Avis sur la définition de plaie à risque accru pour le tétanos et sur les critères à utiliser pour la prophylaxie antitétanique postexposition (PAPE)

Le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) a reçu une question du Groupe sur l’acte vaccinal (GAV) concernant la définition de plaie à risque accru pour le tétanos. Il était notamment demandé si une plaie chronique (ex. plaie de pression, ulcère des membres inférieurs, ulcère du pied diabétique) était à risque accru de tétanos. Le GAV s’interrogeait aussi sur l’inclusion ou non des piqûres ou morsures d’insectes de même que des chirurgies intestinales dans la définition des plaies à risque accru. Dans l’affirmative, cela impliquerait de considérer une prophylaxie antitétanique postexposition (PAPE) lorsque ces types de plaies sont rencontrées.

La récente recommandation du CIQ d’administrer un rappel unique de vaccin contre le tétanos chez l’adulte (à l’âge de 50 ans) soulève également des questions sur les critères à utiliser pour la PAPE. Notamment, il est important de déterminer si un délai de 5 ou 10 ans, selon la nature de la plaie, doit continuer à être utilisé pour l’administration d’une dose de rappel en postexposition.

Lors de la rencontre du 15 juin 2018, le CIQ a émis les recommandations suivantes concernant la définition de plaie à risque accru de tétanos et la prophylaxie antitétanique postexposition :

  • Il n’apparaît pas justifié d’inclure d’emblée les plaies chroniques (ex. : plaie de pression, ulcère des membres inférieurs), les piqûres/morsures d’insectes et les chirurgies abdominales dans la définition des plaies nécessitant une PAPE. Dans ces situations, la stratégie à privilégier est de proposer une mise à jour du statut vaccinal de la personne concernée selon le calendrier vaccinal de base. Un professionnel de la santé peut toutefois proposer une PAPE pour de telles plaies dans certains contextes particuliers (ex. : plaie chronique contaminée par de la terre).
  • Les délais actuellement utilisés pour l’administration de doses de rappel de vaccin contre le tétanos en contexte de PAPE (5 ans depuis la dernière dose reçue pour une plaie à risque et 10 ans pour plaie mineure propre) devraient être maintenus.

Le CIQ rappelle qu’une certaine proportion des cas de tétanos survient malgré l’absence de plaie apparente. De plus, une proportion importante des personnes avec une plaie à risque accru de tétanos ne va pas consulter aux urgences. Dans ce contexte, les efforts de prévention devraient être concentrés sur la mise à jour du statut vaccinal contre le tétanos dans la population générale.

Avis sur la définition de plaie à risque accru pour le tétanos et sur les critères à utiliser pour la prophylaxie antitétanique postexposition (PAPE)

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ISBN (électronique): 

978-2- 550-82512-8

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