Impact du programme d'immunisation par le vaccin pneumococcique conjugué heptavalent (VPC-7), au Québec, Canada

En décembre 2004, le ministère de la Santé et des Services Sociaux du Québec implantait un programme universel d'immunisation contre le pneumocoque avec le vaccin pneumococcique conjugué heptavalent (VPC-7). Le calendrier comprend 3 doses plutôt que les 4 recommandées par le fabricant. L'objectif du projet actuel consiste à évaluer l'impact de ce programme sur les infections invasives à pneumocoque (IIP). Il comporte une mesure de la couverture vaccinale, un suivi continu d'indicateurs de surveillance et une mesure de l'efficacité vaccinale. Cinq sources d'information serviront à évaluer l'impact du programme soit une étude de la couverture vaccinale, les déclarations d'IIP dans le fichier des maladies à déclaration obligatoire, les données de surveillance en laboratoire et les données d'hospitalisations ainsi que celles recueillies au cours de l'enquête cas-témoins servant à estimer l'efficacité vaccinale. Le projet est d'une durée totale de 10 ans (2005 à 2014). Les données présentées dans ce rapport couvrent les moins de 5 ans pendant les deux premières années après l'implantation du programme, soit les années 2005 et 2006.

Parmi les participants à l'étude sur la couverture vaccinale, la vaccination a déjà été complétée pour 87,3 % de la première cohorte admissible au programme universel et 73,0 % de la cohorte admissible au rattrapage a reçu le nombre de vaccins recommandés pour l'âge. En 2006, les cas déclarés dans le fichier des maladies à déclaration obligatoire ont diminué d'environ 67 % par rapport à 2004. Simultanément, la tendance à la hausse des résistances aux antibiotiques a été freinée et même parfois renversée, ce qui peut s'expliquer par une plus grande prépondérance des souches non vaccinales, plus sensibles aux antibiotiques. Il existe des indices d'un phénomène de remplacement de certains sérotypes par d'autres non couverts par le VPC-7. On note de plus une baisse des hospitalisations pour infections pneumococciques (IP, principalement des pneumonies et bactériémies), qui augmentaient graduellement depuis 1989, mais qui, depuis 2003-2004, ont tendance à diminuer (baisse de 67 % en 2005-2006 par rapport à 1999-2002). Le VPC-7 pourrait certainement expliquer une partie de la baisse constatée. Le monitorage des échecs vaccinaux n'a identifié aucun cas causé par une souche vaccinale chez les individus ayant reçu 3 ou 4 doses et l'efficacité estimée d'une dose ou plus étant de 85 %, en ajustant pour l'âge et l'année de survenue du cas.

En conclusion, les premiers résultats concernant l'efficacité du programme sont tout à fait rassurants et la réduction marquée de l'incidence des IIP dans la population cible peut être expliquée en grande partie par l'utilisation du VPC-7. Il faudra toutefois expliquer davantage la baisse visible avant l'implantation du programme universel. D'autres analyses seront nécessaires pour vérifier l'impact du programme sur l'épidémiologie des pneumonies et poursuivre la surveillance des indicateurs décrits ici, afin de détecter un éventuel remplacement des souches vaccinales par d'autres, une remontée des résistances aux antibiotiques, un impact du programme sur d'autres segments de la population ou sur d'autres types d'infections causées par le pneumocoque, des fluctuations dans la couverture vaccinale et préciser davantage l'efficacité relative de différents calendriers de vaccination.

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ISBN (électronique): 

978-2-550-50821-2

ISBN (imprimé): 

978-2-550-50820-5

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