Surveillance des maladies infectieuses chez les utilisateurs de drogue par injection : épidémiologie du VIH de 1995 à 2005 / Épidémiologie du VHC de 2003 à 2005

Au 30 juin 2005, 16 111 questionnaires avaient été administrés à 9 596 individus (tableau 1).

Les trois quarts sont des hommes (7 038/9 596). L'âge moyen chez les hommes est de 33,5 ans. L'âge moyen des femmes est de 28,5 ans (tableau 1).

Peu sont scolarisés, un sur quatre (486/1 987) seulement ayant terminé son cours secondaire (tableau 3; données 2003-2004).

La cocaïne est la drogue dont l'injection est la plus répandue (88 % des 9 588 répondants en avaient fait usage); l'héroïne suit avec 35 % (tableau 5). La cocaïne est aussi la drogue la plus souvent injectée par 74 % (7 010/9 522) des participants (tableau 10).

L'usage des drogues injectées varie beaucoup d'une région à l'autre (tableau 5). Si la cocaïne est la drogue la plus répandue dans toutes les régions (83 à 97 % des répondants dans chaque région), l'injection d'héroïne est particulièrement répandue à Montréal (51 % des 4 253 répondants) et celle de dilaudid à Québec, en Mauricie/Centre du Québec, à Ottawa et Montréal (de 11 à 12 %). L'injection de morphine non prescrite est beaucoup plus répandue à Ottawa (36 % des 1 528 répondants) et celle de PCP au Saguenay / Lac St-Jean (27 % des 192 répondants).

On remarque des différences importantes concernant les drogues injectées selon l'âge (tableau 7). L'injection d'héroïne par exemple est rapportée par 57 % des UDI de 24 ans et moins (1 466/2 558) et par 27 % des UDI plus âgés (1 798/6 768).

Les personnes recrutées font aussi usage de drogues non injectées (tableau 6; données 2003-2005). Parmi 2 035 répondants, 81 % rapportent avoir consommé de l'alcool, 77 % du cannabis, 60 % ont fumé du crack et la moitié ont inhalé de la cocaïne (52 %). Si l'usage d'alcool et de cannabis est très répandu dans chacun des sites de recrutement, celui des autres drogues non injectées varie (tableau 6; données 2003-2005). L'usage de PCP n'est rapporté, par exemple, que par 9 % des UDI recrutés à Ottawa (25/298) mais par 48 % de ceux de l'Abitibi/Témiscamingue (12/25).

Parmi les drogues consommées autrement que par injection (tableau 8), on observe que l'alcool, le PCP, le cannabis et les amphétamines semblent plus populaires chez les 24 ans et moins et que les benzodiazépines le sont davantage chez les plus âgés. La cocaïne, le crack et le dilaudid sont toutes trois consommées par des proportions comparables de participants des deux groupes d'âge (tableau 8; données 2003-2005).

Le lieu d'injection des six derniers mois qui a été mentionné par le plus grand nombre d'UDI recrutés est l'appartement (48 %). La rue vient au second rang avec 16 % (258/1 585) des UDI recrutés (tableau 15; données 2003-2005).

Le niveau de risque comportemental est en général plus élevé chez les UDI urbains, tant au niveau de la consommation de drogues (tableau 16) qu'au plan sexuel (tableau 20). Les UDI urbains sont par exemple plus souvent des UDI de longue date, plus réguliers dans leur consommation et plus enclins à s'injecter avec des inconnus. Les hommes recrutés en milieu urbain rapportent aussi plus souvent des relations homosexuelles tandis que les femmes rapportent plus souvent des activités de prostitution.

Toutefois, l'injection avec des seringues et du matériel déjà utilisés par d'autres est plus fréquente chez les UDI des milieux semi-urbains. Ils se procurent aussi plus souvent ces seringues et autres matériels principalement auprès d'inconnus (tableau 16).

L'utilisation du condom, tant par les femmes (tableau 18) que par les hommes (tableau 19), reste trop peu fréquente pour être protectrice (que ce soit avec les partenaires réguliers, occasionnels ou de prostitution).

Près d'un homme sur 10 (630/6 991) et près d'une femme sur deux (954/2 268) rapportent avoir eu des activités de prostitution (tableaux 18 et 19).

