendent à inclure un nombre limité de facteurs pouvant influencer le devenir du THC dans l’organisme. À ce jour, aucun des modèles identifiés ne permet d’estimer les effets associés à une dose d’exposition donnée pour un produit de cannabis, tout en considérant les variations possibles du mode de consommation et les paramètres individuels cités plus hauts. Cependant, les données disponibles sembleraient suffisantes pour permettre le développement d’un modèle préliminaire spécifique pour le THC, et permettraient de tenir compte de certains facteurs comme l’âge, le sexe, le poids, la fréquence d’usage et le mode de consommation.

Exploration des paramètres utiles à l’élaboration d’un modèle pharmacocinétique-pharmacodynamique à base physiologique préliminaire pour le THC et identification d’outils disponibles
Auteur(-trice)s
Axelle Marchand
M. Sc., conseillère scientifique, Direction de la santé environnementale et de la toxicologie
Type de publication
ISBN (électronique)
978-2-550-97377-5
Date de publication