Surveillance provinciale des diarrhées à Clostridium difficile (DACD) – Typage des souches de C. difficile causant la DACD au Québec, 2005-2015

Un programme obligatoire de surveillance provinciale des diarrhées à Clostridium difficile (DACD) a commencé en août 2004 sous un mandat du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) confié à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). En complément à cette surveillance, une surveillance provinciale des souches de C. difficile a permis de suivre l’évolution temporelle et géographique des profils moléculaires des souches circulantes au Québec. Ce rapport de surveillance présente le portrait global de l’épidémiologie des souches de C. difficile provenant de patients ayant une DACD d’origine nosocomiale de 2004-2005 à 2014-2015 dans l’ensemble des installations de soins aigus participantes au programme de surveillance des DACD du Québec. Les faits saillants de ce rapport sont les suivants :

  • Au niveau provincial, la fréquence annuelle des souches NAP1 est restée stable et oscille entre 57 % et 68 % des souches identifiées entre 2004-2005 et 2014-2015.
  • Au début de la surveillance, la souche NAP1 était concentrée sur quelques installations et induisait des taux d’incidence des DACD nosocomiales élevées. Cette tendance a évolué avec le temps vers un plus grand nombre d’installations ayant des cas de DACD causés par d’autres souches moins virulentes que la NAP1.
  • Durant les deux premières années de surveillance, le pourcentage de souche NAP1 était élevé dans les régions de l’Estrie, de Montréal et des Laurentides avant de se propager dans la région de la Capitale-Nationale, puis, les années subséquentes, vers l’est de la province.
  • Les régions qui ont le pourcentage de souche NAP1 le plus élevé sont les régions de Montréal, de l’Abitibi-Témiscamingue, de Lanaudière et des Laurentides.
  • Les principaux facteurs contributifs à un taux d’incidence élevé des DACD nosocomiales sont la taille des installations (notamment les installations de plus de 100 lits), la prédominance de la souche NAP1 et la mission universitaire des installations. Quant à elle, la proportion de clientèle admise de 65 ans et plus n’a pas d’impact sur les taux d’incidence des DACD nosocomiales, sauf pour les installations non universitaires de moins de 100 lits.
  • Le pourcentage de souche NAP1 varie peu d’un regroupement d’installation à l’autre basé sur les caractéristiques d’installations de taille, de mission et de clientèle. Ce pourcentage oscille entre 57,5 % à 68,5 % sauf pour les installations pédiatriques qui ont un pourcentage de souche NAP1 de 10 %.
  • La létalité à 30 jours pour les patients infectés par la souche NAP1 est supérieure à celle des patients infectés par d’autres souches que NAP1. 
Auteur(-trice)s
Claude Tremblay
Direction de la santé publique de la Montérégie
Jasmin Villeneuve
M.D., Direction des risques biologiques et de la santé au travail, Institut national de santé publique du Québec
Type de publication
ISBN (électronique)
978-2-550-82227-1
Notice Santécom
Date de publication