À l’intersection des définitions de langues : portrait des communautés linguistiques au Québec et dans les réseaux territoriaux de services en 2016

Les centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) et les centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS), qui sont au cœur des vingt-deux réseaux territoriaux de services (RTS), sont responsables d’assurer la prestation de soins et de services, incluant le volet santé publique. Ils ont donc la responsabilité d’être en mesure de communiquer avec la population qu’ils desservent. Or, certaines personnes en situation de minorité linguistique font face à des obstacles importants de nature communicationnelle.

Dans ce rapport, les variables « langue maternelle », « langue parlée à la maison » et « connaissance des langues officielles » du recensement 2016, ainsi que leur croisement, ont été analysées pour l’ensemble de la population du Québec et des RTS.

De façon globale, ce rapport confirme la présence de certaines barrières linguistiques et témoigne d’une hétérogénéité des communautés linguistiques minoritaires desservies par les établissements des RTS.

Portrait général

  • En 2016, le Québec est composé de 78 % de francophones définis selon la langue maternelle ou 81 % selon la langue parlée à la maison. Les anglophones et les allophones sont en situation de minorité linguistique : environ 10 % parlent anglais à la maison, alors que 7 % y parlent une langue autre que le français ou l’anglais.
  • Près de 95 % de la population québécoise peut soutenir une conversation en français, ce qui laisse 5,5 %, soit 454 000 personnes, qui ne peut s’exprimer en français. Ces personnes sont réparties sur l’ensemble du territoire québécois.

Correspondance entre la langue maternelle et la langue parlée à la maison

  • Pour l’ensemble du Québec, la concordance est élevée entre la langue maternelle et la langue parlée le plus souvent à la maison chez les francophones (94 %) et les allophones (93 %).
  • Le portrait est plus hétérogène pour les personnes qui parlent le plus souvent anglais à la maison, puisque la concordance avec leur langue maternelle est de 65 %. Le quart d’entre elles (24 %) sont de langue maternelle non officielle, alors que les autres sont de langue maternelle française (9 %) ou bilingues français-anglais (2 %).

Transferts linguistiques

  • Il y a davantage de personnes parlant le français à la maison qu’il y a de personnes qui ont le français comme langue maternelle. C’est ce qu’on appelle un transfert linguistique. Cette situation est également observée pour les personnes parlant l’anglais à la maison. Cela laisse supposer, entre autres, que certaines personnes de langue maternelle allophone adoptent le français ou l’anglais comme langue parlée à la maison.

Connaissance des langues officielles et correspondance avec la langue parlée à la maison

  • 30 % des anglophones selon la langue parlée à la maison, soit 255 000 personnes, ne peuvent s’exprimer qu’en anglais.
  • 13 % des allophones du Québec (environ 75 000 personnes) ne savent parler ni le français ni l’anglais.
  • Les minorités linguistiques ne pouvant s’exprimer en français résident majoritairement dans les RTS de Montréal, de Laval et de la Montérégie, mais sont présentes dans tous les RTS de la province (voir les deux cartes, section 3.2.2).
À l’intersection des définitions de langues : portrait des communautés linguistiques au Québec et dans les réseaux territoriaux de services en 2016

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ISBN (électronique): 

978-2-550-84930-8 et 978-2-550-62942-9 (ensemble)

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