Au début des années 2000, les autorités de la santé publique ont été témoins de la progression du virus du Nil occidental (VNO) en Amérique du Nord. En l'absence de traitement spécifique pour les infections causées par le VNO et de vaccin pour l'humain, plusieurs stratégies de prévention de la transmission du virus à l'humain ont été étudiées. Ces stratégies comprennent des mesures de prévention via la sensibilisation des populations concernées, un contrôle local des larves de moustiques directement sur les sites de reproduction par le biais de larvicides biologique et chimique et, en cas d'épidémie, le contrôle des populations de moustiques porteurs du virus à l'aide d'adulticides chimiques.

La présente évaluation des impacts s'inscrit dans le cadre des travaux préparatoires à l'application éventuelle des mesures de contrôle des populations de moustiques et vise à évaluer les risques potentiels pour l'environnement associés à l'utilisation d'insecticides pour la prévention et le contrôle du VNO. Les produits étudiés comprennent trois larvicides (Bacillus thuringiensis var. israelensis (Bti), Bacillus sphaericus (Bsph) et méthoprène), quatre adulticides (malathion, pyréthrines, d-trans-alléthrine, resméthrine) et deux produits utilisés pour augmenter la toxicité de certains adulticides (butoxyde de pipéronyle (PBO) et N-octyl bicycloheptène dicarboximide (MGK-264)).

L'étude cherche à déterminer si l'utilisation des produits précités peut provoquer un ou des effets négatifs sur l'écosystème ou encore se traduire de manière adverse sur les activités économiques, récréatives et de loisir des populations humaines concernées. L'identification et l'évaluation de l'importance des impacts sur le milieu s'appuient notamment sur les expériences tirées des études d'impact par New York City Department of Health et Westchester County Board of Health dans le cadre de l'évaluation de leurs programmes respectifs de contrôle des moustiques vecteurs du VNO en 2001 et 2002.

L'évaluation des impacts sur l'écosystème est directement tributaire des résultats de l'étude des risques écotoxicologiques associés à l'utilisation des insecticides. L'évaluation des impacts sur le milieu humain repose, quant à elle, sur l'étude du risque toxicologique associé à l'utilisation d'adulticides dans le cadre d'un programme de lutte vectorielle contre le VNO. De façon plus spécifique, les impacts sont en lien direct avec les indices de risque établis dans ces deux études également réalisées dans le cadre des travaux préparatoires à l'application éventuelle des mesures de contrôle des populations de moustiques.

L'évaluation des impacts sur l'écosystème indique que les larvicides étudiés dans le cadre de cette étude ne présentent pas un potentiel d'impact important sur l'environnement. En contrepartie, l'utilisation d'adulticides à des fins de contrôle vectoriel pour lutter contre le VNO peut comporter un impact sur les populations de certaines espèces non ciblées. Les résultats obtenus suggèrent que les insectes, les invertébrés aquatiques, les amphibiens et, dans une moindre mesure, les poissons pourraient dépendamment des produits utilisés être affectés par des épandages d'adulticides, tandis que les oiseaux et les mammifères sont peu susceptibles d'être affectés. À la lumière des résultats obtenus, les adulticides qui devaient être favorisés d'un point de vue des risques sur l'écosystème sont les pyréthrines et la d-trans-alléthrine. Le malathion, pour sa part, peut également être un produit qui présente peu de risque pour l'écosystème; cela est plus particulièrement vrai si on évite les dépôts de malathion dans les milieux aquatiques et humides. À cet égard, l'application terrestre de malathion devrait être privilégiée par rapport à l'application par voie aérienne dans la mesure où il devrait être plus facile d'éviter les zones à risque lorsque l'épandage se fait par voie terrestre plutôt que par voie aérienne.

L'évaluation des impacts sur les activités socio-économiques, le tourisme et les activités récréatives de la Région métropolitaine de Montréal conclut à l'absence d'impact pour ce qui est de l'application terrestre ou aérienne de larvicides. Le recours aux adulticides, en application terrestre comporte des impacts peu significatifs sur les activités humaines considérées, alors que les applications aériennes de malathion (voire éventuellement de resméthrine) sont considérées comme étant potentiellement négatives notamment pour l'agriculture biologique, la pisciculture et l'apiculture. L'application d'adulticides ne devrait pas changer l'utilisation du sol et ne devrait pas affecter le tourisme et les activités extérieures, sauf si des endroits normalement ouverts au public devaient être fermés ou interdits d'accès ce qui se traduirait par une baisse d'achalandage. Cette fermeture serait cependant temporaire et de courte durée, ce qui ne devrait pas modifier les habitudes de sorties des gens au point où les commerçants pourraient ressentir des conséquences économiques. Par ailleurs, avec les techniques et les doses d'application préconisées, aucun impact sur le matériel extérieur n'est attendu.

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2-550-46539-3

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2-550-46538-5

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