La prévalence du VIH est de 15 % (1 396/9 523). Chez les 40 ans et plus, un individu sur quatre est déjà infecté (tableau 21).

La prévalence du VHC est de 64 % (1 278/2 003). Chez les 40 ans et plus, quatre individus sur cinq sont déjà infectés (tableau 22; données 2003-2005).

La prévalence du VIH est la plus élevée, à près de 20 %, à Montréal, à Ottawa et en Outaouais (tableau 23).

La prévalence du VHC est de 65 % (IC 95 % = 63-67 %) en milieu urbain et de 55 % (IC 95 % = 49-61 %) en milieu semi-urbain (tableau 25; données 2003-2005).

L'incidence du VIH est de 3,4 pour 100 personne-années (PA). Elle est de 4,3 par 100 PA à Ottawa/Hull, de 4,2 par 100 PA à Montréal, de 2,5 par 100 PA à Québec et de 1,8 par 100 PA dans les programmes semi-urbains (tableau 33).

L'incidence du VHC est de 42,8 par 100 PA (IC 95 % = 31-55 par 100 PA). Elle est de 57,1 par 100 PA à Montréal (IC 95 % = 38-76 par 100 PA) et de 50,1 par 100 PA chez les UDI recrutés en milieux urbains (IC 95 % = 35-65 par 100 PA).

Parmi ceux que nous avons trouvés infectés par le VIH, 89,2 % (307/344) sont aussi infectés par le VHC. À l'inverse, 24,3 % (307/1263) de ceux trouvés infectés par le VHC sont aussi infectés par le VIH (tableau 26, données 2003-2005). Parmi l'ensemble, 34,6 % (687/1 987) ne sont infectés ni par le VIH ni par le VHC.

Les taux d'incidence du VIH ont constamment baissé pour l'ensemble du réseau jusqu'en 2001 (figure 2). Depuis, une augmentation est observée à Québec (depuis 2002) et à Montréal (depuis 2001). Toutefois, l'augmentation à Montréal observée entre 2001 et 2004 est statistiquement significative.

L'emprunt de seringues demeure le facteur de risque principal associé à la transmission du VIH (valeurp= 0,002). La cocaïne comme drogue la plus souvent injectée (valeur-p<0,001), le fait de s'injecter avec des inconnus (valeur-p=0,073), un âge plus avancé (25 ans et plus, valeur p=0,002) et le fait d'avoir été recruté à Montréal (valeur-p=0,004) ou à Ottawa (valeur-p=0,047) sont aussi associés indépendamment à un risque plus élevé de contracter l'infection (tableau 34).

La proportion de ceux qui rapportent avoir emprunté des seringues ou d'autre matériel dans les six derniers mois a baissé de façon significative à Montréal et Ottawa (figures 3 et 5). La tendance est aussi à la baisse à Québec bien que cette proportion ait augmentée entre 2001 et 2003 (figure 4). Aucune baisse n'est observée dans les sites de recrutement semi-urbains où la proportion de ceux qui empruntent est par ailleurs la plus élevée (figure 6).

Les tendances observées dans la fréquence des autres facteurs de risque associés à une incidence plus élevée du VIH varient beaucoup d'un site de recrutement à l'autre (figures 11 à 17). Par exemple, l'augmentation significative de la proportion de ceux qui rapportent avoir fumé du crack observée à Montréal (valeur-p<0,001) et Ottawa (valeur-p=0,003) sont respectivement accompagnées par une hausse et une baisse significatives de la proportion de ceux qui rapportent s'être le plus souvent injectés de la cocaïne (valeur-p<0,001).

La moyenne de la proportion des injections faites avec des seringues empruntées est à la baisse à Montréal (valeur-p=0,012), Québec (valeur-p=0,002) et Ottawa (valeur-p=0,001). Celle des autres matériels baisse à Québec (valeur-p=0,002) et à Ottawa (valeur-p=0,001).

Ces observations sont corroborées par l'évolution de l'emprunt de seringues et de matériel chez les répéteurs. On observe dans ce sous-groupe une réduction significative des emprunts à Montréal, Québec et Ottawa mais pas dans les programmes semi-urbains (tableaux 35 et 36).

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ISBN (électronique): 

978-2-550-49057-9

ISBN (imprimé): 

978-2-550-49056-2

ISSN (électronique): 

1918-4557

ISSN (imprimé): 

1918-4549

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