La consommation alimentaire et les apports nutritionnels des adultes québécois

Ce rapport présente les résultats du volet nutritionnel de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC 2.2) qui a été réalisée en 2004 auprès d'un échantillon représentatif de Québécois. Les résultats présentés concernent les adultes québécois âgés de 19 ans et plus et ont été obtenus par l'analyse des données recueillies à partir de rappels alimentaires de 24 heures. Le volet nutritionnel de l'ESCC 2.2 représente ainsi une importante source de données qui ont permis d'actualiser les connaissances sur la consommation alimentaire et les apports nutritionnels des adultes québécois.

En consommant les quantités et les types d'aliments recommandés dans le Guide alimentaire canadien (GAC), il est possible de combler ses besoins en vitamines, minéraux et autres éléments nutritifs. Les résultats de la présente étude ont révélé que près des deux tiers des Québécois consomment moins de deux portions de produits laitiers par jour et que le tiers ne consomme pas le nombre minimal de portions de légumes et de fruits suggérées par le GAC, soit cinq portions. Les produits céréaliers ne sont pas consommés de façon suffisante par 35 % des adultes québécois. Pour ce qui est des viandes et de leurs substituts, près de neuf Québécois sur dix en consomment entre 100 et 300 grammes par jour, l'apport habituel ou médian ayant été estimé à 187 grammes par jour. Par ailleurs, le jour précédant l'enquête, les sucres et les confiseries avaient été consommées par 70 % des adultes québécois, les boissons gazeuses par 38 % et les grignotines par 17 %. Les hommes consomment significativement plus de boissons gazeuses et de boissons alcoolisées que les femmes, les jeunes hommes âgés entre 19 et 30 ans en étant les plus grands consommateurs.

Les apports énergétiques habituels des femmes et des hommes âgés de 19 ans et plus se sont chiffrés respectivement à 1 900 et 2 500 kilocalories par jour et ces apports diminuent avec l'âge. Dans l'ensemble, soit pour plus de 70 % des adultes québécois, les pourcentages d'énergie provenant des protéines, des glucides et des lipides se situent à l'intérieur des valeurs acceptables. Cependant, pour les lipides, la limite de 35 % de l'apport énergétique est dépassée par 26 % d'entre eux. À l'inverse, près de 30 % des adultes québécois ne semblent pas ingérer suffisamment de calories sous forme de glucides. En effet, les apports en glucides n'atteignent pas encore 50 % de l'apport énergétique total pour la majorité des adultes et cette observation est plus prononcée chez les femmes âgées entre 31 et 50 ans. Il faut toutefois souligner que les adultes québécois semblent avoir réduit leur apport en matières grasses car une comparaison sommaire des données de 2004 avec celles de 1990 indique des apports réduits en lipides totaux, en acides gras saturés ainsi qu'en cholestérol chez les hommes.

Même si en général les besoins en vitamines et en minéraux semblent mieux comblés, l'alimentation des adultes québécois ne couvre pas suffisamment les besoins pour certains nutriments. Ainsi, les apports habituels en vitamine A semblent encore insuffisants pour 25 % d'entre eux, et ceux en vitamine C sont particulièrement faibles chez les femmes et les hommes de plus de 70 ans. Bien qu'on ne puisse pas se prononcer avec certitude sur l'adéquation des apports en fibres alimentaires, en vitamine D et en calcium, les apports habituels médians se sont avérés bien en deçà des apports suffisants suggérés, en particulier pour les personnes âgées de 51 ans et plus. Les apports en magnésium sont aussi insuffisants pour près du tiers des adultes québécois et cette observation augmente avec l'âge. Alors qu'en 1990 les apports en fer avaient été estimés trop faibles chez les femmes en âge de procréer, ils se sont révélés comblés en 2004, la valeur de référence ne correspondant plus à l'apport nutritionnel recommandé (ANR), mais plutôt au besoin moyen estimatif (BME) dont les valeurs plus faibles permettent de combler les besoins de la moitié seulement des individus. De plus, en 1990, les apports médians en folacine ne rencontraient pas les recommandations pour la majorité des adultes. L'inverse s'observe en 2004 pour les apports en folate qui semblent être adéquats pour la majorité des personnes âgées de 19 ans et plus, à l'exception de 30 % des femmes âgées de 71 ans et plus chez qui les apports en folate semblent insuffisants pour combler leurs besoins. Donc, il semble que la politique canadienne d'enrichissement des farines et pâtes alimentaires en acide folique mise en place en 1998 ait donné des résultats. Par ailleurs, l'apport en sodium s'est révélé excessif pour 87 % des Québécois et plus élevé qu'ailleurs au Canada.

Il est très probable qu'une consommation plus élevée de légumes et de fruits, de produits laitiers réduits en matières grasses, de produits céréaliers à grains entiers ainsi que de viandes plus maigres permettrait de combler les lacunes nutritionnelles ci-haut mentionnées. De plus, les Québécois âgés de 19 ans et plus consacrent près du quart de leur apport énergétique à des aliments sans grande valeur nutritive. Ces aliments contribuent fortement à l'apport en sucres concentrés et en matières grasses et ils sont surtout consommés lors des collations, lesquelles fournissent près de 20 % de l'apport énergétique. En outre, les hommes âgés entre 19 et 30 ans absorbent 25 % de leur apport énergétique journalier au cours des collations. Or, les résultats ont aussi montré que moins d'une portion de légumes et de fruits, de produits céréaliers et moins d'une demi-portion de produits laitiers est consommée au cours des collations. Il serait donc souhaitable que les adultes québécois, et particulièrement les plus jeunes, améliorent le contenu de leurs collations et qu'ils profitent de l'occasion pour y ajouter des aliments des trois groupes ci-haut mentionnés.

Pour certains groupes d'aliments et conséquemment pour certains nutriments, l'inadéquation des apports est reliée à des facteurs démographiques et socioéconomiques. Ainsi, l'âge est un facteur qui influence les apports alimentaires et nutritionnels. En effet, les personnes âgées de plus de 70 ans présentent plus souvent que les plus jeunes des apports insuffisants tels que la faible consommation de produits laitiers, des apports faibles en magnésium, en calcium, en vitamine A, C, D, etc. À l'inverse, la consommation de boissons gazeuses et alcooliques de même que des aliments de restauration rapide est inversement associée avec l'âge alors que la consommation d'aliments préparés à la maison croît avec l'âge. Le niveau de scolarisation de même que le revenu personnel influencent aussi la qualité de l'alimentation des adultes québécois, les personnes plus favorisées rencontrant davantage les recommandations alimentaires comparativement aux personnes qui le sont moins. Par contre, le lieu géographique de résidence, soit le milieu urbain versus le milieu rural, ne semble pas affecter leurs apports alimentaires et nutritionnels.

Enfin, les adultes québécois semblent être plus nombreux en 2004 à déjeuner et à dîner comparativement à 1990. Quant au repas du soir, il est pris par au moins 97 % des adultes et ils y ingèrent la plus grande partie de leur énergie et de leurs nutriments. La veille de l'enquête, 51 % des Québécois avaient consommé des aliments préparés exclusivement à la maison. À l'inverse, 49 % avaient consommé des aliments préparés à l'extérieur de la maison et cela principalement chez les jeunes adultes.

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ISBN (électronique): 

978-2-550-55924-5

ISBN (imprimé): 

978-2-550-55923-8

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