Les résultats de la recherche Ados 12-14 permettent de mieux comprendre le rôle du contexte socioculturel dans la formation et l'évolution des habitudes de vie des adolescents québécois, dans une perspective de prévention de l'obésité et des problèmes liés au poids. Cette recherche qualitative a consisté principalement à recueillir les perceptions des jeunes sur les facteurs socioculturels de leur environnement, en lien avec l'alimentation, l'activité physique et l'image corporelle.

Les chercheurs ont mené des entrevues individuelles auprès de 50 adolescentes et adolescents de 12 à 14 ans, inscrits dans quatre écoles secondaires réparties dans quatre régions du Québec. Les questions portaient par exemple sur le contexte des repas à la maison et à l'école, sur le contexte des activités physiques organisées ou libres, de même que sur les rapports avec les personnes de l'entourage dans ces divers contextes. Les constats de la recherche fournissent des exemples de l'influence de divers facteurs socioculturels sur les attitudes et les comportements des adolescents, permettant de mieux comprendre la nature de cette influence. Cette compréhension pourrait être mise à profit pour améliorer les actions de promotion des saines habitudes de vie auprès des adolescents.

  • On peut inférer des propos recueillis auprès des adolescents que ceux-ci sont quotidiennement mis en présence d'une contradiction flagrante entre le discours ambiant sur l'« alimentation santé » (entre autres à l'école et dans leur famille) et un environnement alimentaire commercial organisé pour promouvoir en premier lieu une suralimentation et une alimentation malsaine.
  • À l'école, le repas de midi tel que décrit par les jeunes est fortement marqué par les dynamiques sociales adolescentes. Le contexte du repas scolaire peut être difficile pour les jeunes dont le réseau social est faible (on ne veut pas manger seul, on a peur d'être mal accepté ou rejeté…).
  • Les jeunes perçoivent l'importance du discours santé dans l'environnement social. Toutefois, leurs propos sur la saine alimentation sont souvent confus et ils retiennent surtout les messages alarmistes (dangers de contamination des aliments, risque d'être malade, peur de grossir…).
  • Pour la plupart des jeunes, l'activité physique est vue avant tout comme une occasion de sociabilité, un moyen de se faire des amis. Les jeunes qui éprouvent des difficultés dans leurs relations sociales ont moins de possibilités d'être actifs et se trouvent pris dans un cercle vicieux.
  • Les contextes formels d'activité physique (équipe sportive organisée, cours d'éducation physique…) exposent certains jeunes, surtout les moins performants, à des situations qui peuvent nuire à leur estime de soi et leur faire vivre des expériences négatives en activité physique et sportive. Les contextes informels permettent un meilleur rapport à l'activité physique pour une partie des adolescents, en particulier pour les jeunes filles.
  • Les normes sociales sur l'image du corps, telles qu'internalisées chez les adolescents, sont reliées à la fois aux pratiques alimentaires et aux pratiques du domaine de l'activité physique.
  • Les propos recueillis auprès des jeunes font ressortir l'urgence d'améliorer la cohérence entre, d'une part, le discours social valorisant la santé et, d'autre part, les environnements qui nous conditionnent, dont l'environnement socioculturel.

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Vous pouvez également consulter le TOPO associé à ce document : Environnement socioculturel et habitudes de vie des adolescents : mieux comprendre pour mieux agir.

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ISBN (électronique): 

978-2-550-69969-9

ISBN (imprimé): 

978-2-550-69968-2

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