Portrait de la maladie de Lyme au Québec : 2006-2019

Faits saillants

Au Québec, la maladie de Lyme est une maladie à déclaration obligatoire depuis 2003 et à partir de 2015, elle fait l’objet d’une surveillance intégrée, incluant les volets de surveillance humaine et de surveillance acarologique (passive et active). Ce rapport présente un portrait épidémiologique de la maladie de Lyme au Québec pour la période de 2006 à 2019.

L’analyse des données a permis de dégager les constats suivants :

Surveillance humaine

  • La maladie de Lyme est bien présente au Québec, mais concentrée au sud de la province, notamment en Estrie et en Montérégie.
  • En Estrie, le risque est particulièrement présent à l’ouest de la région. Deux territoires du Réseau local de services (La Pommeraie et Haute-Yamaska) se démarquent par les taux d’incidence les plus élevés de la province, avoisinant ceux des États américains les plus endémiques pour la maladie de Lyme. Ces deux territoires se démarquent également par une forte croissance du taux d’incidence au fil du temps.
  • La Montérégie représente la deuxième région la plus affectée par la maladie de Lyme au Québec. À l’inverse de l’Estrie, le risque est très dispersé en Montérégie avec plusieurs municipalités endémiques pour la maladie de Lyme.
  • La progression géographique observée dans le temps suggère que le risque d’acquisition de maladie de Lyme est en continuelle évolution sur le territoire québécois. C’est le cas par exemple du sud-ouest de l’Outaouais et de la Mauricie et-Centre-du-Québec qui ont enregistré une augmentation du nombre de cas, avec quelques municipalités endémiques au cours des dernières années de l’étude.
  • La maladie de Lyme est plus fréquente chez les hommes, les jeunes de moins de 15 ans et les personnes de 60-69 ans. Il serait donc important que les autorités de santé publique ciblent davantage les groupes à risque élevé pour accroître leur vigilance et mieux orienter les stratégies préventives.
  • Le caractère saisonnier des cas de maladie de Lyme observé au Québec reflète la période d’activité des tiques Ixodes scapularis (I. scapularis) (principal vecteur de la maladie au Québec) entre les mois d’avril et novembre, combinée à une fréquence plus élevée des activités humaines de plein air pendant cette période.
  • Le fait que l’apparition des symptômes des cas peut survenir en dehors de cette période à risque devrait être considéré par les professionnels de la santé, qui ne devraient pas exclure le diagnostic de la maladie de Lyme en présence de manifestations cliniques compatibles.

Surveillance acarologique passive

  • Les données de surveillance passive sont disponibles pour la période de 2009 à 2019. Ces données indiquent que le nombre de tiques I. scapularis prélevées sur des humains est en croissance et en expansion géographique au Québec, avec une évolution temporelle similaire à celle des cas humains.
  • L’ouest de l’Estrie s’est démarqué par le nombre élevé d’I. scapularis d’origine humaine, ainsi qu’une progression plus importante du taux de soumission des tiques par 100 000 habitants. La prévalence de Borrelia burgdorferi (B. burgdorferi) (agent pathogène responsable de la maladie de Lyme en Amérique du Nord) dans les tiques humaines était aussi plus élevée dans ce secteur, reflétant ainsi le risque élevé chez les cas humains.
  • Le sud-ouest de l’Outaouais s’est aussi démarqué par une importante croissance du nombre d’I. scapularis d’origine humaine soumises au cours des dernières années de l’étude.

Surveillance acarologique active

  • Les données de surveillance active sont disponibles pour la période de 2010 à 2019. Au cours de cette période, des I. scapularis ont été collectées dans près de la moitié des sites visités. La présence des trois stades de développement de la tique (larve, nymphe et adulte) la même année, indiquant l’établissement de la tique sur un territoire, a été documentée dans 9 % des sites et la présence de B. burgdorferi a été documentée dans 12 % des sites visités.
  • La densité moyenne des tiques (nymphes et adultes) a été estimée dans les sites principaux échantillonnés entre 2015 et 2019. La densité des tiques a largement varié d’un site à l’autre. Cette variation dépend entre autres du choix de l’emplacement des sites et du moment de la collecte.
  • Les sites principaux situés dans les zones endémiques pour la maladie de Lyme présentaient les densités moyennes de tiques (nymphes et adultes) et les densités moyennes de tiques positives à B. burgdorferi les plus élevées.

Autres agents pathogènes transmis par I. scapularis

  • Des agents pathogènes responsables d’autres maladies également transmises par I. scapularis sont présents au Québec. Une augmentation de la proportion des tiques infectées par ces pathogènes est possible et devrait suivre l’établissement des populations de tiques I. scapularis.
  • Les données de la surveillance acarologique passive et active montrent qu’Anaplasma phagocytophilum et de façon moins importante, Babesia microti, suivent la distribution temporelle de B. burgdorferi.
  • Tout au long de la période à l’étude, quelques tiques positives à Borrelia miyamotoi ont été détectées et aucune tique positive au virus de Powassan n’a été rapportée.
Portrait de la maladie de Lyme au Québec : 2006-2019

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ISBN (électronique): 

978-2-550-91312-2

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