Le Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) administre les programmes de contrôle externe de la qualité en biologie médicale. Pour ce faire, il est appuyé dans sa démarche par des comités d’assurance qualité composés de professionnels de la discipline concernée.

Le Comité d’assurance qualité en microbiologie est composé de médecins microbiologistes infectiologues désignés par l’Association des médecins microbiologistes infectiologues du Québec (AMMIQ), d’une représentante de l’Ordre professionnel des technologistes médicaux du Québec (OPTMQ) et de professionnels du LSPQ. Le Comité assure la coordination des activités de contrôle externe de la qualité (CEQ) pour les laboratoires publics et privés du Québec actifs en microbiologie médicale.

La participation aux divers programmes de biologie médicale offerts par le LSPQ est obligatoire, autant pour les laboratoires privés que pour les laboratoires publics du réseau de la santé du Québec depuis l’émission, le 10 septembre 2010, de la Circulaire ministérielle (2010‑020) par le Service de développement et de l’évaluation des technologies du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Il y est mentionné que tous les laboratoires de biologie médicale du Québec ont l’obligation de mettre en place des contrôles internes de la qualité et de participer à des contrôles externes, notamment ceux offerts par le LSPQ. De plus, la participation à des contrôles externes de la qualité est une exigence de la norme ISO 15189. Le nombre de laboratoires visés varie selon les disciplines (de 2 à 93 laboratoires) avec un excellent taux de participation se situant entre 94 % et 100 % (figure 1).

Le but du programme est d’assurer la qualité des analyses de laboratoire en microbiologie et de proposer des pistes de solution pour corriger et améliorer certaines pratiques. Le matériel soumis lors des contrôles et les rapports constituent des outils de formation continue. Le programme cherche aussi à évaluer les éléments pré analytiques, analytiques et post analytiques associés à une épreuve de laboratoire. Le Comité définit annuellement des objectifs et choisit les échantillons appropriés pour les mesurer. Au cours de l’année 2015, le Comité a poursuivi ses activités en bactériologie, mycologie, parasitologie, sérologie et virologie.

Le présent rapport résume les activités réalisées en 2015 incluant les développements effectués pour offrir un programme complet, pertinent et adapté aux problèmes en émergence dans le domaine de la microbiologie médicale. 

Le programme d’assurance qualité en microbiologie a effectué des contrôles de qualité dans diverses disciplines de la microbiologie en 2015. La performance des laboratoires de biologie médicale du Québec s’est révélée très bonne pour l’année 2015 avec 76 % à 100 % de résultats attendus (figure 17).

En bactériologie, deux contrôles ont été envoyés au cours de l’année 2015. Le premier portait sur la recherche de Neisseria gonorrhoeae par culture sur des prélèvements de col utérin. Ce contrôle incluait une souche de N. gonorrhoeae résistante à l’azithromycine et une autre souche avec une sensibilité réduite à la céfixime. Dans le contexte où la résistance des N. gonorrhoeae aux antibiotiques est en augmentation, un antibiogramme devrait être réalisé sur toutes les souches de N. gonorrhoeae isolées au laboratoire.

Le deuxième contrôle portait sur un dépistage des Streptococcus du groupe B (SGB) chez trois patientes enceintes de 37 semaines et allergiques à la pénicilline. Ce contrôle contenait une souche de S. pseudoporcinus et une souche de Streptococcus agalactiae non hémolytique. Bien que peu fréquentes, certaines souches de SGB sont non hémolytiques. Leur prévalence, difficile à évaluer précisément, est estimée à 5-8 %. Streptococcus pseudoporcinus est une bactérie b-hémolytique qui peut être confondue avec les Streptococcus du groupe B. Certaines trousses d’agglutination au latex donnent un résultat faussement positif pour le groupe B.

En mycologie, les résultats d’identification sont généralement bons. En ce qui concerne les tests de sensibilité, la majorité des erreurs sont dues à l’utilisation de critères obsolètes.

La performance en parasitologie sanguine a été très bonne pour l’identification du Plasmodium malariae/knowlesi et du Plamodium ovale, mais moins bonne pour Loa loa. Néanmoins, la performance obtenue pour l’identification de la microfilaire est une nette amélioration par rapport aux envois précédents. L’envoi des échantillons en parasitologie intestinale a fait ressortir l’importance d’utiliser la coloration à l’hématoxyline en complément de la coloration à l’iode.

En sérologie, la performance globale lors du contrôle externe de la qualité pour le bilan de grossesse s’est avérée très bonne. Lors de ce contrôle, les laboratoires devaient procéder aux analyses suivantes; dépistage de grossesse pour l’AgHBs, les anticorps contre la rubéole, la syphilis, la toxoplasmose et le VIH. En plus de ce contrôle, deux contrôles additionnels ont porté sur la sérologie des hépatites au cours de l’année 2015. Il a été constaté qu’en présence d’une sérologie anti-VHC réactif, seulement 54 % des laboratoires indiquent au rapport la nécessité de soumettre un autre échantillon pour la recherche qualitative d’ARN du VHC. Également, certains laboratoires procèdent à des analyses supplémentaires à celles demandées par le prescripteur. La recherche de plusieurs marqueurs, indifféremment des informations cliniques inscrites sur la requête, ne constitue pas une bonne utilisation des ressources et n’est pas recommandée.

Les laboratoires qui font la détermination de la charge virale de l’hépatite B et de l’hépatite C ont tous rapporté des résultats acceptés. Le nom de la trousse et le seuil de détection de la trousse utilisée devraient être précisés sur le rapport.

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ISBN (électronique): 

978-2-550-77077-0

ISSN (électronique): 

2371-5553

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