Systématisation des interventions en établissement de santé auprès des personnes qui font usage du tabac

En vertu de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme, les établissements de santé et de services sociaux du Québec ont adopté, en 2017, des politiques visant la création d’environnements sans fumée. De nombreux usagers de ces établissements sont par conséquent touchés par cette interdiction de fumer. Les établissements font appel aux répondants tabac des directions de santé publique afin d’être accompagnés dans la mise en place d’une offre systématique de soutien auprès de toute personne faisant usage du tabac, avec pour objectif de faciliter la gestion des symptômes de sevrage et/ou le renoncement au tabac. Afin de répondre à ce besoin, un groupe de travail fut mis sur pied à l’automne 2018 par le ministère de la Santé et des Services sociaux afin d’examiner la littérature sur les démarches de systématisation, de recenser les expériences québécoises et de décrire le Modèle d’Ottawa pour l’abandon du tabac (MOAT) utilisé dans plusieurs établissements québécois, canadiens et étrangers.

Un consensus existe quant aux interventions à offrir en milieu hospitalier aux personnes dont le statut tabagique aura été préalablement consigné au dossier :

  • Toutes les personnes qui fument devraient se voir offrir, pendant le séjour à l’hôpital, un counseling et une pharmacothérapie afin de contrôler les symptômes de sevrage et de favoriser une tentative de renoncement au tabac.
  • Lors du congé de l’hôpital, un suivi d’une durée minimale d’un mois devrait être proposé pour soutenir l’abstinence à plus long terme.

Les établissements de santé du Québec qui sont chargés de planifier le soutien aux usagers fumeurs peuvent s’appuyer sur plusieurs expériences inspirantes de dispensation de services de renoncement au tabac aux personnes hospitalisées. Par ailleurs, quelques régions ont opté pour le modèle d’Ottawa qui a fait l’objet de plusieurs évaluations ayant démontré une augmentation significative du taux d’abstinence, dans les établissements ayant adopté cette approche. Ce modèle a rejoint, depuis 2006, plus de 310 000 patients canadiens, via le réseau MOAT.

L’analyse de l’implantation de projets québécois de même que les entrevues réalisées avec les professionnels ayant collaboré à la mise en place du MOAT dans leur région, ont permis d’identifier plusieurs conditions gagnantes à prendre en considération lors de la planification de la systématisation d’interventions auprès des personnes faisant usage du tabac :

  • l’engagement et le soutien de la direction de l’établissement;
  • un soutien financier récurrent;
  • l’institutionnalisation d’une mesure d’identification du statut tabagique dans les procédures de l’hôpital, et une standardisation des tâches dévolues au programme dans tout l’hôpital;
  • la disponibilité d’outils facilitant l’intervention et la prescription d’une pharmacothérapie;
  • la collaboration des médecins et des professionnels, et une communication interdisciplinaire efficace;
  • un suivi au congé de l’hôpital et une orientation vers une ressource spécialisée en abandon du tabac;
  • une collecte de données avec un système de rappel automatisé ou son équivalent, en vue de repérer, parmi les personnes ayant obtenu leur congé de l’hôpital, celles qui ont besoin de soutien et de mesurer les effets de la systématisation des interventions.

Un des enjeux importants dans l’implantation de la démarche de systématisation demeure la décision d’opter pour une équipe dédiée ou pour un partage des responsabilités entre les différents professionnels et les équipes soignantes. Cette décision devrait être guidée par la réalité de chacune des régions.

Systématisation des interventions en établissement de santé auprès des personnes qui font usage du tabac

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ISBN (électronique): 

978-2-550-84749-6

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