Un prix minimum par verre d’alcool standard pour le Québec : estimation de l’impact sur les décès et les hospitalisations

Faits saillants

  • La consommation d’alcool est un problème de santé publique important, car elle est responsable d’un grand nombre de blessures et de maladies aiguës et chroniques. Ces conséquences entraînent des coûts importants pour la société.
  • Cette étude permet d’estimer que la consommation d’alcool a entraîné 2 850 décès et près de 25 000 hospitalisations en 2014 au Québec. Les cancers étaient la première cause de décès et les traumatismes la première cause d’hospitalisations attribuables à l’alcool.
  • Les décès et les hospitalisations liés à l’alcool étaient beaucoup plus élevés chez les hommes que chez les femmes.
  • Une politique efficace pour prévenir les problèmes liés à la consommation d’alcool consiste à limiter l’accessibilité de l’alcool à très bas prix. Les recherches suggèrent de fixer un « prix minimum par verre d’alcool standard », c’est-à-dire un prix minimum uniforme pour les boissons alcoolisées, basé sur leur teneur en alcool, au-dessous duquel l’alcool ne peut être vendu.
  • Cette étude a utilisé une méthode de modélisation pour estimer quel aurait été l’effet de prix minimums par verre d’alcool standard sur les décès et les hospitalisations attribuables à l’alcool en 2014. Elle a postulé que les prix minimums auraient été en place depuis un nombre d’années suffisamment grand pour qu’en 2014 ils aient produit leurs effets sur les maladies chroniques associées à l’alcool.
  • Deux scénarios de prix minimum, l’un à 1,50 $ et l’autre à 1,75 $ par verre d’alcool standard (voir encadré), ont été étudiés.
  • Si un prix minimum de 1,50 $ par verre d’alcool standard avait été en place en 2014, la consommation moyenne dans la population aurait été plus basse de 4,4 % cette année-là. On aurait observé 5,9 % moins de décès et 8,4 % moins d’hospitalisations attribuables à l’alcool, ce qui correspond à 169 décès et environ 2 000 hospitalisations évités.
  • Avec un prix minimum de 1,75 $ par verre d’alcool standard, la consommation moyenne d’alcool aurait été plus basse de 8,6 % en 2014. On aurait observé 11,5 % moins de décès et 16,3 % moins d’hospitalisations attribuables à l’alcool, ce qui correspond à 327 décès et environ 4 000 hospitalisations potentiellement évités.
  • Avec un prix minimum par verre d’alcool standard de 1,50 $, 3 % du nombre total des produits offerts à la vente en 2014 auraient été touchés. Ces produits représentaient 24 % du volume d’alcool vendu, en équivalent d’alcool pur. Leur prix moyen aurait été plus élevé de 13 %. Avec un prix minimum par verre d’alcool standard de 1,75 $, 5 % du nombre total de produits et 56 % du volume en équivalent d’alcool pur auraient été touchés. Leur prix moyen aurait été plus élevé de 25 %.
  • Parmi les types de boissons alcoolisées, les spiritueux auraient été les plus affectés par de tels prix minimums par verre d’alcool standard, suivis de la bière et ensuite du vin.
  • Les données de ce rapport ont fait l’objet d’un article scientifique accepté pour publication dans une revue révisée par les pairs.
Un prix minimum par verre d’alcool standard pour le Québec : estimation de l’impact sur les décès et les hospitalisations

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ISBN (électronique): 

978-2-550-85849-2