Pour le 20 % de la population québécoise dont la langue maternelle n'est pas le français, la communication dans cette langue est susceptible de créer des difficultés dans ses rapports avec le système de santé et de services sociaux. En effet, la présence de barrières linguistiques dans l'offre de services peut avoir des répercussions négatives importantes sur la santé des usagers. Afin d'assurer aux anglophones et aux autres minorités linguistiques l'accès à des services dans leur langue maternelle, les établissements de santé québécois peuvent utiliser des documents bilingues ou traduits, embaucher des employés bilingues, offrir des cours de langue seconde aux professionnels de la santé ou encore recourir à des services d'interprétation.

Bien qu'ils puissent favoriser la formulation de questions dans une langue seconde, les documents bilingues ou traduits n'assurent pas une compréhension des réponses. En outre, au Québec, des documents traduits vers l'anglais peuvent ne pas se révéler pertinents dans le cadre d'une communication avec une clientèle allophone ou de langue autochtone.

Le recours à des employés bilingues comporte de nombreux avantages du point de vue de la qualité de la communication. Toutefois, les compétences en langue seconde de ces employés font rarement l'objet d'une évaluation formelle. De plus, des études ont démontré que l'utilisation d'employés bilingues comme interprète pouvait avoir des effets négatifs sur leur productivité et causer des difficultés dans la gestion des ressources humaines dans les établissements. Au Québec, l'embauche d'employés bilingues français-anglais semble être une pratique courante d'adaptation des services.

Les cours de langue seconde destinés aux professionnels de la santé peuvent permettre à ces derniers d'établir un lien de confiance avec les usagers de langue minoritaire. Toutefois, sans une évaluation des compétences du professionnel dans cette langue et sans le recours à un interprète, l'utilisation de cette langue peut entraîner des erreurs de communication pouvant mener à des conséquences négatives sur la santé des usagers. En supposant que la maîtrise d'une langue est étroitement liée à sa fréquence d'utilisation, la pertinence de cette mesure peut être limitée dans un contexte où la langue seconde est peu utilisée par le professionnel dans son travail. Ainsi, dans le contexte québécois, les cours d'anglais langue seconde offerts aux professionnels de la santé pourraient présenter certains avantages pour les établissements ayant un fort pourcentage d'usagers de langue maternelle anglaise.

Enfin, le recours aux services d'interprètes formels pour les usagers ayant une connaissance limitée du français est la mesure qui comporterait le plus d'avantages sur le plan de l'optimisation de la qualité de la communication et des soins. Il convient donc de sensibiliser les professionnels et les gestionnaires à ces avantages, tout en faisant en sorte que des services d'interprétariat soient disponibles et que les interprètes reçoivent une formation adéquate. Au Québec, dans un contexte de ressources limitées, surtout dans les établissements ayant un faible pourcentage d'usagers de langues minoritaires, l'accès à une banque d'interprètes centralisée serait une avenue à explorer, tant pour la minorité linguistique anglophone que pour les autres groupes linguistiques.

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978-2-550-68017-8

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