Fardeau de la varicelle et du zona au Québec, 1990-2008 : impact du programme universel de vaccination

La varicelle est une infection virale très contagieuse et très répandue chez les enfants. En effet, avant l'ère de la vaccination, cette maladie touchait près de 90 % des enfants de moins de 12 ans. Au Canada, on estime que 350 000 cas de varicelle par année conduisaient à environ 1 500 hospitalisations (dont les 2/3 chez des sujets préalablement en bonne santé), 125 000 consultations médicales et 5-10 décès par année. Bien que généralement bénigne, la varicelle peut engendrer de graves complications et occasionnellement le décès, particulièrement chez l'adulte et chez l'enfant immunodéprimé. Elle est également responsable d'un lourd fardeau économique, attribuable principalement aux coûts indirects. De plus, 10-30 % des personnes infectées vont développer plus tard un zona, une infection plus sévère qui touche principalement les adultes de 50 ans et plus et les immunodéprimés.

Depuis l'introduction d'un programme public de vaccination contre la varicelle dans différents pays industrialisés, on a assisté à un net déclin de la morbidité et la mortalité associées à cette maladie. Les données disponibles sur de longues périodes provenant des États-Unis indiquent également une réduction dans les coûts économiques attribuables à cette infection. Plusieurs travaux de modélisation mathématique ont également prédit une réduction dans l'incidence de la varicelle à la suite d'une vaccination universelle. Les données sur un possible changement dans l'épidémiologie du zona, induit par la vaccination des enfants contre la varicelle, demeurent toutefois controversées.

Au Québec, un vaccin contre la varicelle est disponible depuis décembre 1998 et à partir de janvier 2006, ce vaccin est offert gratuitement à tous les nourrissons de un an dans le cadre du programme universel de vaccination. Ce programme vise également un rattrapage auprès des enfants susceptibles à l'âge de 4-5 ans ainsi qu'auprès des enfants en 4e année qui n'ont pas encore fait la varicelle.

À la demande du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a proposé un plan d'évaluation des impacts du programme de vaccination contre la varicelle. Ce plan d'évaluation devait comporter un volet sur l'impact de la vaccination sur la réduction de la morbidité et de la mortalité associées à cette maladie. Le présent rapport décrit, dans le cadre d'une étude populationnelle basée sur les données médico-administratives, les changements temporels dans les taux d'hospitalisation, de consultations médicales et de décès associés à la varicelle et au zona au Québec entre 1990 et 2008.

Les résultats de cette étude ont montré que l'instauration d'un programme universel de vaccination contre la varicelle au Québec a permis une réduction substantielle de la morbidité associée à cette maladie, particulièrement chez les enfants ciblés par la vaccination, soit les 1-4 ans avec une déduction d'au moins de 72 %. Toutefois, compte tenu la courte durée d'observation suivant l'introduction du programme de vaccination au Québec, il est actuellement impossible de tirer des conclusions sur de possibles changements dans l'épidémiologie du zona. Une surveillance continue sur des décennies est donc essentielle, afin de détecter l'effet possible de la vaccination contre la varicelle sur l'épidémiologie du zona.

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ISBN (électronique): 

978-2-550-63186-6

ISBN (imprimé): 

978-2-550-63185-9

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