Vaccination contre la varicelle des enfants réceptifs de 4e et de 5e année

Dans le cadre d'un projet pilote, la vaccination contre la varicelle a été offerte aux élèves réceptifs de 4eet 5e année des écoles situées sur le territoire du CLSC Pierrefonds. Les objectifs du projet étaient de déterminer la proportion des enfants de 4e année réceptifs à la varicelle, de déterminer la proportion des parents d'enfants réceptifs qui consentent à la vaccination, de comparer deux stratégies de vaccination, de vérifier les effets possibles sur la campagne de vaccination contre l'hépatite B et d'identifier les principales difficultés rencontrées lors de l'intervention.

Sur un total de 3 856 élèves inscrits en 4e et 5e dans les écoles du territoire du CLSC Pierrefonds, 3 486 (90,4 %) ont retourné un formulaire. Parmi les 3 272 élèves pour lesquels l'information était disponible, 441 (13,5 %) ont été considérés réceptifs. Parmi ces derniers, 394 (89,3 %) ont consenti à la vaccination, 43 (9,8 %) ont refusé et 4 (0,9 %) n'ont pas répondu. Finalement, 384 élèves ont été vaccinés.

La proportion des élèves réceptifs (13,5 %) et la proportion des élèves qui ont consenti à la vaccination (89,3 %) étaient comparables dans les deux groupes d'intervention, i.e. dans un premier groupe, où la vaccination contre la varicelle était offerte à la 1re séance de vaccination contre l'hépatite B, et dans un deuxième groupe, où la vaccination contre la varicelle l'était à la 2e séance de vaccination contre l'hépatite B.

Dans un modèle de régression logistique avec le consentement à la vaccination comme variable dépendante et le sexe, l'âge, le lieu de naissance des parents, la langue de l'école, le type d'école et le groupe d'intervention comme variables indépendantes, seul le lieu de naissance des parents a été associé avec le consentement à la vaccination. Les élèves réceptifs dont les deux parents étaient nés au Canada avaient 2,01 (IC 95 % : 1,05 à 3,86, p = 0,035) fois plus de chances de refuser la vaccination que les élèves dont au moins un des parents était né à l'extérieur du Canada.

Quant à l'effet de l'intervention varicelle sur la campagne de vaccination contre l'hépatite B, pour l'ensemble des écoles, le taux de couverture vaccinale contre l'hépatite B après deux doses était exactement le même pour les années 2000-2001 et 2002-2003 : 92,7 %. En 2000-2001, les écoles qui faisaient partie du groupe 1re dose pour le projet avaient obtenu un taux de 92,2 % comparativement à 93,3 % pour les écoles du groupe 2e dose (p = 0,78). Pour l'année scolaire 2002-2003, les écoles qui faisaient partie du groupe 1re dose ont obtenu un taux de 91,2 % par rapport à 94,6 % pour les écoles du groupe 2e dose (p = 0,69).

Notre projet a montré qu'une intervention visant la vaccination contre la varicelle des enfants réceptifs en 4e année et se déroulant en association avec la campagne de vaccination contre l'hépatite B pourrait se faire sans difficultés majeures et sans impact négatif sur la campagne de vaccination contre l'hépatite B et la réponse des parents d'enfants réceptifs est positive. On s'attend à ce qu'un peu plus de 10 % des élèves se déclarent réceptifs et qu'environ 90 % des réceptifs acceptent la vaccination.

Même si la collaboration des infirmières scolaires pour un tel programme semble assurée d'emblée, une campagne de promotion de la vaccination contre la varicelle auprès de ces dernières serait souhaitable. Si un programme universel d'immunisation contre la varicelle se fait encore attendre, un programme de rattrapage pour les préadolescents pourrait être mis en place dès septembre 2004.

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ISBN (imprimé): 

2-550-44696-8

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