Comparaison des dépôts de malathion générés par les applications UBV terrestres et aériennes avec les estimations d'AGDISP

Une série d'essais sur le terrain a été complétée, entre le 4 et le 15 octobre 2004, afin de comparer les dépôts de pesticides générés par des applications terrestres et aériennes en mode ultra bas volume (UBV) de l'adulticide malathion (Fyfanon®) et de comparer ces résultats avec les modélisations du modèle de dispersion AGDISP. Pour les applications terrestres, un générateur d'aérosols à froid (Clarke GRIZZLY) a été utilisé dans des conditions de vent se situant entre 3,6 et 12,4 kilomètres à l'heure (km/h). Des échantillonneurs constitués de matière inerte (filtres de fibre de verre) ont été placés à des intervalles de 10 mètres (m) sur une distance de 500 m dans le sens du vent. Des tiges rotatives à impaction d'une largeur de 3 millimètres (mm) ont été placées en alternance près de certains filtres pour caractériser le nuage de gouttelettes à une hauteur de 1,4 m. Ce dispositif permettait de mesurer la densité et le diamètre des gouttelettes. Les essais aériens ont été réalisés à l'aide de buses à haute pression PJ20 dans des conditions de vent variant entre 17 et 25 km/h à hauteur d'application (60 m). Les dépôts au sol ont été mesurés à des intervalles de 100 m sur une distance totale de 5 km alors que le nuage de gouttelettes fut caractérisé à des intervalles de 200 m.

Selon les conditions météorologiques rencontrées lors de l'étude, les dépôts maximaux des essais terrestres (Diamètre Volumique Médian de 11 μm) et aériens (DVM de 32 μm à 60 m d'altitude) étaient équivalents en dépit d'un taux d'application 4 fois supérieur en mode aérien. Cependant, la densité des gouttelettes pour les applications terrestres était 4 fois plus élevée que pour les applications aériennes. Lors des applications aériennes à une altitude de 60 m, les dépôts maximaux ont été observés à 800 m de la ligne de vol, dans le sens du vent, alors que la densité des gouttelettes a atteint son maximum à près d'un kilomètre plus en aval. Dans le cas des applications terrestres, le dépôt moyen était à sa plus haute valeur à une distance de presque 150 m de la ligne d'application et la densité des gouttelettes à approximativement 100 m plus loin.

Les résultats indiquent que le vent a un impact significatif sur le niveau des dépôts lors des applications terrestres. La récupération du malathion sur 500 m indique qu'entre 10 et 50 % des gouttelettes étaient déposées selon la vitesse du vent. Pour les applications aériennes, de 35 à 50 % du malathion appliqué a été déposé à l'intérieur d'une distance de 5 km pour des vitesses de vent variant de 17 à 25 km/h à la hauteur de vol de 60 m.

Les données empiriques de dépôts au sol ont été prédites avec précision par le logiciel de modélisation AGDISP. Ce modèle de dispersion a par ailleurs prédit des dépôts maximaux équivalents à ceux mesurés lors des essais sur le terrain. Dans le cas des applications terrestres sous forts vents, les dépôts maximaux générés par AGDISP étaient situés à une distance au-delà de celle mesurée lors des essais terrains alors qu'en situation de vents faibles, les résultats estimés et mesurés étaient davantage du même ordre de grandeur. Pour les essais aériens, les valeurs maximales prédites se situaient à des distances légèrement en aval de celles mesurées sur le terrain.

Les moyennes des concentrations maximales dans l'air estimées pour 1 heure étaient significativement plus basses pour les applications aériennes que pour les applications terrestres avec des concentrations inférieures à 2 ng/L comparées à des valeurs de 5 ng/L pour des conditions de vents forts et 20 ng/L pour des conditions de vents faibles.

Auteur(s): 

Sujet(s): 

Type de publication: 

ISBN (électronique): 

2-550-46469-9

ISBN (imprimé): 

2-550-46468-0

Notice Santécom: