Les enfants atteints de la COVID-19 s’en sortent mieux que les adultes

Un rapport d’analyse des données québécoises des cas de COVID-19 lors de la 2e vague démontre que le profil de gravité de la COVID-19 chez les enfants demeure beaucoup plus favorable que chez les adultes.

La publication Portrait de la COVID-19 parmi les enfants du Québec : du 23 août 2020 au 20 mars 2021 de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) dresse un portrait bien différent de la pandémie chez les enfants lors de la deuxième vague comparativement à la première vague, où ils étaient majoritairement confinés à la maison.

Du 23 août au 20 mars 2021, 46 299 cas de COVID-19 ont été déclarés chez les enfants et jeunes de moins de 18 ans, soit 19 % de l’ensemble de tous les cas documentés, comparativement à 6 % lors de la première vague.

« Lorsqu’ils sont exposés au virus, les enfants et les adultes ont la même probabilité de développer la maladie, explique Isabelle Rouleau, épidémiologiste à l’INSPQ et autrice de l’étude. Le risque d’acquisition est donc similaire. Mais on observe que le profil de gravité de la COVID-19 chez les enfants demeure beaucoup plus favorable que chez les adultes, même pour les enfants atteints de maladies chroniques. La proportion d’enfants et de jeunes de moins de 18 ans hospitalisés demeure faible. Nous avons recensé 139 hospitalisations, soit 1 % de toutes les hospitalisations et aucun décès n'avait été répertorié durant les deux premières vagues. »

Dès le début de septembre 2020, avec la reprise de plusieurs secteurs d’activité économique et la rentrée scolaire pour des milliers de jeunes étudiants, l’incidence de la COVID-19 a augmenté dans tous les groupes d’âge, mais plus rapidement chez les jeunes d’âge secondaire (12-17 ans) et les adultes (18‑64 ans). 

Comment expliquer que la COVID-19 a frappé davantage les les adolescents comparativement aux enfants plus jeunes? Le portrait des éclosions confirme que les adolescents ont été plus touchés que les enfants et que l’impact s’est aussi fait ressentir en milieu scolaire. La proportion des écoles secondaires qui se trouvaient en situation d’éclosion est demeurée systématiquement plus élevée qu’au niveau primaire, soit 22 % au secondaire et 14 % au primaire. Les éclosions liées à des écoles secondaires comportent aussi en moyenne davantage de cas qu’au primaire.

« Pour parler d’une éclosion en milieu scolaire, il faut que la transmission, c’est-à-dire le lien entre les cas, soit expliqué par la fréquentation de l’école, et non par d’autres contacts en dehors de l’école, explique Manon Blackburn, médecin spécialiste à l’INSPQ et collaboratrice à la rédaction du rapport. Or, les adolescents peuvent se fréquenter en dehors de l’école. Ils sont aussi plus susceptibles d’occuper un emploi et certains peuvent avoir été infectés à l’occasion de leur travail. Les sources d’expositions sont donc plus diversifiées au secondaire qu’au primaire, ce qui augmente le nombre de cas et aussi le risque d’introduire le virus dans le milieu. »

Globalement, les écoles et les milieux de garde sont relativement sécuritaires lorsque les mesures de prévention et de contrôle des infections qui sont recommandées sont mises en place. Le respect des consignes sanitaires en tout temps et en tous lieux protège tout le monde et permet aux enfants de continuer leurs apprentissages tout en minimisant les risques de transmission dans ces milieux.

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