L'entérocoque résistant à la vancomycine (ERV) a fait son apparition au Québec à la fin des années 90 dans quelques centres hospitaliers de soins généraux et spécialisés (CHSGS). En octobre 1998, un groupe de travail sur l'ERV a émis des lignes directrices sur les mesures de contrôle et de prévention des infections à ERV, lesquelles ont été révisées en 1999 par le Comité sur les infections nosocomiales du Québec (CINQ).

Dans le but de limiter la propagation des ERV intra- et inter-installations au Québec, un système de communication et de déclaration des éclosions a été mis en place en 1996. Ce système d'information bien qu'il fournissait un état de situation sur les éclosions dans les installations n'était cependant pas un programme de surveillance. En effet, il ne permettait pas de connaître l'incidence exacte des ERV dans les centres hospitaliers ni d'évaluer l'importance des éclosions puisque le nombre de cas par éclosion n'était pas systématiquement rapporté.

Depuis novembre 2003, les éclosions à ERV font partie des maladies à déclaration obligatoire (MADO) selon le Règlement d'application de la Loi sur la santé publique du Québec. Les établissements de soins (CHSGS, centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) et centres de réadaptation) sont tenus de déclarer leurs éclosions aux directions régionales de santé publique, lesquelles font la saisie des informations dans le système MADO. Cependant, si la définition nosologique d'éclosion peut être claire pour une installation qui n'a jamais eu de cas d'ERV nosocomial, elle devient très difficile à appliquer pour celles où l'ERV est endémique. De plus, les critères utilisés pour définir la fin d'une éclosion et les protocoles de dépistage varient d'une installation à l'autre ce qui rend les comparaisons inter-installations difficiles.

La surveillance de l'antibiorésistance constitue une priorité de santé publique dans le cadre du plan d'action sur la prévention et le contrôle des infections nosocomiales 2010-2015. Dans ce contexte, il est essentiel de disposer d'un réseau de surveillance actif, prospectif et continu du taux d'incidence de l'ERV dans tous les CHSGS du Québec. Le Comité SPIN-ERV (Surveillance provinciale des infections nosocomiales portant sur l'ERV) a recommandé la mise en place d'une surveillance des nouveaux cas d'ERV afin d'établir le taux d'incidence de l'ERV au Québec.

Ce rapport présente les résultats de la quatrième année de surveillance par les laboratoires des nouveaux cas d'ERV pour la période allant du 13 septembre 2009 au 11 septembre 2010. Ce programme de surveillance obligatoire est en place depuis 2007. Ces informations permettent d'estimer l'ampleur de la problématique et de guider le Comité des infections nosocomiales du Québec (CINQ) dans la mise à jour des lignes directrices en prévention et contrôle de l'infection (PCI). L'analyse des données et de leurs limites permettra de proposer un programme de surveillance structuré avec des objectifs définis, précis, pertinents, mesurables et comparables.

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Type de publication: 

ISBN (électronique): 

978-2-550-62613-8

ISBN (imprimé): 

978-2-550-62612-1

ISSN (électronique): 

1920-1508

ISSN (imprimé): 

1920-1494

Notice Santécom: