La dentition d’une personne subit plusieurs attaques au fil des années et les effets sont inévitablement perceptibles chez les personnes âgées. Une mauvaise santé buccodentaire chez les aînés est en grande partie attribuable à la carie et aux maladies parodontales. Or, la santé buccodentaire d’une personne est en lien avec différentes composantes de sa santé globale. L’objectif de la présente étude est de décrire la santé buccodentaire des Québécois âgés de 65 ans et plus, à l’aide des données de l’ESCC – Vieillissement en santé (2008-2009), et de vérifier les liens avec l’alimentation, le risque nutritionnel, le poids corporel et le tabagisme, sans oublier les facteurs socioéconomiques.

L’absence de dents naturelles et le port de prothèses dentaires : des phénomènes répandus en 2008-2009

Près de la moitié des aînés québécois ont déclaré n’avoir aucune dent naturelle. La proportion d’aînés édentés augmente significativement avec l’âge, passant de 40 % chez les 65-74 ans à 70 % chez ceux âgés de 85 ans et plus. Le port de prothèses dentaires est un phénomène répandu chez les aînés du Québec puisque les trois quarts d’entre eux en portent.

Une perception de la santé buccodentaire qui diffère selon les caractéristiques socioéconomiques

Près d’un aîné sur dix perçoit négativement sa santé buccodentaire et cette perception s’accentue avec l’âge ou si les aînés vivent dans des ménages moins scolarisés, à très faible revenu ou s’ils sont immigrants. Toutefois, les aînés qui vivent avec un conjoint sont plus nombreux à avoir une perception positive de leur santé buccodentaire comparativement à ceux vivant seuls ou selon d’autres modalités.

Les habitudes de brossage des dents et d’utilisation de la soie dentaire chez les aînés

Près de sept Québécois sur dix âgés de 65 ans et plus ont l’habitude de se brosser les dents au moins deux fois par jour. Cette habitude est plus fréquente chez les femmes par rapport aux hommes mais ne varie pas avec l’âge. Par ailleurs, l’utilisation de la soie dentaire au moins une fois par jour chez les aînés ayant des dents naturelles n’est pas une habitude d’hygiène buccodentaire répandue puisque seulement 41 % d’entre eux l’utilisent et ce sont principalement les femmes qui le font comparativement aux hommes. Notons aussi que l’utilisation de la soie dentaire diminue de façon marquée avec l’âge et varie aussi en fonction des caractéristiques socioéconomiques des aînés.

La visite chez un professionnel dentaire : variable selon l’âge ou la situation socioéconomique des aînés

En 2008-2009, un peu plus de la moitié des aînés québécois ont déclaré que leur dernière visite chez un professionnel dentaire remontait à moins de deux ans. De plus, seulement le tiers des aînés de 85 ans et plus en avaient visité un au cours de la même période. La visite d’un professionnel dentaire varie fortement selon les caractéristiques socioéconomiques des aînés, notamment selon le niveau de scolarisation et de revenu du ménage, le lieu de résidence ainsi que le statut d’immigrant.

Les liens de la santé buccodentaire des aînés avec certaines habitudes de vie ou problèmes de santé

Un Québécois sur dix âgé de 65 ans et plus s’abstient de manger des aliments à cause de problèmes buccaux et cette abstention est plus fréquente chez les aînés totalement édentés. De plus, les aînés qui évitent parfois, ou souvent, des aliments à cause de problèmes à la bouche sont moins enclins à consommer quotidiennement 5 portions ou plus de fruits et de légumes et ils présentent un risque nutritionnel élevé. Les fruits et les légumes sont également moins consommés par les personnes n’ayant pas de dents naturelles.

L’absence de dents naturelles ne semble pas avoir de lien avec le statut pondéral des aînés ni avec la variation récente de leur poids (derniers 6 mois). Par contre, les aînés fumeurs réguliers sont plus nombreux à être édentés que les non-fumeurs. Enfin, soulignons que les aînés qui présentent simultanément cinq habitudes de vie saines sont plus nombreux à percevoir leur santé buccodentaire comme bonne ou excellente.

En conclusion, la santé buccodentaire des aînés québécois demeure préoccupante, notamment au regard du taux élevé d’aînés qui n’ont aucune dent naturelle. Toutefois, le nombre d’aînés ayant des dents naturelles devrait continuer de s’accroître au cours des prochaines décennies, ce qui est fortement souhaitable puisque cela permettra à plusieurs de mieux s’alimenter et, vraisemblablement, d’améliorer leur santé globale. 

Auteur(s): 

Sujet(s): 

Collection: 

Type de publication: 

ISBN (électronique): 

978-2-550-75073-4

ISBN (imprimé): 

978-2-550-75072-7

ISSN (électronique): 

2367-9646

ISSN (imprimé): 

2367-9638

Notice Santécom: