Effets buccodentaires et systémiques de l’eau potable fluorée à 0,7 ppm

Cette synthèse a pour objectif d’actualiser les connaissances au sujet des effets de la fluoration de l’eau potable sur la santé de la population générale québécoise, comparativement à l’eau faiblement ou non fluorée. Trois questions principales sous-tendent l’analyse, qui s’appuie sur des études scientifiques récentes (2018-2021) : est-ce que l’eau fluorée à une concentration cible de 0,7 partie par million est associée à 1) des effets sur la carie; 2) des effets sur la santé buccodentaire autre que la carie (p. ex. : développement de l’émail); et 3) des effets sur la santé systémique?

Les principaux éléments qui ressortent de cette synthèse sont les suivants :

  • L’exposition à une eau fluorée est associée à une diminution de la carie dentaire et des inégalités sociales de santé buccodentaire liées à l’expérience de la carie.
  • L’examen des études portant sur des effets de la fluoration sur la santé buccodentaire autre que la carie ne permet pas de soutenir une association en ce qui concerne les défauts de l’émail. Les résultats des études sur la fluorose dentaire sont plus mitigés. Les études recensées spécifiquement pour cette synthèse ne permettent pas de se prononcer sur la possibilité d’une association avec l’eau fluorée à la concentration cible de 0,7 partie par million. Cependant, l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (2019) avait constaté, dans une revue de la littérature antérieure, des preuves cohérentes d’une association entre l’exposition à une eau fluorée et l’augmentation de la prévalence de la fluorose à des concentrations en fluorures au-delà des niveaux canadiens actuels.
  • En général, la synthèse met en évidence le peu d’études scientifiques de qualité ou pertinentes au contexte québécois sur lesquelles s’appuyer pour déterminer s’il existe un lien entre la fluoration de l’eau à une concentration cible québécoise de 0,7 partie par million et le risque d’apparition d’effets nuisibles à la santé. En effet, les preuves scientifiques actuellement disponibles ne permettent pas de soutenir une association entre l’eau fluorée sous 0,9 partie par million et les effets néfastes examinés sur la santé systémique, soit le quotient intellectuel et la fonction cognitive, le déficit de l’attention et l’hyperactivité, la néphrotoxicité, les altérations de la fonction thyroïdienne, les troubles du sommeil, I’ostéosarcome, les altérations osseuses, les effets sur la reproduction et les issues de grossesse, la perturbation des hormones sexuelles et parathyroïdiennes, le surpoids et l’obésité.

Cette synthèse prend assise et actualise les connaissances d’une revue de la littérature qui avait été réalisée par l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (2019). Dans l’ensemble, elle aboutit au même constat : la fluoration de l’eau à des concentrations sous 0,9 partie par million, telle que pratiquée par certaines municipalités québécoises, a des effets positifs sur la prévention de la carie. Cependant, en lien avec les effets potentiels sur la santé systémique, les données disponibles ne permettent pas de soutenir une association avec des effets néfastes sur les autres systèmes physiologiques.

À la lumière de ces constats, il appert que des études supplémentaires de meilleure qualité sont nécessaires pour bâtir un corpus scientifique plus robuste. La poursuite de la veille scientifique à l’INSPQ sur le sujet est donc nécessaire pour rester à l’affut de l’évolution des connaissances et tenir informées les autorités de santé publique.

Effets buccodentaires et systémiques de l’eau potable fluorée à 0,7 ppm

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ISBN (électronique): 

978-2-550-93155-3

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