L’alimentation d’adultes québécois et canadiens en contexte de pandémie de COVID-19

Cette synthèse des données vise à informer les décideurs et les intervenants des changements survenus dans l’alimentation d’adultes québécois et canadiens durant la pandémie et à orienter les travaux subséquents en promotion de la saine alimentation dans le contexte actuel et pour les années à venir. Pour environ la moitié des thématiques étudiées, les données étaient insuffisamment nombreuses pour en tirer des conclusions. Pour l’autre moitié des thématiques recensées, bien que les données représentent des perceptions autorapportées de changement et qu’elles soient en majorité basées sur des échantillons non probabilistes de petite envergure et/ou non représentatifs, certains constats ont pu être tirés.

Les données disponibles suggèrent que certains adultes québécois et canadiens ont modifié leurs apports et comportements alimentaires, alors que d’autres les ont maintenus, durant la première année de la pandémie. Certaines des modifications étaient favorables à la santé, alors que d’autres étaient défavorables :

  • De 10 à 25 % des répondants indiquaient consommer plus de fruits et légumes, alors qu’environ 10 à 20 % indiquaient plutôt en consommer moins. La majorité (65 à 70 %) rapportait en consommer autant. La proportion des adultes ayant augmenté leur consommation de fruits et légumes est plus importante que la proportion l’ayant diminuée, et ce, dans toutes les études ayant rapporté ces deux proportions.
  • La moitié des répondants indiquait avoir maintenu sa consommation de malbouffe durant la pandémie. L’autre moitié de répondants rapportait l’avoir augmentée (20 à 35 %) ou diminuée (15 et 25 %).
  • De 20 à 75 % des répondants ont rapporté planifier les repas et cuisiner plus souvent, moins de 15 % indiquaient cuisiner moins souvent et 25 à 70 % cuisiner autant qu’avant la pandémie.
  • Globalement, dans chacune des études portant sur ce comportement, une plus grande part de répondants indiquait avoir grignoté ou collationné davantage (10 % à 40 %) que ceux ayant moins grignoté et collationné durant la pandémie (5 % à 20 %).

Il semblerait que les jeunes adultes soient plus nombreux, en proportion, à avoir changé divers paramètres de leur alimentation comparativement aux adultes plus âgés. En effet, de manière générale, les adultes plus âgés rapportaient en plus grande proportion que les jeunes adultes avoir une alimentation similaire à avant la pandémie :

  • Les jeunes adultes ont indiqué en plus grande proportion (43 à 48 %) que les adultes plus âgés (2 à 36 %) consommer plus de malbouffe qu’avant la pandémie. La proportion de jeunes adultes ayant rapporté une diminution de leur consommation de malbouffe (12 à 17 %) semble un peu plus faible que celles des adultes plus vieux (14 à 29 %). Dans chacun des sondages, les jeunes adultes ayant rapporté avoir augmenté leur consommation de malbouffe sont plus nombreux que ceux indiquant l’avoir diminuée (43-48 % c. 12-17 %).
  • Les jeunes adultes sont le groupe d’âge qui rapportait en plus grande proportion avoir cuisiné davantage qu’avant la pandémie.

En raison de données insuffisantes, il n’a pas été possible de déterminer si les inégalités en alimentation présentes avant la pandémie se sont exacerbées durant celle-ci. Considérant l’augmentation de l’insécurité alimentaire, condition qui est inversement associée à la qualité de l’alimentation, il serait pertinent de valider l’hypothèse d’une aggravation, durant la pandémie, des inégalités préexistantes.

Les limites des données issues de mesures rapides de l’alimentation durant la pandémie, comme celles présentes dans les études recensées, démontrent l’importance de développer un suivi de l’alimentation des Québécois à l’aide d’enquêtes populationnelles représentatives, fréquentes et utilisant des méthodes de collectes de données d’apports alimentaires validées.

Il est essentiel de poursuivre les actions visant le maintien et l’acquisition d’une saine alimentation et l’amélioration de la qualité des environnements alimentaires. Ces interventions doivent rejoindre tout particulièrement les personnes touchées par les inégalités en alimentation présentes avant la pandémie ainsi que les jeunes adultes. De nouvelles actions pourraient être mises en œuvre, surtout si l’hypothèse d’une exacerbation des inégalités en alimentation durant la pandémie est confirmée à l’aide de nouvelles données.


L'alimentation d'adultes québécois et canadiens en contexte de pandémie COVID-19

L’alimentation d’adultes québécois et canadiens en contexte de pandémie de COVID-19

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ISBN (électronique): 

978-2-550-90689-6

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