Inégalités sociales et mortalité des femmes et des hommes atteints de cancer au Québec, 1994-1998

La mortalité prématurée qu'occasionne le cancer et l'enjeu de santé publique qu'il représente ont donné lieu à une myriade d'études qui ont mis en évidence la contribution des conditions de vie, matérielles et sociales, dans la production de risques différenciés de morbidité et de mortalité. Ainsi, des études européennes et américaines attestent que la mortalité par cancer frappe souvent plus durement les catégories socio-économiques ou les territoires moins nantis, et cette relation persiste même quand on tient compte des comportements individuels. Dans bon nombre d'études, on s'est intéressé principalement aux hommes, plus faciles à caractériser au plan socio-économique que les femmes. En effet, le repérage de la position socio-économique des femmes s'est avéré complexe et les indicateurs utilisés sont souvent inadéquats. L'examen des inégalités sociales de santé entre les sexes montre que la mortalité est sensible à la mesure de l'inégalité, que les causes de mortalité diffèrent entre femmes et hommes, que les inégalités sont moins marquées chez celles-ci et que la condition sociale des femmes contribue aux écarts de santé entre les sexes. Au Québec et dans le reste du Canada, les quelques études sur les inégalités sociales de santé révèlent la présence de telles inégalités, malgré les transferts gouvernementaux aux familles moins nanties et un accès universel au système de santé.

Nos résultats corroborent les conclusions de la littérature internationale : au Québec comme ailleurs, la population des milieux défavorisés a une plus forte probabilité de mourir prématurément de cancer. Ils indiquent également que les profils de mortalité des femmes et des hommes convergent quand ils meurent des cancers de l’estomac, du pancréas ou de la vessie, mais qu’ils diffèrent pour les autres cancers communs aux deux sexes. Au bilan, un moins grand écart socio-économique apparaît entre les femmes des divers quintiles qu’entre les hommes. Ensuite, le poids de la défavorisation matérielle et sociale est plus faible sur la mortalité féminine que masculine. Pour la mortalité totale par cancer, l’effet conjugué des deux formes de défavorisation augmente le risque de mourir des femmes et des hommes les plus démunis; mais ces derniers ont un surcroît de mortalité d’environ 20 % par rapport aux premières. Cet écart entre les sexes se compare à ce qu’on trouve en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

Auteur(s): 

Sujet(s): 

Type de publication: 

ISBN (imprimé): 

2-550-43390-4

Notice Santécom: